‹ Platon, sa philosophie; précédée dun aperçu de sa vie et de ses écritsChapitre 149 sur 168 · LE PLAN D'ÉDUCATION · texte numérisé non relu

LE PLAN D'ÉDUCATION

et sentencieuse, les belles fables, les cbants des chœurs [Rép., Lois). Dans Xq^Loîs, il se relâche même un peu de sa sévérité à regard des spectacles, qu'il veut être propres à exciter à la vertu. Tous les auteurs chrétiens l'ont suivi dans cette voie. Qu'il ait élé trop loin, cela est évident; mais qui oserait blâmer le principe, surtout en manière d'éducation? Mais ceci a sa place dans une autre partie du système.

Quels sont les genres de poésie que Platon fait entrer dans son plan d'éducation? Pourquoi bannit-il certains genres, la poésie dramatique [Rép.^ X) en particulier? Quelles sont les raisons de la censure des poètes les plus célèbres, d'Homère, Hipocrède, etc. Ce n'est pas le sujet que nous avons à traiter. Il en est de même pour le choix des chants, de la musique proprement dite et de ce qui a trait aux autres arts, à la danse, etc. Platon, d'ailleurs, n'a pas tracé de programme et nous devons nous borner à ces règles générales.

Les sciences. — Platon leur accorde aussi une grande place dans l'éducation; il s'y étend très longuement dans sa R&publique (liv. VI et VII). Les sciences doivent être enseignées aux jeunes gens de la classe des guerriers parmi lesquels doivent être choisis les magistrats appelés à gouverner. Elles sont de deux sortes, celles qui s'adressent au raisonnement et à l'expérience, et celles qui s'adressent à la raison. voG;, la science dernière et la plus haute, la philosophie, la dialectique (V. supra ^ p. 75).

Les premières sont surtout les mathématiques ou sciences exactes, auxquelles il donne la préférence. Elles ont ellesmêmes un double objet, Vutile ou le vrai, et doivent être cultivées à ce double point de vue, utile et pratique ou spéculatif et théorique. L'astronomie, la musique, la physiquene sont pas négligées. Mais le but moral, celui de la culture de l'esprit, est le principal et devra toujours prédominer. Ces sciences ont pour objet le perfectionnement de l'esprit. En elles-mêmes, elles sont désintéressées. Ce qu'il dit de l'étude des mathématiques pures comme exercice de l'esprit, n'a rien de quoi surprendre. « Le plus grand avantage qu'elle procure est de réveiller un esprit engourdi et grossier et de lui

donner de la facilité, de la mémoire, de la pénétration et, par un artifice vraiment divin, de lui faire faire des progrès en dépit de la nature. {ï^ois^ Y, 747, B.) Trois sciences surtout lui semblent nécessaires, et les plus belles : la science des nombres, la géométrie et l'astronomie [Lois, VII, 818). Sous leur direction, l'esprit s'élève à des connaissances plus hautes \

Le côté pratique ou utile pourtant n'est pas négligé. L'astronomie doit servir à la navigation, à mesurer un champ, à connaître les saisons; mais le but supérieur est toujours d'élever et de cultiver l'esprit. Il y a une astronomie qui apprend à regarder en bas au lieu de regarder en haut. {Rép., VII, 529.)

L'éducation intellectuelle ou scientifique doit conduire graduellement l'esprit jusqu'à la science la plus haute, celle-ci tout à fait pure et désintéressée. On sait ce qu'elle est, comment elle se nomme, quel est son objet et quels sont ses caractères [supra, 63). '

Ainsi l'éducation scientifique, comme l'éducation par la poésie et les arts ou esthétique, a elle-même un caractère moral; elle conduit au même but : le perfectionnement des âmes. Elle met sur le seuil de la science véritable, celle qui est aussi appelée le premier des arts, aiY'.TTr, Tiyvr. : la science des sciences; cette science est la dialectique ou la philosophie.

La philosophie. — Au point culminant de ce système, se place donc la philosophie dont l'organe est la dialectique. Celte science, réservée aux esprits d'élite, nous est connue. On en connaît aussi la méthode [supra).

On sait également ce que pense Platon des conditions qu'exige cette étude, de la préparation qu'elle suppose, de la nature des esprits qui doivent s'y livrer, de leur caractère, de la manière dont ils doivent être dirigés, etc. (supra^ p. 72). Quelques réflexions sont à ajouter.

La première est relative à Tàge auquel cet enseignement doit être donné. Celte étude ne doit pas se faire prématuré-

i. Luis, VII, 818, l).

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