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Mais on l’a vu survenir neuf jours (Block), six jours (G. Sée), dix-sept jours (Douvat) avant le rhumatisme.
L'âge paraît avoir une certaine influence sur le dévelop pement de la pleurésie rhumatismale. Elle est très commune chez les jeunes enfants. C’est de huit à quinze ans ga elle apparaît le plus fréquemment.
Roger, à la suite d'une observation d’un enfant de douze ans, atteint d'un double épanchement, ajoute : «Il m'a semblé que la pleurésie était une complication fréquente dans le rhumatisme infantile, plus fréquente et relativement plus grave, peut-être, que dans le rhumatisme des adultes. »
M. Maintenon, qui a recueilli une dizaine d'exemples de pleurésies doubles dans le jeune âge, croit que cette complication est plus fréquente chez les filles que chez les garçons.
Quand la pleurésie rhumatismale n'est pas consécutive à d'autres manifestations de cette infection, c’est le froid humide qui en est la cause occasionnelle la plus habituelle, surtout si le refroidissement agit brutalement sur le corps en sueur. |
Bien que, dans ces pleurésies, les troubles fonctionnels soient très peu accusés, l'épanchement est toujours très abondant. La marche de la maladie est très variable et l’on peut, d’un jour à l’autre, trouver des différences énormes dans la quantité du liquide épanché. La résorption, qui est la terminaison ordinaire, se fait avec rapidité et d'une manière complète. Mais l'épanchement peut persister et exposer, comme toutes les pleurésies doubles, à la mort subite.
Depuis les travaux de Louis, personne ne conteste la nature tuberculeuse des pleurésies doubles non rhumatismales. C'est même, d'après Grancher, la seule notion qui soit hors deconteste dans tout ce qui a trait à la tuberculose pleurale. Hors de là, tout lui paraît confus et confondu. |
M. Maintenon, dans sa thèse sur les pleurésies doubles,
PR ER s'exprime ainsi: « Une des causes les plus fréquentes des pleurésies doubles est, sans contredit, le tubercule. Elles sont plus fréquentes chez l’adulte que chez l'enfant. Elles ont une marche essentiellement chronique, donnant naissance à peu de phénomènes généraux. L’épanchement n’est presque jamais égal des deux côtés; la première plèvre.est en voie de résorption lorsque l'autre épanchement se montre. »
La pleurésie double peut survenir à toutes les périodes de la tuberculose pulmonaire ; cependant elle est rare au début. Elle se montre surtout dans la période d'état de la maladie, et alors elle revêt d'emblée les caractères de la pleurésie latente. Elle apparait aussi fréquemment (un dizième des cas, d’après Louis) vers la fin de la phtisie.
Dans ces trois variétés de faits, quels-que soient sa forme, son étendue, son siège, la pleurésie n’est qu’une complication de la tuberculose pulmonaire.
Mais il peut arriver aussi que les poumons restent sains et que la tuberculose se localise sur les plèvres.
M. Empis a décrit une variété de granulie commençant par
la plèvre : « Le plus souvent, dit-il, le début est insidieux, la
marche de la pleurésie latente et les deux côtés de la poitrine sont affectés ensemble ou successivement. »
Il y a un mouvement fébrile peu marqué, pas de frisson ni de point de côté. Si on ne songe pas à ausculter et à percuter le malade, on croit avoir affaire à une fièvre synoque, à un embarras gastrique, à une fièvre typhoïde. Il arrive fréquemment que la grande séreuse abdominale est envahie en même temps et d’une façon aussi insidieuse.
La plèvre peut donc être atteinte primitivement en sa qualité de membrane séreuse ou secondairement en tant qu'enveloppe. ;
- «. Lorsque, dit Empis, les tubercules sont en rapport avec la plèvre, leur présence est une cause d'appel fluxionnaire
fe
LLAIG PE qui peut avoir pour unique eflet une simple hypercrinie de la plèvre qui constitue une pleurésie latente symptomatique. »
D'après le même auteur, l’'épanchement dans la tuberculose pulmonaire à marche lente resterait longtemps stationnaire, tandis que dans la granulie il est prompt à se résorber. Ilest possible que ce soit là la marche ordinaire de l'épanchement granulique ; mais nous publions une observation qui démontre que l’'épanchement ne se résorbe pas toujours et peut arriver à causer, par son abondance, la mort subite.
Nous croyons avoir suffisamment insisté sur l'origine bacillaire des pleurésies latentes doubles séro-fibrineuses ; voyons maintenant quelles sont les causes occasionnelles qui déterminent le défaut de résistance du sujet à cette infection.
En première ligne nous citerons la scrofule, dont les relations avec la tuberculose sont depuis longtemps connues. L’hérédité, la -faticue, le climat, l'alcoolisme, l'impaludisme, la syphilis et surtout la contagion, prennent une part importante dans l’étiologie de ces pleurésies, comme d’ SE dans les autres manifestations bacillaires.
La tuberculose miliaire pleurale semble évoluer de préférence chez les sujets robustes, sans antécédents héréditaires, mais soumis à la diathèse arthritique ou entachés d’alcoolisme. Enfin, on a souvent accusé le froid d’être la cause des pleurésies. Mais, quand il s’agit de pleurésies doubles, on admet généralement qu’il n’agit que commecause occasionelle.
En résumé, la plèvre, pas plus que les autres séreuses, n’est
presque jamais le siège d’une inflammation simple. C’est ce que voulait dire Lasègue, quand il affirmait que la pleurésie n’était pas une maladie de la plèvre. Celle-ci ne peut que subir le contre-coup des lésions de voisinage qui, dans le cas qui nous occupe, sont rhumatismales ou tuberculeuses.