‹ Platon, sa philosophie; précédée dun aperçu de sa vie et de ses écritsChapitre 143 sur 168 · LES LOIS, LE GOUVERNEMENT TEMPÉRÉ · texte numérisé non relu

LES LOIS, LE GOUVERNEMENT TEMPÉRÉ

Les deux formes dont toutes les autres sont composées, la monarchie et la démocratie^ se sont toujours ainsi perdues, Tune où l'excès d'autorité, c'est-à-dire le despotisme d'un seul, amène les révolutions, l'autre où la liberté excessive, c'est-à-dire la licence, a toujours conduit par l'anarchie à la tyrannie.

Il s'exprime ainsi (liv. III, 85) :

« On peut dire avec raison qu'il y a en quelque sorte deux espèces de gouvernement mères, d'où naissent toutes les autres : l'une est la Monarchie et l'autre la Démocratie, Chez les Perses la monarchie et, chez nous autres Athéniens, la démocratie sont portées au plus haut degré : et presque toutes les autres constitutions sont, comme je l'ai dit, composées et mélangées de ces deux-là. Or, il est absolument nécessaire qu'un gouvernement tienne de l'une et de l'autre, si l'on veut que la liberté, la sagesse, la concorde y régnent... Les Perses et les Athéniens se sont écartés du juste milieu qui leur eût procuré ces avantages en portant à l'excès, les uns les droits de la monarchie, les autres l'amour de la liberté, etc. (Vil).

Il examine les maux qui proviennent de Tune et de l'autre et il en donne la cause : 1° d'abord les inconvénients du pouvoir absolu confié à un seul ou de la royauté.

« 11 n'est pas un homme sur la terre, s'il est jeune et n'a de compte à rendre à personne, qui puisse soutenir le poids du. souverain pouvoir, de manière que la plus grande maladie, l'ignorance ne s'empare de son âme, etc.

« Cette maladie est la plus ordinaire aux rois en qui la mollesse engendre l'orgueil » ; etc.

L'amour excessif de la liberté n'est pas moins funeste aux démocraties, et il en cite les exemples (Athènes, Sparte, Mycènes ^).

Gela a été dit à propos de la République, mais en termes moins énergiques.

1. Le même malheur qu'aux Perses est que nous avons porté l'excès delà liberté aussi loin qu'eux l'excès du despotisme. A mesure qu'on approche du terme de l'extrême liberté, on arrive à secouer le joug des lois et lorsqu'on en arrive à ce terme, on ne respecte ni les promesses ni les serments, on ne connaît plus de dieux.

448 POLITIQUK

. H Oa imite et on renouvelle raudace des anciens Titans ei l'on aboutit comme eux au supplice d'une existence affreuse, qui n'est plus qu'un enchaînement de maux, » ilbid.)

Le milieu est donc essentiel à tout bon gouvernement,

Page 1