‹ Pleurésies et Épanchements Intrarissables Considérations sur quelques formes cliniquesChapitre 21 sur 28 · SUR UN CAS DE PLEURESIE INTARISSABLE CHEZ UN CIRRHOTIQUE · texte numérisé non relu

SUR UN CAS DE PLEURESIE INTARISSABLE CHEZ UN CIRRHOTIQUE

Un examen minutieux révèle souvent, chez un cirrhotique qui présente des œdèmes et une ascite, un épanchement pleural siégeant ordinairement à droite. La ponction montre que cet épanchement est Séreux où hémorragique (cas princeps de Laënnec).

La pathogénie de ces pleurésies droites est obscure. Ce sont, en général, des pleurésies inflammatoires et non des épanchements mécaniques. Nous empruntons à MM. Pierre Mauriac, J. Lévy et Putrénit leurs conclusions à ce sujet

«Vues sous le jour de la chimie, ces pleurésies des cirrhotiques se montrent être des transsudats, et, parmi les transsudats, ceux dont la concentration en albumines, éléments minéraux et corps réducteurs est la plus faible.

Vues sous le jour de la cytologie elles participent surtout des caractères des réactions inflammatoires à tendance exsudative. »

Ces mêmes auteurs ajoutent :

« Ces conclusions s'accordent avec celles de MM. Bezancon et Laubry, pour qui l’albumino-diagnostic et le cyto-diagnostic constituent les meilleurs éléments de discrimination, mais il n'existe aucun rapport absolu entre la cytologie et la chimie des liquides. »

Les cirrhoses anascitiques sont décrites par la plupart des traités classiques comme une des formes cliniques de la cirrhose atrophique. Le syndrome habituel est au grand com-

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plei : foie petit, rate percutable, troubles des fonctions digestives, hémorragies, ete. Il n’y manque que l’ascite. Cette absence d’ascite s'explique d’après Gilbert, Debove, Villaret, et Rivet par un développement considérable des anastomoses porte-cave.

C'est précisément chez un malade présentant cette forme de cirrhose atrophique anascitique que l’on à pu mettre en évidence un épanchement intarissable. Ce cas a été particulièrement bien étudié par MM. Pierre Mauriac, J. Lévy et Dutrénit, qui en ont fait une communication à la Société de médecine et de chirurgie de Bordeaux au cours de la séance du 6 février 1936.

Nous leur empruntons en grande partie les considérations qui vont suivre.

OgsEeRvarTION (publiée dans la Gazelte hebdomadaire des sciences

médicales de Bordeaux, 3 mai 1936.)

Il s’agit d’un homme de 39 ans, restaurateur, alcoolique. Fatigué depuis déjà longtemps, il présenta, en octobre 1935, une épistaxis abondante, qui nécessita un tamponnement, et le laissa tout à fait asthénique.

Cet homme avait perdu lappétit, se plaignait de pituites matinales, de somnolence après les repas, de brûlures gastriques et de diarrhée, Avant son entrée à l'hôpital, il avait maigri de 8 kilos en un mois. Il avait perdu le sommeil, était devenu irritable el durant la nuit était tourmenté par des rêves à caractère zoopsique.

À son entrée à l'hôpital, le 22 novembre 1935, il se présentait avec un teint subictérique, de l’amaigrissement et de l’augmentation de volume du ventre; eliniquement, il n'existait pas d’ascite (trois ponctions furent blanches). Le foie paraissait gros et dur; mais l’existence d’un épanchement pleural droit obligeait à faire des réserves sur l’abaissement de l'organe. La rate était percutable sur quatre travers de doigt.

L'examen du thorax mettait en évidence l’existence d’un vaste

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