DIAGNOSTIC
A. — Diagnostic positif.
Le diagnostic de l'épanchement est aisé lorsque ce dernier se présente avec les signes physiques classiques d'un épanchement moyen de la grande cavité. Ces signes sont alors retrouvés plus ou moins au complet, et leur association impose le diagnostic. Nous devons rappeler ici que l’on ne peut compter sur les signes fonctionnels, qui sont le plus souvent réduits au minimum, De plus, nous avons vu que, lorsque l’épanchement est particulièrement abondant, ces signes physiques dits d’épanchement peuvent disparaître en grande partie.
Enfin il nous faut rappeler également que le diagnostic de ces épanchements peut être un diagnostic fortuit tant, dans certains cas, ils sont parfaitement tolérés par le sujet.
Le diagnostic de variété est une question d'observation, d'évolution. Ce n’est pas d'emblée que nous pourrons parler de pleurésie intarissable, bien qu'un début lent et insidieux puisse faire songer à cette évolution spéciale possible.
Ce seront ces caractères de récidive, bien souvent d’abondance, et surtout de prolongation dans le temps qui feront
le diagnostic.
B. — Diagnostic étiologique.
Il est très souvent difficile de faire la preuve de l’origine tuberculeuse de ces épanchements.
Il faudra éliminer toutes les affections qui peuvent s’accompagner, au cours de leur évolution, d’un syndrome d’épan-
VA
Sc aier
chement pleural.à caractère chronique, récidivant : cancer, cardiopathie, rhumatisme, etc.
La plupart des auteurs pensent actuellement avec Landouzy que la plus grande partie des pleurésies séro-fibrineuses est causée par le bacille de Koch, et que toute pleurésie dont on ne retrouve pas la cause doit être mise sur le compté de la tuberculose. Il semble que cette notion s'applique tout particulièrement à la variété de « pleurésie intarissable » que nous étudiôns ici.
Evidemment, la lymphocytose, souvent même presque exclusive, est la règle.
Mais la recherche du bacille de Koch est presque toujours négative, alors même que des preuves cliniques permettent d'affirmer que le sujet est tuberculeux (obs. V).
L'examen direct ne donne pas de résultats; l’ensemencement du liquide sur les milieux appropriés reste généralement infructueux.
L’inoculation au cobaye elle-même ne permet pas toujours d'affirmer l’origine tuberculeuse.
Dans le cas d’une de nos observations (HD), on a bien mis en évidence des microcultures; mais il semble que, dans l’état actuel de la question, on ne puisse identifier les bacilles décelés au bacille tuberculeux. Si ce résultat apporte une présomption sur la nature du liquide, il n'apporte pas une preuve. (
En somme, ce diagnostic étiologique est bien plus sou vent un diagnostic de présomption basé sur des anamnestiques, et l'examen clinique, un diagnostie par élimination, plutôt qu'un diagnostic précis, basé sur des résultats de recherches de laboratoire.