‹ Platon, sa philosophie; précédée dun aperçu de sa vie et de ses écritsChapitre 151 sur 168 · L ÉDUCATION DES FEMMES · texte numérisé non relu

L ÉDUCATION DES FEMMES

Véducation des femmes. — Il n'y a qu'une chose à en dire, c'est que Platon ne s'en est pas occupé, si ce n'est sur ce qui touche au principe. Et cela est aisé à comprendre.

On le sait, dans sa République (liv. Y), les femmes sont assimilées aux hommes. C'est à la fois une erreur et une vérité. C'est une grande vérité en ce sens que le philosophe y proclame l'identité de nature de la femme ; une erreur en ce qu'il méconnaît les différences. Il lui assigne le même rôle et les mêmes fonctions dans l'Etat. La femme donc est soumise aux mêmes exercices, parce qu'elle a les mêmes facultés, quoiqu'à un degré moindre. L'éducation physique doit être la même : la gymnastique, la course, faire des armes, etc. Il n'est pas dit qu'elle doive cultiver de même son esprit, se livrer aux arts, aux sciences, etc. Mais cela est implicite.

Ayant les mêmes aptitudes, soumise aux mêmes devoirs, elle a les mêmes droits. L'éducation doit donc être commune. Le philosophe ne s'explique pas. La logique l'y conduit. Il y a donc ici une lacune dans le système. Aristote ne manque pas de la relever {Polit., VI). Toutefois, comme on le fait remarquer (Tennemann), on doit savoir gré à Platon de deux choses : 1" c'est que la femme, avant lui négligée, entre en partage avec l'homme des droits de la nature humaine non seulement au physique mais au moral, ce qui est nouveau et un grand pas dans les républiques grecques; 2° en ce qui concerne l'éducation intellectuelle, on ne doit pas oublier que Platon déclare la femme inférieure à l'homme seulement en degré; elle a les mêmes facultés. Ce qui prouve qu'il est loin de la dédaigner, même en ce qui regarde la science la plus élevée, la philosophie, c'est que des femmes (Lasthénie, Axiothée) suivaient ses leçons [supra ^ 12).

C/isxia. {Lois, VII, 819, A).

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