‹ Platon, sa philosophie; précédée dun aperçu de sa vie et de ses écritsChapitre 31 sur 168 · LE BIEN PRINCIPE DES IDÉES · texte numérisé non relu

LE BIEN PRINCIPE DES IDÉES

To àyaOov ; c'est le premier principe, la source d'où elles émanent, l'unité suprême qui les réunit.

Sur ce point le plus élevé de la théorie platonicienne des disputes nombreuses se sont engagées (théologie). Ce qu'il y a de clair et de certain doit seul avoir sa place dans cette exposition.

i° Ce qui est hors de doute, c'est le rang que Platon assigne à Vidée du bien (Rép., VII). Elle est l'objet de la plus sublime des sciences, -^ toG àyaToCi lôéa jAsyia-TOv jJiàGrijjLa, lùéy. iji^yio-rriç e7zi<7Tf\ikriç {Rép,, VII, 505, A). Toutes les idées ont en elle leur principe, Xd. justice, la bonté ^ la beauté. Les autres vertus empruntent d'elle leur bonté, leur justice, etc. Mais comment? Ce problème est celui de la participation qui sera traité plus loin.

^"^ Arrivé à cette hauteur, Platon sent lui-même l'insuffisance de la raison pour pénétrer le mystère et aussi du langage humain pour l'exprimer. Gomment trouver ici une forme adéquate à la pensée et qui réponde à la vérité de son objet? Dans son enthousiasme, son style prend un ton inspiré; il emprunte au monde visible les images qui lui semblent le plus capables d'en donner l'idée par analogie. Le Bien^ c'est le soleil des esprits, source à la fois de lumière et de vie^ le soleil qui éclaire les intelligences, dont la chaleur répand partout la vie dans les êtres. Il est dans le monde intelligible, h yori'zoi totûw, ce que le soleil est dans le monde visible. Le monde est le fils engendré du Bien, àyaGoG Ivyovo;. (Rép., VIL)

L'analyse y distingue deux aspects. 1" Dans le Bien, on voit d'abord la cause de la science et de la vérité, alT(.a tâIç rrc'.o-TY^^Tiç xal cô^rfleloLç^ supérieure à la beauté, à la science et à la vertu. Les êtres intelligibles tiennent de lui leur intelligibilité, semblables au bien, sans être le bien lui-même, àya- ^os'.ot; àjjLcooTspa àyaBov Se oOx. (Rép., VIL)

2" Ceci est la première face du bien, elle répond à la science et à la vérité. La seconde est la fécondité^ celle de la cause ! productrice ou de la production des êtres. Les êtres intelligibles ne reçoivent pas seulement de lui leur intelligibilité, mais aussi leur être et leur essence : -zh slva-, xal ttjV ojo-'Io^v.

Ainsi, le Bien ne rend pas seulement visibles les objets, il leur donne la naissance, l'accroissement et la nourriture, à).).à tYiv ysvso-tv xal a'jÇY,v xal Tpo'^/jV. [Ibid.)

« Et cependant, ajoute Platon, le Bien lui-même n'est pas cette essence, mais quelque chose de bien mi-dessus de l'essence^ ylVhi eTisxsiva Tris o'jo-'la;, en ancienneté et en puissance. » (Ibid.)

Ce sont comme deux rois, Tun du monde intelligible, l'autre du monde visible, jBaT'As'JSLv to ti.£v vor,TOL» ylvou; ts xal totou, To 8è ôpaTO'j. (Ibid.)

On comprend très bien cette assimilation. Mais quel est cet être supérieur, placé au-dessus de l'essence? Cet s-éxs'.va a engendré bien des disputes qui ne sont pas finies.

Quelle peine néanmoins y a-t-il à concevoir et à reconnaître la supériorité du principe premier sur tout ce qui n'est pas lui, mais émane de lui, de la cause sur ses effets, de l'être par excellence sur les autres êtres, et les autres essences, comme sur toutes les idées? Mais ceci touche au point le plus ardu de Vojitologie et de la théologie platonicienne. (Voir infra.)

En résumé : i*" le Bien est Vidée suprême^ Vidée des idées; 2° la vérité y a son principe, l'être et toute existence en,] dérive; 3^ cette idée qui couronne le système dans l'ordre métaphysique, doit apparaître et s'appliquer dans toutes les parties de la philosophie de Platon, dans l'ensemble et les détails; 4^ cause efficiente., elle est aussi cause finale. Elle communique sa pensée aux esprits, aux êtres l'existence et la vie. Tout tend vers elle comme tout est sorti d'elle. Elle conserve vis-à-vis des autres existences et des essences une infranchissable supériorité. Si Ton demande le comment^ nous voici conduits aux mystères les plus obscurs de Vontologie et de la théologie de Platon.

YI. Les nombres idéaux. — Gomme complément de la théorie des idées, apparaissent les nombres idéaux, qui souvent s'y mêlent, mais s'en distinguent. « Ils appartiennent aux dernières années de Platon et ne figurent pas dans ses écrits. C'est chez Aristote qu'il faut les chercher. » (Zeller,r)07.) Ils devaient jouer un assez grand rôle comme dernière forme

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