TRAITEMENT
Nous devons envisager ici un traitement local destiné à agir sur le processus pleural lui-même et un traitement général, qui, chez ces sujets, sera le traitement de la tuberculose en général.
À. — Traitement local.
La thérapeutique nous olfre-t-elle des moyens ellicaces capables d’enrayer de tels épanchements ? Nous devons répondre non.
Nombreux sont les traitements qui ont été tentés dans le but surtout de prévenir les récidives continuelles de ces épanchements, leur reproduction souvent très rapide après la thoracentèse.
Et d'abord, doit-on considérer cette thoracentèse comme un moyen de lutte, une thérapeutique active, ou doit-on au contraire la tenir simplement pour une nécessité, une thérapeutique d'urgence et en quelque sorte palliative ? Tous les auteurs ne sont pas d'accord sur la question. Les uns admettent encore la simple thoracentèse comme un mode de traitement de l’épanchement, alors que les autres — et ils sont actuellement la majorité — estiment qu'on ne doit y recourir que la main forcée,
Il nous semble que c'est à l'opinion de ces derniers que nous devons nous ranger en face d’un cas de pleurésie intarissable.
Nous possédons, en effet, dans le malade de l'observation VI, un exemple frappant venant à l'appui de cette seconde théorie.
Ce malade, qui avait passé dix mois en clinique, subi 22 thoracentèses associées à une foule de traitements restés tous sans elfet, est rentré chez lui porteur encore de son épanchement. Or, deux mois après, il apparaissait cliniquement guéri, alors même que tout traitement avait été abandonné pendant ce laps de temps. Evidemment on peut penser que c’est là le résultat à distance des nombreux traitements subis, et en particulier des soins généraux auxquels il avait été soumis. Cependant, il semble que l’on doive retenir cette coïncidence entre l'arrêt de tout traitement et l’évolution heureuse de l’épanchement en question.
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Divers traitements, avons-nous dit, ont été associés dan bien des cas à la thoracentèse. Nous ne faisons que les signaley en passant, car leurs résultats ne semblent pas probants dans l’ensemble.
« L'injection de gaz qui s'oppose à la reproduction de l'épanchement'est formellement indiquée dans ces pleurésies récidivantes », a dit Vaquez. On a tenté d'injecter dans la plèvre — en quantité proportionnelle à la quantité de liquide extrait — de l'air non filtré ou filtré, de l'oxygène, de l'air ozonisé, de l'azote. Tous ces moyens se sont révélés inefficaces. On à tenté également des injections intrapleurales de lipiodol. L'oléthorax, qui connut une certaine vogue, est. lui-même complètement abandonné.
Certains auteurs, tels que Pellegrini, ont tenté, et semblet-il, avec succès, un traitement par la diathermie dans des cas analogues; mais il s’agit d'épanchements d’origine rhumatismale. Pouvons-nous supposer que, dans une pleurésie tuberculeuse intarissable, ce traitement donnerait d'aussi bons résultats ? C’st là une question à résoudre.
Quelle doit donc être notre attitude en face d’un épanchement. intarissable de nature tuberculeuse ? Pour notre part, nous serions assez partisans d’une attitude purement. expectative. L'épanchement étant la plupart du temps bien toléré, il nous semble que la thoracentèse ne doit être qu’une irtervention d'urgence. Ceci demande évidemment une sur-
veillance constante du malade, surveillance que l’on poursuivra de pair avec le traitement général.
B. — Traitement général.
Gest done au fond à ce dernier que se résume toute fa thérapeutique. Nous laisserons de côté le sérum de Jousset qui S adresse exclusivement à des bacilloses pleurales fluxionnaires, aiguës, donc tout l'opposé de ces formes à évolution traînante.
Nous soumettrons seulement notre malade à une hygiène et à une alimentation bien comprises, basées sur les règles générales de tout traitement bien conduit de la tuberculose pulmonaire : Cure d'air, cure de repos, alimentation saine, variée et abondante auxquelles nous pourrons associer, comme simples adjuvants du traitement général, les médicaments habituellement utilisés contre la tuberculose.