‹ Platon, sa philosophie; précédée dun aperçu de sa vie et de ses écritsChapitre 42 sur 168 · PREUVES DES IDÉES · texte numérisé non relu

PREUVES DES IDÉES

la vérité des idées ou à la science [supra). Elle est dans sa méthode qui, elle aussi {ibid.), liée au système, porte comme lui sa preuve en elle-même et dont la valeur a été également appréciée {supra).

Cette preuve Platon la résume ainsi : « Si Tintelligence et l'opinion vraie sont des choses différentes, il faut absolument admettre l'existence des idées. » Indiquée dans le Timée^ elle est mise en action ou pratiquée partout, spécialement dans le T/iéétète. Elle ressort de toutes les discussions de la polémique platonicienne, de la réfutation des systèmes dans les autres dialogues. Quant à la méthode, la dialectique platonicienne, elle peut prêter le flanc aux objections; toutefois ce qu'elle a de vrai subsiste et se retrouvera dans Aristote luimême, dont la métaphysique emprunte à la dialectique platonicienne ce qui au fond est son principe et son but : l'idée, la pensée, et la pensée de Dieu comme étant la pensée de la pensée : voii^ic, yor^rjtCyç vorja-iç. {Met., X.)

Mais la véritable preuve, je le répète, c'est le témoignage que tout véritable système se rend à lui-même par la manière dont il résout les questions avant lui non résolues; c'est sa fécondité, sa portée ; c'est la vérité plus grande qu'il révèle et qui s'y manifeste par ses effets, surtout par sa facilité à résoudre les problèmes nouveaux avant lui non posés ou mal résolus, dont la solution est inférieure à la sienne. C'est aussi la vertu qu'il a de susciter de nouveaux problèmes encore non aperçus et qu'il évoque souvent sans pouvoir lui-même les résoudre. Ce sont les découvertes qu'il fait faire ou qui se font en dehors de lui, mais sous son inspiration, par son influence dans toutes les directions de la pensée, mêaie dans les sciences exactes et positives ^ Qui oserait dire qu'une telle démonstration a manqué au platonisme et à la théorie des idées de Platon aurait contre lui l'histoire entière de la pensée humaine.

Cette haute critique, Aristote ne l'a pas faite et ne pouvait la faire. C'est ce qui le rend injuste envers Platon dans toute sa critique, en particulier quant au reproche de l'absence de démonstration en ce qui concerne l'existence des idées.

.1. Voir Sclielliiig, Ecrits phil. de noire U-aduclion, p. 325. — Cf. Phil. anc.y Inlrod., xLvii.

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