LE LANGAGE ET LA MÉTHODE
d'erreurs et de contradictions. 11 y a plusieurs sens, quel sera le juge ou l'interprète? Faut-il prendre les mots eux-mêmes pour juges des mots? Les uns sont conformes à la vérité, les autres ne le sont pas. Dans ce désaccord entre les mots qui montrera la vérité des choses?
« La conclusion est que, s'il est un moyen d'apprendre les choses par les noms et l'autre par les choses, le meilleur est évident. Est-ce de connaître l'image elle-même ou la vérité par sa propre lumière et ensuite l'image si elle est bien faite? Car ce n'est pas au moyen des noms, mais plutôt au moyen des choses qu'il faut les apprendre et les chercher. » (Ibid. *.)
Ce qui ressort de cet exposé, c'est qu'il est peu de points de la philosophie du langage que Platon n'ait abordés et déjà supérieurement traités. Les progrès de cette science, depuis l'objet de savantes recherches dans sa partie positive, n'ont fait que confirmer, en ce qui est la base ou les principes, ce que l'auteur du Cratyle a fait mieux que deviner ^ On peut dire encore ici qu'il est le vrai fondateur de cette science en sa partie générale et métaphysique. — C'est pour cela que nous avons cru devoir y insister.
1. « Il n'est pas d'un homme sage de se soumettre lui-même à l'empire des mots, de leur accorder sa foi ainsi qu'à leurs auteuri. » {Ibid.)
2. Pour plus de détail de ce qui est du système étymologique en particulier et de la comparaison avec la philologie actuelle, nous renvoyons à M. A. Fouillée^ dont le chapitre sur le langage est un des meilleurs de son livre.