‹ Platon, sa philosophie; précédée dun aperçu de sa vie et de ses écritsChapitre 87 sur 168 · Cf. Gorgias · texte numérisé non relu

Cf. Gorgias

1° Métaphysiquemeiit, la réponse a déjà été faite. Elle résulte de toute la manière d'envisager Dieu en lui-même et dans son rapport avec le monde. Dieu a créé le monde par un acte de sa bonté, Dieu est parfait, le monde est son œuvre; il doit donc être lui-même aussi parfait que possible. S'il n'est régal de Dieu, il lui est semblable, conçu et exécuté d'après l'exemplaire divin [supra), « Il ne convenait pas, il ne convient pas au meilleur des êtres de faire autre chose que la plus belle des œuvres. » Le beau et le bien sont toujours identiques.

Mais, cela étant, d'où vient le maH quelle en est la nature et la cause? Au point de vue ontologique ou métaphysique, la nature du mal s'explique aisément dans le système. Le mal, c'est le non-être opposé à Y être; la négation y est V imperfection, V opposition au bien, qui ne peut être le bien parfait que dans l'être parfait lui-même, mais ne saurait exister sinon d'une manière imparfaite chez les êtres finis. Il en est ici comme de l'erreur qui est la négation du vrai, du laid par rapport au beau, etc. L'origine du mal est ici la nécessité, àvàyxri, sa possibilité.

A un autre point de vue {physique), le mal, on Ta vu, est dans la matière. C'est une conséquence de ce dualisme plus haut signalé. Celle-ci, l'élément aveugle indéterminé mais éternel, s'oppose à l'action divine et lui résiste. Telle qu'elle est ainsi, elle est le principe de l'imperfection et du désordre dans la nature, et qui est partout dans les choses créées. Le monde est entraîné par la nécessité et son désir inné, slaao- ]xvn^ xai ÇujjicpuToç £7rt.9u[jLLa; la cause du mal était dans Tessence corporelle, a-coiJLaTosioàç, parce qu'elle est pleine de désordre '. « Car tout ce que le monde a de beau, il le tient de celui qui Fa ordonné; mais tout ce qui arrive de mauvais et d'injuste, oo-a yaXsTià xal àôua, il le reçoit de cet état antérieur. »

Le passage suivant du Théétète ne laisse aucun doute sur cette nécessité de l'existence du mal, dès qu'on sort de la nature divine pour entrer dans le monde des choses terrestres ou sensibles. « Il n'est pas possible, Théodore, que le mal soit

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