‹ Platon, sa philosophie; précédée dun aperçu de sa vie et de ses écritsChapitre 118 sur 168 · LE COMPLÉMENT DE LA MORALE PLATONICIENNE · texte numérisé non relu

LE COMPLÉMENT DE LA MORALE PLATONICIENNE

I. Division des vertus : prudence, courage, tempérance, justice, — Caractère de cette division. — Nature et fonction de chacune des vertus. — IL Les principaux devoirs de la vie. — Indication de quelques points de morale spéciale et appliquée. — III. Le complément de la morale platonicienne. — Les deux tendances de cette morale : leur accord, conditions de cet accord. — La vie actuelle et la vie future. — Conclusion générale.

I. Division DES vertus. Les vertus particulières. — Platon divise la vertu en quatre vertus principales et solidaires, dans Tordre suivant : 1° la sagesse ou la prudence^ a-ocpia, cppovrjo-',;; 2° le courage^ àvôpsia; 3** la tempérance^ iii^^^(}r!Wr^\ 4° la justice , û !.xa',oo-j VT, .

Celte division des quatre vertus, adoptée depuis avec des changements dans l'ordre, etc., par les moralistes comme base de la théorie des devoirs (Gic, of^ Off., I), a cela ici de particulier qu'elle a un caractère scientifique. Elle est fournie par la théorie des facultés de l'àme; sa base est la psychologie. Chaque vertu y correspond à une faculté ou puissance de Pâme : la première à la raison, la seconde à l'énergie courageuse, la troisième aux appétits sensibles; la quatrième est la vertu de l'ensemble. Elle représente l'harmonie ou l'unité primitive. Elle en règle les rapports, les maintient chacune dans leur rôle ou leur fonction particulière.

On ne peut qu'indiquer ici ce qui est relatif à chacune d'elles.

1° La sagesse (o-ocp-la, cppovr.T»,;) est la science du bien, la raison elle-même qui conçoit le bien et commande dans l'homme. Elle seule sait et distingue ce qui est utile aux autres parties et à elle-même. Elle est le principe des autres vertus et se retrouve en chacune d'elles. Elle dififère de l'opinion même vraie. Celui qui la possède ne peut faire le mal. On ne pèche que par ignorance.

« Il faudra donner le nom d'action juste et belle à toute action qui fait naître ce bel ordre et le nom de sagesse à la science qui préside aux actions de cette nature, cro'j'lav Zï t/.v s-'.TTaToGo-av TauTYi tt, Tpaçî'. £7:'.a-Tr,jj.7,v. [Rép.^ IV.)

« Il {V homme) est prudent par cette partie de son âme qui y commande et y donne des ordres, qui seule sait ce qui est utile à elle-même et aux deux autres parties. » [Rép., IV, 244.)

2° Le courage, àvops'la, répond au O-jao;, celte partie de l'âme où réside l'énergie avec les passions nobles. Le B-jao;, le vrai courage est inséparable de la sagesse, « la force d'âme unie à la raison » [Charmide^ p. 36). C'est le courage éclairé qui sait affronter le danger, mais d'abord le discerner et le mesurer, qui de plus sait aussi employer les moyens de le conjurer. Autrement ce n'est plus une vertu, mais l'énergie sauvage, téméraire et brutale, effet de la nature et du tempérament; c'est de la hardiesse et de l'audace; il est commun à l'homme et aux animaux. De plus le vrai courage est celui qui s'exerce surtout contre les ennemis du dedans, qui s'emploie à combattre les passions, les soumet à la raison; il consiste surtout à se vaincre soi-même et devient ainsi de la tempérance, de la justice dans l'État, où il prête main-forte à la loi dans la politique.

Platon définit le courage « l'idée juste de ce qui est à craindre et de ce qui ne l'est pas », r, s-o'^-la twv os'.vwv xal ar, os'.vwv, définition que lui empruntera le stoïcisme [Protag., 396; Rép., IV) \

1. Phéd., 250, D; Tliéét., Cratffl.; Alcib.; PInlêb., 13, E; ÈTTKTTi^.txYj xal vo-:;; Rép., IV, 433, C; Daiu/., 20U, ttoX-j [XêytaTr, ; Lois, X, "32, B; awçpoa-Jvrj (liràt

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