‹ Platon, sa philosophie; précédée dun aperçu de sa vie et de ses écritsChapitre 111 sur 168 · Ta ne savais pas, Calliclès,... » (fin du Gorgias · texte numérisé non relu

Ta ne savais pas, Calliclès,... » (fin du Gorgias

au-devant. L'avocat, au lieu d'essayer de soustraire le coupable à la justice, doit employer son éloquence à lui persuader de se présenter lui-môme au juge et d'implorer la peine. A cette théorie, fausse au point de vue judiciaire, mais moralement vraie et presque chrétienne, que manque-t-il encore à elle-même par ce côté? L'essentiel, le repentir, ou le remords qui reste ici dans l'ombre [Gorgias). On verra pourquoi {Libre arbitre).

IV. De l'ordre des biens. — A cette partie de la morale platonicienne qui traite de la vertu et du bonheur, peut se rattacher comme complément ce qui est dit ailleurs [Lois, II, 631) de l'ordre des biens. Ta àyaOa, c'est-à-dire des avantages que procurent les divers éléments dont se compose le souverain bien.

Platon y distingue les biens temporels et les biens spirituels^ les uns relatifs au corps, les autres qui sont inhérents à l'âme. Des premiers on compte ordinairement quatre : •jvUi.a, xàXloç, It/'j; xal ttaoGto;, 1*^ la santé, 2° la beauté, 3" la force, 4° la richesse. Il ne les exclut pas ; mais il les déclare à peine des biens. Du moins prétend-il qu'ils ne sont tels que pour les bons ou les justes qui savent les employer; mais if soutient, ce que le stoïcisme plus tard redira, que ce sont pour les méchants des maux, non des biens. Ainsi la jouissance de ces biens est avantageuse à ceux qui sont justes et saints; mais ils se tournent tous en véritables maux pour les méchants. Il va jusqu'à dire que « le plus grand de tous les malheurs pour un homme serait d'être immortel et de posséder tous les autres biens hormis la vertu » (ibid.), et qu'en cela, plus sa vie serait courte, moins il serait à plaindre [ibid.)\ car, dit-il, je le déclare nettement, ce qui passe pour un mal dans l'idée du vulgaire est un bien pour les méchants et n'est un mal que pour les justes; au contraire ce qui est réputé bien n'est tel que pour les bons et est un mal pour les méchants (ibid.).

Le stoïcisme ne fera qu'exagérer ces belles maximes, ici d'une haute et éternelle vérité.

Comme complément à cette théorie de la vertu, il con-

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