‹ Platon, sa philosophie; précédée dun aperçu de sa vie et de ses écritsChapitre 70 sur 168 · LE MONDE; ASTRONOMIQUE ET PHYSIQUE · texte numérisé non relu

LE MONDE; ASTRONOMIQUE ET PHYSIQUE

tient pas. Le monde a la forme sp/iérique\ elle est la plus parfaite. Dans ce système, les astres accomplissent les lois des nombres par leurs révolutions. Le soleîL flambeau de l'univers, réclaire et produit la naissance des jours et des nuits. La Terre ^ notre nourrice, gardienne du jour et de la nuit, est placée au centre du monde, enroulée autour de l'axe qui le traverse. Autour se meuvent les planètes au nombre de sept. Au-dessus les étoiles fixes, dont le mouvement est celui de rotation sur elles-mêmes. Les astres pour Platon sont des êtres animés et raisonnables. Leur vie est parfaite. Ce sont des espèces de dieux. Platon est Grec; il divinise les astres et la nature entière. Il admet aussi des êtres supérieurs à l'homme, des démons, etc. (voyez infra).

Gomment cela s'accorde-t-il avec la personnalité dans les astres? Platon ne l'explique pas. Pour les démons il s'en réfère à la tradition. Sur ce système tout pythagoricien, nous n'avons pas à insister. Le point sur lequel Platon diffère des pythagoriciens est la Terre placée au centre du monde. Pour eux c'était le feu central. Plus tard il paraît être revenu à cette opinion.

Le monde est un grand animal, expression de l'exemplaire éternel et divin ou de l'idée (pour les détails, voyez Zeller),

3" Physique générale et particulière. — La physique générale est aussi en partie toute pythagoricienne. Le reste est emprunté à Empédocle, à Anaxagore, etc. Platon explique la nature des corps par des figures géométriques, d'abord les corps simples ou les éléments : le feUy Y air, Yeau^ la terre. Le feu répond à la forme pyramidale, formé de petites pyramides; la terre est un cube; Yair^ un octaèdre; Yeau, un icosaèdre. Il en est de même pour la composition des corps, formés de petits triangles.

Platon explique également, par la forme géométrique de ces corps, leurs mouvements, leurs dispositions et les principales lois de la physique, la dissolution et la composition, les transformations, la pesanteur^ le repos et le ynouvement des corps, l'expansion, la condensation, la légèreté, la diversité des corps solides, liquides, aériformes, la fusibilité, la chaleur et le refroidissement, etc.

Ces explications, qui feraient sourire la science moderne, Platon, il faut le dire, n'y attache lui-même aucune importance. Quand, dit-il, « on cesse de discourir des choses éternelles, ce n'est plus qu'un délassement honnête » (331). Il continue donc «. selon la vraisemblance « à expliquer les principes de la nature, les diflerentes espèces de corps, leurs figures, leurs mélanges, leurs transformations', il décrit la formation de la glace et de la rosée, les différentes espèces de liquides, le vin, l'huile, le miel et l'opium; les espèces de la terre, les pierres, la silice, les sels, le verre, les pierres fusibles, etc.

Puis viennent les qualités sensibles des corps, les causes des impressions qu'ils font sur nous, ce qui suppose la connaissance de ces impressions. L'auteur en parle toujours en pythagoricien. La chaleur a sa cause dans les triangles ai^us du feu; la dureté, la pesanteur, la légèreté, le rude, le poli, etc., s'expliquent de même. — Ce qui offre plus d'intérêt c'est l'explication physique du plaisir et de la peine. Les sensations agréables et désagréables sont causées par V équilibre ou Vexcès, le manque d'équilibre, la conformité ou non-conformité à la nature. Toute impression qui se produit en nous conforme à la nature produit le plaisir, toute impression trop forte la douleur. Les impressions particulières à chaque sens, saveurs, odeurs, sons, couleurs, sont aussi mentionnées. Le tact est omis, considéré qu'il est comme sens général réparti sur tout le corps.

Tout cela pour nous n'a d'intérêt que comme conduisant à Vhomme, objet principal de tout ce système.

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