OBSERVATION VI
(Publiée par M. G. Crisriant, Riforma mediea, T janv. 1933.)
Il s’agit d'un homme de 37 ans, dont les antécédents ne présentent rien à signaler. I] abandonne son travail parce qu'il tousse et ressent une douleur au niveau de son hémithorax gauche.
Son médecin constate la présence d’un épanchement et le fait entrer à la clinique.
A l'examen du 17 avril 4931, on note : bon état général; toux sèche; légère douleur de l’hémithorax gauche; faible dyspnée: température, 37°2; pouls, 78, régulier, bien frappé: respiration, 23.
Appareils pulmonaire 1° à gauche
— inspection : légère voussure de l’hémithorax gauche;
— palpation : ampliation thoracique et vibrations diminuées;
—- percussion : matité accentuée jusqu'au niveau de la région susscapulaire; ,
— auscultation : diminution du murmure vésiculaire: pas de frottements pleuraux; bruits de succussion évidents ressentis par le malade,
2° à droite : Rien à signaler.
L'examen des autres appareils ne révèle rien de pathologique. ‘Urines, sang, expectoration, fèces : tout est normal.
B.-W. négatif. Cuti-réaction à la tuberculine, faiblement positive.
Liquide pleural : Jaune citrin, limpide: Rivalta positif; nombreux lymphocytes; inoculation au cobaye; positive (l'animal meurt après trois mois de tuberculose généralisée).
Le 18 mai 1931, on extrait 3.000 cm3 de liquide à caractères déjà ciiés. Sensation de bien-être et de soulagement: mais, dès le lendemain, les signes physiques reparaissent, et le liquide augmente rapidement,
Dans l’espace de dix mois, du 18 mai 1931 au 3 mars 1932 le malade subit 22 thoracentèses.
La quantité de liquide enlevée chaque fois varie de 900 à 3.000 cm3 et aboutit au total imposant de 38 litres de liquide.
Pendant {oute cette évolution, le malade n’a jamais présenté de fièvre, à l'exception de quelques rares poussées ne dépassant pas 375, en rapport probablement avec la tendance du malade à la constipation.
Traitement général à base de calcium, arsenie;Jécithine, U.-V.
Traitement local : Injections dans la plèvre (en quantité proportionnelle à la quantité de liquide enlevé) d'air filtré, d'oxygène, d'air non filtré, d'air ozonisé.
Le 29 décembre 1931, injection dans la plèvre de 5 cm de lipiodol. |
Le 14 janvier 1932, injection dans la plèvre de 5 cm3 de « iodopina ».
Le 1% février 1932, lavage de la plèvre avec 800 em de « clorosol »,
Malgré tous ces traitements, le liquide se reproduisant toujours, le malade rentre chez lui malgré l'avis défavorable des médecins.
Deux mois après, et alors qu'il a cessé tout traitement, le malade apparaît à l'examen eliniquement guéri.