‹ Pleurésie Double Latente: Séro-FibrineuseChapitre 5 sur 17 · TA ER · texte numérisé non relu

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Avant Walshe, on s'était déjà occupé de la pleurésie latente, de sa nature et de sa terminaison.

Bonet, dans le Sepulchretum, relate une observation de mort subite causée par un épanchement pleural considérable : « Mors subita, ab hydrope thoracis, pulmonum momentum impediente. »

Lancisi (De subitaneis mortibus) rapporte deux observations dans lesquelles la mort subite ne peut avoir été causée que par la pleurésie. Dans la première il est question d’un homme habitué à faire des excès de table, qui fut pris d’une grande difficulté de respirer à la suite d'un repas copieux. Le lendemain il était mort. À l’autopsie, on trouva dans les plèvres droite et gauche une quantité considérable de sérosité, refoulant les poumons contre les côtes, et, dans le cœur droit, des caillots qui l'obliteraient presque complètement.

« Elevato sterno, dit Lancisi, serum in utraque pectoris cavitate magna copia offendimus... Dexterum cordis sinum insignes polypi fere universum opplebant. »

La seconde observation est moins caractéristique que la première, car, outre l'épanchement qu’on trouva dans les plèvres, il y avait de la sérosité dans les ventricules du cerveau.

C’est Baglivi qui, le premier, donna à ces pleurésies évoluant sans donner lieu à des symptômes pyrétiques et à des troubles fonctionnels marqués, le nom de pleurésies latentes : « Pleuritides, dit-il, frequenter sunt occultæ quia indolentes, unde gravissimi errores in praxi. »

Van Swieten remarqua que c’est surtout chez les individus dont le sang n’est pas riche qu'on observe le plus fréquemment ces épanchements pleurétiques insidieux et souvent considérables : « In illis vero quorum humores in spissitudinem inflammatoriam non adeo vergunt, frequenter pectoris hydrops nascitur. » (Swieten Aphorismos. Pleuritis.)

« Le premier, dit M. le professeur Fuster, qui a très bien

Os décrit la pleurésie latente, est Stoll, qui l’a spécialement observée au commencement de juillet 1776 ; il dit que, pour la découvrir, il faut quelquefois faire respirer très fortement le malade, que souvent la douleur s’éveille alors; puis il conseille de faire coucher le malade dans diverses positions ; il est plus oppressé dans un décubitus que dans un autre ; il ajoute qu'on doit. le faire tousser, ce qui révèle souvent la maladie ; enfin, il remarque que ces pleurésies mènént souvent à la tuberculisation pulmonaire : « Est (pleuritis latens) $æpe chronica, non raro hæreditoria, tumque in phitisim terminanda (Aphorisme 188). »

Broussais, dans son Histoire des phlegmasies chroniques, insiste particulièrement sur les pleurésies latentes et déclare qu’il a remarqué que la douleur était d'autant moins vive que l’épanchement était plus considérable.

Laënnec, dans son Traité d'auscultation, dit : « Il arrive quelquefois que les deux plèvres sont enflammées à la fois, cas rares, si l’on met de côté les pleurésies doubles qui se forment peu d’heures avant la mort et dans l’agonie de toutes les maladies aiguës et chroniques ; il n’est point rare alors de rencontrer de légers épanchementis pleurétiques doubles accompagnées de fausses membranes minces, molles et évidemment récentes ; il ne l’est pas beaucoup non plus de voir une légère pleurésie envahir, dans la dernière heure de la maladie, le côté resté sain jusque-là dans une pleurésie grave, mais 1l l’est beaucoup de voir les deux plèvres prises à la fois d’une inflammation intense, accompagnée de fausses membranes et d'un épanchement abondant. »

Néanmoins, quand on parcourt les auteurs, on en trouve un assez grand nombre d'exemples : Graves, Bouillaud, Andral, Oulmont en rapportent, en effet, plusieurs cas.

Louis, dans ses Recherches sur la phtisie, déclare que, sur cent cinquante pleurétiques, il n’a vu d'épanchements

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MAO doubles, en dehors de rhumatisme, que dans la gangrène et la tuberculose. Re « [l importe de savoir, dit Trousseau, que c’est dans les pleurésies latentes que les épanchements sont le plus consirables, le plus excessifs, et que ces pleurésies sont souvent elles-mêmes la manifestation de la diathèse tuberculeuse, l'expression d’une phtisie commençante. »

Dans son livre sur la Granulie, Empis, au sujet de la pleu-

résie qui accompagne cette affection, s'exprime ainsi: « Très,

rarement elle débute par un frisson, la douleur de côté est sourde et l'oppression très peu intense ; il y a un certain état de malaise, de l’insomnie, de l’inappétence. Il est très fréquent dans ce cas que la pleurésie soit double, ou bien, qu’au . moment où elle quitte un côté, elle se porte sur le côté opposé, ce qui n’est point le propre de la pleurésie simple, et ce qui implique presque toujours l'existence d’une disposition pathologique générale, dominant les fluxions locales. »

M. Maintenon, dans sa thèse sur les Pleurésies doubles (Paris, 1873), écrit ce qui suit : « La pleurésie double est presque toujours symptomatique ; l’inflammation simultanée des deux plèvres est une maladie très grave et d'autant plus dangereuse qu’elle est le plus souvent méconnue. Quand elle a une marche chronique, il y a peu de symptômes généraux, quoique la pleurésie soit double. »

M. Fernet (Dictionn. de Dechambre), M. Netter (Traité de médecine), MM. Kelsch et Vailliard (Archives de physiologie, 1886) se sont surtout occupés de la pleurésie sérofibrineuse en tant que « fonction de tuberculose. »

MM. Hérard, Cornil et Hanot (la Phtisie pulmonaire), 1888, écrivent: « Un épanchement pleurétique double est le plus souvent symptomatique d’une maladie générale; il ne reste plus, si l’on à constaté l’épanchement, qu'à établir quelle est cette maladie générale, ce qui se pourra faire au

LAN 7 Re moyen des commémoratifs, de l'examen des autres organes, de l'aspect général du malade. La nature du liquide ne fournit pas grande indication, puisqu'il est souvent séreux, au moins pendant les premiers temps... C'est dans la période d'état de la tuberculose que l’on observe d'habitude ces pleurésies latentes qui donnent naissance à des épanchements considérables sans que rien en puisse faire soupçonner l’existence, hormis la recherche des signes stéthoscopiques. »

Dans une communication à l’Académie de médecine au sujet du traitement de la pleurésie (24 mai 1892), M. Colin dit : « Une des leçons que j'ai professées durant de longues années au Val-de-Grâce, avait pour titre: la pleurésie latente dans l’armée, son principal “objectif était de déceler la fréquence de tous les cas où, sans fièvre, sans douleur, sans s'être plaints une seule fois, sans autre symptôme qu'un peu d’essoufflement à la marche, de fatigue à porter le sac, des militaires sont reconnus porteurs d'énormes épanchements qui devaient dater de plusieurs semaines. »

Chomel, dans ses Leçons cliniques, recueillies par Requin, insiste particulièrement sur la pleurésie double rhumatismale,.

« Dans le cours du rhumatisme articulaire, il survient quelquefois des épanchements dans ja cavité des membranes séreuses, par suite d’une inflammation le plus ordinairement latente et sourde de ces mêmes membranes. C’est surtout à l'intérieur des plèvres ou du péricarde que ces épanchements se forment.

» Ces pleurésies latentes sont tout au plus annoncées, si l’on ne tient compte que des symptômes que le malade accuse luimême, par quelques douleurs vagues et légères dans la région précordiale ou mammaire, quelquefois même rien ne fait soupconner la formation d’un épanchement jusqu'à ce que l'accumulation progressive de la sérosité soit devenue assez

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considérable pour produire d’effrayants symptômes d’'étouffement et constituer un danger sérieux. M. Chomel a souvent été appelé en consultation pour des cas de rhumatisme dans lesquels le malade éprouvait un malaise infini, respirait avec un obscur sentiment de gêne; il reconnaissait alors un épanchement pleurétique qui devait dater de loin, d’un mois par exemple ; et cependant le médecin ordinaire n’en avait pas conçu le moindre soupçon. »

Mais il serait, croyons-nous, fastidieux d’énumérer toutes les autorités médicales qui ont traité des pleurésies doubles, étant donné surtout que nous aurons, dans le cours de ce travail, l’occasion de les nommer et de rapporter leurs opinions.

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ETIOLOGIE

Actuellement, la cause la plus prochaine que l’on connaisse de l’inflammation de la plèvre est l’envahissement de cette cavité par des organismes pathogènes.

« La plèvre, dit Grancher, quand elle n’est pas atteinte par le fait d’une maladie générale et dyscrasique, comme

le rhumatisme, ne peut que subir le contre-coup des lésions

de voisinage, de quelque nature que soient ces lésions. » Dans le cas qui nous occupe, c'est-à-dire dans les pleurésies doubles, on admet que la cause de cette affection résulte

- de la propagation à la plèvre de l'infection produite par le

bacille de Koch ou par l’agent pathogène encore inconnu du rhumatisme articulaire aigu.

Nous écarterons de suite, comme étant étrangers à notre sujet, ces hydrothorax bilatéraux qui ne sont pas reliés à une inflammation pleurale, mais dus à un simple épanchement séreux uni à une hydropisie d'origine cardiaque ou autre. Ces hydrothorax se distinguent de l’inflammation de la plèvre, en ce qu'ils ne s’accompagnent pas d’exsudat pseudomembraneux et qu’il n'y à pas de fibrine dans Îe liquide qui

est peu coagulable et de densité inférieure à 1005.

La pleurésie double rhumatismale peut être aiguë ou latente. Quand elle est latente, elle s'établit à la façon des complications cardiaques qui resteraient méconnues, si l’on négligeait d'ausculter le cœur pendant lPévolution du rhumatisme.

Habituellement, elle apparaît vers la deuxième semaine du rhumatisme articulaire ou musculaire.

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