Letulle. — L'inflammation
3. À. Jousset et P. Cartier. — Les variations de virulence du liquide
de la pleurésie séro-fibrineuse, au cours des ponctions successives, ses éléments d'appréciation. C. R. Soc. de biologie, t. LX, 1906, n. 21, P- 979-
4. Widalet Ravaut. — Traité de Pathol. générale, Bouchard, t. VI, p 593. Soc. biologie, 30 juin 1900. Congrès de 1900. Section de Pathol. Interne. à
2 La quantité des leucocytes contenus dans la plèvre.
3° Les rapports qui existent entre la formule cytologique d’une pleurésie tuberculeuse, la numération de ses éléments blancs êt l’évolution de la réaction séro-fibrineuse.
1° Etude qualitative des éléments blancs. Cytoloqie. — Le pourcentage des éléments blancs contenus dans un épanchement pleural est facilité par la bonne conservation de presque toutes les cellules. Il n’est actuellement bien connu que d’une façon générale, il n’est pas une seule variété leucocytaire qu’on ne puisse à un moment donné rencontrer dans l’épanchement de la pleuro-tyberculose.
Lymphocytes. — Pendant la longue période qui s’écoule entre le moment, où l’épanchement d’une pleurésie tuberculeuse primitive est arrivé à son acmé, et celui où il s’est complètement résorbé, on est frappé, au point de vue cytologique, par la présence presque exclusive de lymphocytes très abondants, toujours mêlés à un nombre plus ou moins considérable de globules rouges. Cette prépondérance de lymphocytes est tellement caractéristique, qu'elle devient, ainsi que l’ont montré MM. Widal et Ravaut, un véritable « symptôme anatomique » de la pleurésie tuberculeuse.
Polynucléaires neutrophiles. — MM. Widal et Ravaut, Wolf, Sacquépée, Barjon et Cade (1) ont signalé l'existence d’une polynucléose assez appréciable à la période initiale de la pleuro-tuberculose primitive. Chez cinq de nos malades, à des dates variant entre le douzième et le vingtième jour de leur affection, nous avons trouvé plus de 4o 0/0 de polynucléaires : exactement 47:49,3; 70,9 ; 62 et86,60/o (obs. V, VIT, IX, XIV et XX) ; rapidement, il est vrai, et graduellement nous avons vu ce chiffre s'abaisser et la lymphocytose devenir presque pure. Il semble bien que plus une pleuro-tuberculose primitive est près de son début, plus elle contient de polynucléaires.
Grands éléments uninucléés. — Sous ce nom nous désignons des cellules volumineuses, à protoplasma clair souvent creusé
1. Barjon et Cade. — Soc. méd. des hôpitaux de Lyon, 7 mars 1902.
de vacuoles, et à noyau arrondi plus pâle que celui des lymphocytes. Ces éléments sont toujours isolés, jamais réunis en placards. L’étiquette que nous leur appliquons, après M. Widal et Ravaut, à l’avantage de ne préjuger en rien de leur nature. Sont-ce des cellules blanches venant du sang et analogues aux grands mononucléaires ? Proviennent-ils de la desquamation de l’endothelium ? Sont-ils comparables aux hémo-macrophages que l’on rencontre dans les foyers d’infection ou d'hémorragie ? Nous l’ignorons, et laissons à d’autres le soin d’élucider cette question. Il n’est pas de période de la pleuro-tuberculose primitive, à laquelle nous n’ayons pas rencontré ces grands éléments uninucléés, il est exceptionnel qu’ils fassent complètement défaut. Même pendant la phase de lymphocytose presque pure à 95 ou 97 0/0, les trois ou cinq leucocytes restants appartiennent à cette variété. Ces cellules paraissent être très fragiles ; elles sont souvent en plasmolyse, réduites à un noyau entouré de parcelles protoplasmiques. Nous avons numéré ces éléments en voie de destruction, encore identifiables, convaincu que, dans la lutte de l’organisme contre le bacille de Koch, les cellules qui succombent ont au moins autant de valeur que celles qui résistent. Polynucléaires éosinophiles. — L'éosinophilie pleurale s’observe dans des épanchements d'origines diverses, mais elle présente des caractères cliniques si particuliers, comporte un pronostic si spécial, qu'elle a fait l’objet de chapitres distincts ou de travaux originaux de la part de MM. Widal et Ravaut, Barjon et Cade (1), Burnet (2). Rarement on a pu démontrer la nature tuberculeuse de ces inflammations pleurales, et Burnet ne rapporte dans sa thèse qu’un seul cas d’éosinophilie pleurale qui ait tuberculisé le cobaye. Il n’est pourtant pas exceptionnel de trouver des éosinophiles dans le liquide des
1. F. Barjon et A. Cade. — Eosinophilie pleurale (Cyto-diagnostic et cyto-pronostic). Archives générales de médecine, 1903, 28 juillet, p. 1859 à 1876.