‹ Pleureuses; poésiesChapitre 65 sur 67 · LA MORT DU SILENCE · texte numérisé non relu

LA MORT DU SILENCE

Dans mon âme aux tendresses folles, A l'enthousiasme étoile, Est un grand bienfait de paroles, Et je n'ai pas encor parlé...

Oh! la caresse toujours prête Des mots qu'on n'a pas dits encor, La grande et bienheureuse fête De voir demain comme un trésor...

Les gloires encor mal acquises, Les chants encor mystérieux, Toutes les promesses exquises Par lesquelles je vivrai vieux...

C'est mon orgueil fou de vaillance, G*est l'avenir ivre de foi, C'est la splendeur de mon absence Quand l'homme rêvera de moi.

L'espérance sage et bénie Est radieuse au fond de moi, Et ma gratitude infinie Attend l'heure où je serai roi.

Sûr d'une vague apothéose, Je suis le sage aux arbres noirs Qui se sourit et se repose Au paradis perdu des soirs!...

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