‹ Platon, sa philosophie; précédée dun aperçu de sa vie et de ses écritsChapitre 14 sur 168 · L\ PHILOSOPHIE DE PLATON · texte numérisé non relu

L\ PHILOSOPHIE DE PLATON

l'iciens, aussi l'être des Eléates; mais c'est en passant à une plus haute puissance. L'élément fixe invariable de la pensée devient la /?e/z.s^'c elle-même, V intelligible que conçoit la raison OÙ celle-ci se reconnaît et qui constitue sa véritable essence. D'autre part, elle renferme aussi l'élément opposé, l'élément multiple variable, le devenir que les Ioniens, Heraclite surtout, avaient développé. Car elle-même, \idée^ se déploie en variété. Elle n'exclut même pas le sensible quoiqu'il soit placé en dehors d'elle et qu'elle ne lui accorde pas une place assez grande. La loi des contraires, que ce philosophe avait aperçue, qu'Empédocle avait reconnue sans l'expliquer, chez lui s'explique; elle se résout en un véritable accord, une loi d'harmonie. Inintelligence d'Anaxagore, le vou;, donnée par lui comme cause de l'ordre dans l'univers, mais que Socrate avait trouvée insuffisante, Socrate lui-même Tavait conçue d'une façon trop étroite, d'un point de vue anthropologique. Cette notion supérieure dans Platon se transforme et se transfigure. Elle est la notion vivante du Bien^ Vidée par excellence. Placée au faîte du système, elle est la raison suprême, la cause universelle et féconde, l'être luimême, principe de la vie des êtres du monde physique et moral. Elle est la source de lumière et de vie, le soleil de vérité qui éclaire les intelligences. Une part, moins grande il est vrai, mais pourtant réelle, est faite à Vatomisme de Démocrite, dont le principe matériel pour lui, l'indéterminé, le non-être est nécessaire, comme élément négatif à la naissance des êtres et au développement de l'idée dans le monde réel ou sensible. La sophistique elle-même, si fortement et victorieusement combattue, comme opposée à la science et à la moralité, n'est pas tout à fait exclue. Vaine en effet, si c'est l'apparence phénoménale ou sensible seule qu'elle prend pour mesure du vrai, la base de tout jugement, elle reprend quelque valeur si c'est de la vraisemblance qu'il s'agit et si celle-ci n'est que l'image de la vérité qu'elle suppose. Tout ce qui suit le fera mieux comprendre.

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