DU LANGAGE
I. Les antécédents de la doctrine de Platon et son importance. — IL Ses rapports avec la théorie des idées (le Sophiste, le Theétèté). — IIL Analyse du Cralyle : 1° nature et fonction du langage; 2° son origine : double origine, imitatrice et conventionnelle. Véritable origine. Origine rationnelle; trois facteurs du langage; application à la doctrine platonicienne. — IV. La vérité du langage et des étymologies. — Ce ({u'il y a de sérieux sur ce point dans la doctrine et la méthode de Platon. — V. Rapport du langage avec la science et avec la méthode. — Conclusion.
A la théorie des idées et de la connaissance humaine en général est étroitement hée celle de la parole et du langage. Instrument de la pensée, le langage sert non seulement à la transmettre ou à l'exprimer, mais aussi et avant tout à la former. Il l'accompagne dans toutes ses opérations, s'incorpore à tous ses actes, la sait dans toutes ses formes et ses combinaisons, depuis son origine jusqu'à son entier développement. De son bon ou mauvais emploi dépend en grande partie la vérité de nos jugements; il est la source d'une infinité d'erreurs, de préjugés, etc.
I. — Cette question si importante du langage n'avait pas échappé à l'attention des premiers philosophes. Héraclile, le premier, l'avait, dit-on, soulevée (Proclus). Démo cri te, à son tour, l'avait reprise et traitée {Diog.^ ix). On sait de quelle importance elle était aux yeux des sophistes. La rhétorique et la dialectique ayant dans le langage leur puissant moyen de convaincre et de persuader, la science des mots était de-