AM
Gmelin, spectroscope : pas de pigments biliaires.
Cytologie. — 1° Numération.
Globules rouges : 23 par mme.
Eléments blancs : 161 par mme.
Nombre total des globules blancs : 11.270.000.
Il y a de rares débris cellulaires.
2 Pourcentage.
Lymphocÿtes 5. « RAT TR ET OP AGE Grands éléments RTE EU 7 ee RENE 16,6.
Ho EUCIedire CAROL SC OEM
Les altérations cellulaires sont si prononcées qu’on est obligé dans la numération de ne pas tenir compte de plus du tiers des ee dont le protoplasma et le noyau n’ont plus de forme bien caractéristique ; les contours de toutes les cellules sont estompés. Ce sont les lymphocytes qui ont le moins souffert.
Recherche du bacille de Koch. — Positive. On a trouvé un bacille sur une préparation.
Inoculations. — Deux cobayes ont été inoculés le 27 juin, quatorzième jour de la maladie.
Cobaye numéro 1 : injection intra-péritonéale de 2 cc. Mohauide cen= trifugé pendant trois heures à la turbine à eau.
Sacrifié le 28 juillet 1905 : tuberculose généralisée avancée.
Cobaye numéro 2 : injection intra-péritonéale du culot de 6 cc. centrifugés.
Sacrifié le 28 juillet : pas de tuberculose de l’épiploon, ou du foie. On trouve seulement un ganglion mésentérique tuméfié, et dans la rate un gros tubercule en voie de ramollissement. La recherche du bacille de Koch positive sur des frottis de ces deux lésions prouve leur nature tuberculeuse. |
Observation V. — Méningite à forme délirante. Tuberculose pulmonaire primitive. Méningite purulente. Granulie pulmonaire. Polynucléôse prédomihante. — V..., François, 36 ans, peintre, entre le 14 juillet 1905 à l'hôpital Cochin, salle Antheaume,
lit n° 5, dans le service de M. Widal.
Dès son arrivée dans la salle, on est frappé de son agitation. Il se lève sans cesse et parcourt la pièce, les yeux hagards, le regard fixe, prononçant des paroles incohérentes qu’une aphonie presque complète ne permet pas toujours de saisir : on comprend qu'il a des hallucinations ; ses visions ne semblent pas effrayantes, on surprend les mots de papillons, fleurs, etc. Trompant la surveillance du personnel il descend en chemise dans la cour de l'hôpital.
Quand on l’interroge peu de temps après cette fugue, l'agitation est encore extrême ; le délire persiste avec ses mêmes caractères : doux et tranquille. L’interrogatoire ramène le malade à la réalité, et on est frappé d'obtenir de cet homme des réponses nettes et précises. On apprend que, souffrant depuis 4 ans d’une tuberculose pulmonaire, pour laquelle il a fait de fréquents séjours dans plusieurs hôpitaux,
116 PLEURO-TUBERCULOSE PHIMITIVE #
il a été pris de laryngite l’année dernière :ilentre à l'hôpital pour faire soigner cette dernière et se reposer. Ses antécédents héréditaires sont bons. Personnellement il n’a jamais eu d'autre maladie que l'affection actuelle, il avoue des habitudes d’éthylisme. Sa voix est complètement éteinte, la dyspnée vive. L’auscultation des poumons révèle la présence d’une tuberculose pulmonaire avancée : gargouillement et souffle caverneux au sommet droit ; râles sous-crépitants et souffle rude dans les deux tiers supérieurs du poumon gauche.
: L'examen des autres viscères est négatif. La recherche des symptômes méningés ou cérébraux autres que le délire ne donne aucun résultat. La température est à 38°. Le pouls régulier, dur, à 100.
Le 15 juillet. — Le malade toujours agité et délirant, est néanmoins plus facile à maintenir couché que la veille. Il n'existe encore aucun signe méningé. Le pouls est régulier, les pupilles sont égales, il n’y a aucune paralysie. Pas de raideur de la nuque, ni de signe de Kernig.
La température s'élève le soir à 38°.
Le 18 juillet. — Depuis deux jours le malade n'a pas eu de selles. Il a vomi plusieurs fois la veille, ses vomissements surviennent sans effort, quelque temps après l’ingestion des aliments.
De plus il se plaint pour la première fois d’une céphalée intense, généralisée, mais surtout bitemporale.
La fièvre atteint encore 39° *
Le 21 juillet. — Le diagnostic de méningite semble se confirmer. Aux vomissements, à la constipation, à la céphalée s’ajoutent d’autres symptômes importants Le malade à du nystagmus, il n’a -pas de photophobie. On, peut imprimer à sa tête des mouvements de latéralité, mais on ne peut la fléchir sans provoquer une violente contracture des’ muscles de la nuque, et sans lui arracher des cris.
Le signe de Kernig est à peine ébauché, on ne trouve pas le signe de Babinski.
Il n'existe pas de paralysie, mais les masses musculaires des membres inférieurs sont agitées de secousses fréquentes, les mains tremblent d’une façon continuelle.
La sensibilité est partout conservée et normale, on ne trouve pas d’hypéresthésie.
Les reflexes rotuliens sont très diminués. La raie méningitique apparaît rapidement et persiste longtemps.
La céphalée est toujours violente, le délire persiste. La température oscille autour de 39 ; le pouls rapide, à 150, est inégal : alternativement fort et fuyant, il présente de nombreuses intermittences.
Les urines, rares, contiennent de l’albumine.
Le 22 juillet. — Les symptômes constatés la veille persistent avec
ET MÉNINGITE TUBERCULEUSE 117 [2 les mêmes caractères ; la raideur de la nuque ne s est pas accentuée il n'ya pas de RES
Les urines toujours rares, contiennent de l’albumine. Il n’y a ni rétention, n1incontinence.
La dyspnée et vive ; la respiration stertoreuse mais régulière, sans pauses.
Le pouls à 140 est encore inégal et irrégulier, intermittent. Le thermomètre marque 39°.
Le malade meurt dans le coma à deux heures de l'après-midi.
Autopsie pratiquée 42 heures après la mort.
Encéphale. — Ce qui frappe après l'ouverture de la dure-mère, c’est l'aspect œdémateux du cerveau. Le feuillet viscéral de l’arachnoïde est soulevé par une sérosité abondante.
À la base du cerveau, le long des vaisseaux, principalement dans les régions avoisinant la fente cérébrale de Bichat, et à la face inférieure de l'hémisphère gauche, existe un exsudat nettement purulent se diffusant le long des gaines vasculaires; on voit, à un examen plus approfondi, qu'il est formé de granulations jaunes, fondues les unes dans les autres.
La face externe de l'hémisphère gauche est le siège d’une suffusion hémorragique diffuse ; sa face interne est normale. Il existe quelques granulations jaunes sur le lobe temporal.
La face interne de l'hémisphère droit st indemne de lésions. Sur sa face externe, la congestion domine : elle existe sous forme de suffusions hémorragiques tout le long de la scissure de Sylvius et à la partie supérieure de la scissure de Rolando. Il n’existe de trainées purulentes qu’au niveau de la partie supérieure des circonvolutions frontale et pariétale ascendantes.
Le cervelet, les pédoncules, la protubérance, le bulbe présentent leur aspect normal.
Moelle. — Après incision de la dure-mère on voit :
Sur la face antérieure, une vascularisation intense, de l’ectasie très nette des capillaires, mais sans hémorragies. Nulle partil n'y a de pus,
La face postérieure est le siège des mêmes lésions. De plus, il existe à la partie inférieure de la moelle dorsale, et au niveau de la moelle lombaire, un exsudat séro-purulent concret, jaunâtre, tirant sur le vert par endroits. Nulle part on ne voit de granulations.
Les coupes de moelle et du cerveau montrent la parfaite intégrité macroscopique des substances cérébrale et médullaire.
Le poumon droit est très ‘adhérent à la paroi thoracique ; il y a de grosses cavernes au sommet.
Le poumon gauche est infiltré de tubercules en voie de ramollissement principalement au sommet.
Il existe dans les deux poumons une poussée discrète de granulations jeunes, miliaires
Les ganglions trachéo-bronchiques sont hypertrophiés.
Cœur et péricarde. — Sur la face antérieure du ventricule droit 1l existe une plaque laiteuse. Rien à la mitrale, à l'aorte et à la tricuspide.
Le Foie est gros, congestionné, légèrement muscade.
La Rate est normale ; pas de tubercules à son niveau.
Les Reins sont gros et rouges, ils se laissent facilement décortiquer.
La capsule surrénale droite est normale, la capsule gauche est le siège de trois ou quatre tubercules caséeux.
Pas de péritonite, ni d’orchite tuberculeuses.
Recherches de laboratoire. — Chez ce malade on a pratiqué une seule ponction lombaire. 4 Ponction lombaire. — 21 juillet 1905. Septième jour de lamaladie.
Position : assise.
Quantité : 15 centimètres cubes.
Ecoulement : en gouttes rapides.
Couleur : incolore, eau de roche après centrifugation. Limpidité : liquide trouble.
Fibrine : le coagulum n’a pas été recherche.
Cytologie.— 19 Numération.
Globules rouges : 16 par mme.
Glolules blancs : 1.233 par mme.
Nombre total des globules blancs : 86.310 000. Il n’y a pas de débris. Les globules blancs sont presque tous larges et étalés, il yen a de petits arrondis beaucoup plus rares. 2 Pourcentage.
Lmphocytes ee ENCRES NERO Grands éléments uninucléés . . . . . 7,6.
Polynucléairestime re PRES ESS
Les polynucléaires etles grands éléments sont très altérés, les lymphocytes eux-mêmes sont déchiquetés.
Recherche du bacille de Koch. — Positive. On a vu sur les lames 6 à 7 bacilles extra-cellulaires, on en a trouvé deux Aintra-cellulaires phagocytés par un polynucléaire. |
Inoculations. — Deux cobayes ont été inoculés dans le péritoine le premier, avec 5 cent. cubes de liquide céphalo-rachidien centrifugé pendant { heures à la turbine à eau ; le second avec le culot de centrifugation de ces 5 ce.
ns. cobaye n° 1 (liquide centrifugé), sacrifié un mois après l’ injection, présente une tuberculose expérimentale avancée.
Le cobaye no 2 (culot) meurt cinq jours après l’inoculation ; il a une péritonite purulente due sans doute à une infection secondaire par suite d’une faute d’asepsie opératoire.
Observation VI. — Méningite à forme délirante. Forme anatomique œdémato-purulente. Foyer primitif inconnu. Lymphocytose prédominante. — N .. Marie, 36 ans, blanchisseuse, entre à l'hôpital Cochin le 7 août 1905, salle Delpeuch, lit n° 13, dans le service de M. Chauffard.
Elle a du délire, et ne peut répondre aux questions qu’on lui pose ; : mais, par sa fille, on obtient les quelques renseignements suivants. La malade se plaint de la tête et de malaise général depuis trois semaines. À la suite d’une altercation avec une voisine elle reçut des coups violents, dont elle porte encore des traces sur le thorax et la tête sous forme d’ecchymoses verdâtres ; c’est depuis ce moment que la céphalée s’est installée. Le 1er août, le délire a fait son apparition et la malade a dû s’aliter ; puis, peu à peu, elle est tombée dans l’état subcomateux, dans lequel elle est maintenant. Comme antécédent personnel on ne trouve qu’une attaque de rhumatisme articulaire aigu il y a 8 ans.
La malade est couchée en chien de fusil ; elle marmotte sans cesse des paroles incohérentes, mais elle ne cherche pas à se lever, ni à se défendre. Elle n’a pas de paralysie. Ses pupilles sont dilatées et inégales, mais réagissent toutes les deux à la lumière. La nuque est raide et le signe de Kernig existe dans toute sa pureté. La sensibilité est partout conservée ; il y a de l’hypéresthésie cutanée au niveau des membres inférieurs. lue
Les réflexes rotuliens sont exagérés légèrement. Depuis son entrée la malade n’a pas eu de vomissements, et jamais chez elle elle n’a rendu ses aliments. Son ventre est souple, non rétracté ; il n’y a pas de constipation.
La respiration est irrégulière, il existe d'assez fréquentes pauses ; on ne constate pas de rythme de Cheyne Stokes.
La température, qui le soir de l'entrée atteignait 4o°, est à 300,2.
Le pouls est petit, inégal, variable d’un instant à l’autre, sautant de 80 à 100 pulsations par minute.
Les urines sont perdues ; on peutenavoirun échantillon par le cathétérisme vérical, elles ne contiennent ni sucre ni albumine.
Le g août. —- L'état soporeux et subcomateux persiste. Le délire est toujours tranquille ; le malade pousse de temps en temps des cris plaintifs, monotones. La température monte le soir à 39°8. Le pouls reste irrégulier, intermittent même par instants, il oscille autour de 100.
Le 10 août. — Aucun nouveau symptôme. Mort dans le coma à 4 heures de l’après midi.
Autopsie. — Encéphale. La dure-mère à peine incisée, on est frappé de l'intensité de l’ædème sous-arachnoïdien. La substance cérébrale présente un aspect blanchâtre, tremblotant, gélatiniforme.
La base du cerveau n’est le siège d'aucune be appréciable.
La face externe de l'hémisphère droit présente un ‘aspect œdémateux très marqué, mais on ne remarque ni granulations ni traînées purulentes.
Sur les circonvolutions de sa face interne les vaisseaux sont dilatés, mais il n’y a pas de suffusions hémorragiques.
Sur l'hémisphère gauche les lésions sont à peu près les mêmes : œdème et vascularisation intense de la face externe, sans granulations ; dilatation énorme des vaisseaux, et légère suffussion hémorragique au niveau des circonvolutions frontale interne, et du corps calleux.
Les cavités ventriculaires sont'très dilatées.
Au niveau de la partie antérieure du vermis supérieur du cervelet existe une couche de pus verdâtre gélatiniforme.
Les pédoncules, la protubérance, la bulbe n’offrent aucun aspect spécial.
La face antérieure de la moelle est saine ; sa face postérieure présente au niveau de sa portion lombaire un aspect gélatiniforme, œdémateux, il y a même à ce niveau de légères suffusions hémorragiques.
On trouve de nombreuses plaques calcaires pie-mériennes. Il n’y a pas sur toute l'étendue de la moelle de granulations miliaires visibles.
Ni la substance cérébrale, ni la substance médullaire ne présentent sur des coupes de lésions profondes macroscopiques.
Les poumons sont congestionnés, on n'y trouve ni granulie ni tuberculose chronique.
Les ganglions trachéo-bronchiques ne sont pas hypertrophiés.
Les plèvres sont saines.
Il n’y a rien au cœur ni au péricarde. :
Le foie est légèrement cirrhotique; la rate un peu hypertrophiée. Les reins sont petits, facilement décortiquables.
Les capsules surrénales sont normales.
Les organes génitaux, le péritoine sont indemnes de lésions.
On ne trouve aucun foyer primitif osseux ou articulaire.
Recherches de laboratoire. —- On a pratiqué chez cette malade deux ponctions lombaires.
1e Ponction lombaire. —7 août 1905. Vingtième Jour de la maladie.
Position assise.
Quantité : 20 cc.
Ecoulement : en jet.
Couleur : très légèrement jaunâtre.
Fibrine : coagulum net.
A: n’a pu être recherché, la quantité de liquide mise à notre disposition ayant été trop faible.
Cytologie. — 1° Numération.
Globules rouges : 18.
Eléments blancs : 144.
Nombre total des éléments blancs : 10.080.000.
Le liquide ne nous ayant été donné que r2 heures après la ponction, alors qu’un coagulum très léger avait déjà eu le temps de se former, le résultat de nos numérations n’a pas la rigueur habituelle ; nous avons pourtant bien agité le tube, gratté le fond, battu le liquide avant de déposer une goutte sûr l’hématimétre.
2° Pourcentage.
DEN IQ RU er EP ET STE S Bolynuclésares RS Tr 1e Re: A
Tous les éléments sont très altérés, et difficilement reconnaissables. Recherche du bacille de Koch. Positive.
Les bacilles agglutinés en amas, sont extraordinairement nombreux, on en voit plus de quarante sur une même préparation. 2e Ponction lombaire. — 10 août 1905. Vingt-troisième jour de la maladie.
Position assise.
Quantité : 15 cent. cubes.
Ecoulement : en Jet.
Couleur : incolore.
Limpidité : parfaite.
Fibrine : abondante, coagulum fibrineux assez volumineux. AE 0 07 Cytologie.— 19 Numération.
Globules rouges : 21 par mme.
Eléments blancs : 142 par mme.
Nombre total des éléments blancs : 9.940.000.
RE CHIC Cab es A0 DE es CU ne 00 POlNRUCIOA DES EAN NUE MERS 27 A Tous leséléments sont très altérés, et on ade la peine à les reconnaitre, leurnoyau est très flou, et les contours protoplasmiques sont irréguliers et déchiquetés.
Recherche du bacille de Koch. — N'a pas été faite.
Inoculations. — Deux cobayes ontétéinoculés dansle péritoine avec le liquide céphalo-rachidien de cette malade.
Le premier a reçu 5 cent. c.deliquide centrifugé pendant3 heures 1/2 à la turbine à eau.
Le second a été injecté avec le culot de 8 cent. c. de liquide centrifugés le même temps à la turbine à eau.
Sacrifiés tous les deux le même jour au bout d’un mois: ils étaient l’un et l’autre manifestement tuberculeux, et leurs lésions respectives étaient aussi avancées.
La recherche du bacille de Koch dans les lésions viscérales de ces deux animaux a été positive.
Observation VII. — Méningite à forme céphalalgique. Tuberculose pulmonaire primitive. Méningite purulente. Granulie pulmonaire, méningée et rénale. Palynucléose prédominante. — P., Charles, âgé de 32 ans, entre le 16 janvier 1905, à l'hôpital Cochin, salle Hanot, lit n° 11, dans le service de M. Chauffard.
Le début de sa maladie remonte au mois de juillet 1903 ; il est entré à cette époque à la Pitié, et y est resté en traitement pendant cinq mois et demi pour une congestion pulmonaire.
En novembre 1904 il eut une hémoptysie assez abondante ; c’est depuis ce moment qu’il se sent facilement oppressé.
Il a eu avant-hier 14 janvier 1909 nne deuxième hémoptysie, et il s’est alors décidé à venir consulter.
Ses antécédents hériditaires et collatéraux sont chargés ; si son père
et sa mère sont morts à un âge avancé, 76 et 77 ans ; il a eu 10 frères et sœurs tous morts de tuberculose pulmonaire entre 20 et 4o ans. Lui-même n'a jamais été malade avant l’année 1903; il n’est ni puludéen, ni syphilitique, mais il avoue des habitudes invétérées d’alcoolisme.
C’est un homme amaigri qui présente tout l'habitus d’un tuberculeux. Il tousse et ses crachats ont l'aspect nummulaire des crachats des phtisiques. On trouve à l’examen pulmonaire de la matité franche sous la clavicule droite, et à ce niveau un souffle cavitaire entouré de râles sous-crépitants. En arrière dans les fosses sus et sous-épineuses on perçoit les mêmes bruits adventices.
Le sommet gauche est aussi touché par la tuberculose; en avantil existe de la submatité avec, à l’auscultation, des craquements secs et quelques râles sous-crépitants. En arrière dans la fosse sus-épineuse la respiration est soufflante et on entend les mêmes râles, mais moins nombreux qu’en avant.
L'examen des autres appareils ne révèle la présence d'aucune autre
lésion viscérale. Il n’y a rien au cœur. Le ventre est souple, non ballonné ; les selles sont régulières. Les urines ne contiennent ni sucre, ni albumine.
La fièvre modérée est à 38. Le pouls atteint 100.
Le malade est mis au traitement ordinaire des tuberculeux, il prend 30 grammes d'huile de foie de morue par Jour.
Jusqu'au 5 août son état reste sensiblement le même; ses lésions pulmonaires semblent stationnaires, elles n’ont aucune tendance à se cicatriser, mais ne se sont pas étendues. Il se plaint pour la première fois d’une céphalalgie violente ; on lui donne pour le soulager un gramme d’antipyrine.
Le 4 août malgré les antinévralgiques les plus variés, (antipyrine, phénacétine, aspirine, cryogénine) la céphalée persiste avec la même intensité. On songe à la possibilité d’une méningite tuberculeuse et on en cherche les signes. On trouve seulement un peu d’exagération des réflexes rotuliens, et le phénomène très net de la raie méningitique. Il n’y a ni raideur de la nuque, ni Kernig, aucune paralysie. L'intelligence est parfaitement conservée. La température est à 380,8 le pouls régulier bat 96 fois par minute. On pratique une ponction lombaire.
Le 10 août. — Aucun nouveau phénomène. La ponction lombaire a amené une grande amélioration de la céphalée, le malade a pu dormir. Le 11 août. — On ne trouve toujours aucun phénomène méningé,
bien qu’on les recherche avec soin. La céphalalgie a réapparu, aussi tenace et aussi pénible que les premiers jours. Une deuxième ponction lombaire amène de nouveau une sédation de ces phénomènes douloureux. La fièvre oscille entre 38° et 39° : il n’y a pas de dissociation du pouls et de la température.
Le 14 août. — Il existe pour la première fois de la photophobie, un peu de raideur musculaire et une ébauche de Kernig. La céphalée est toujours le symptôme dominant. L'intelligence est parfaitement conservée.
Le malade réclame lui-même une ponction lombaire.
La température est à 3804. Il y a par minute 140 pulsations épalés, régulières .
Le 17 août. — L'état du malade est resté stationnaire depuis 2 jours ; il se plaint toujours et presque uniquement de sa tête. Il a maintenant des troubles vaso-moteurs très nets consistant en altérnatives de pâleur et de rougeur de la face.
Le Hero marque 3804, le pouls est à 108
On pratique une quatrième ponction lombaire qui comme les précédentes amène une rétrocession des phénomènes douloureux, et permet le sommeil.
Les jours suivants la céphalée est encore le signe capital, et presque unique de la maladie. Le thermomètre atteint toujours 38° ou 3804. Le pouls régulier, non intermittent, oscille entre 80 et 90.
Le 19ctle 22 août. — On fait le soir une ponction lombaire, qui est suivie d'une amélioration manifeste des symptômes. Le 23 août 1905. — Le délire s’installe, il est doux et tranquille ; il
y a du mâchonnement et de la carphologie. Les troubles vaso-moteurs persistent, mais il n’y a ni Kernig, ni raideur de la nuque.
La fièvre est à 38, le pouls est ralenti, dur, à 60.
Le 24 août 1905. — Le malade ne répond plus aux questions qu'on lui pose ; il a des soubresauts tendineux, il perd ses urines.
Température : 38. Pouls : 64.
Le 25 août 1909. — Le coma est absolu ; il y a une raideur généralisée, mais on ne constate pas de signe de Kernig. Les pupilles sont dilatées et insensibles à la lumière.
La température est à 38°. Le pouls est petit, inégal, incomptable.
Le 26 août 1909. — Mort à 6 heures du matin dans le coma.
Aulopste 27 août 1909. - 27 heures après la mort.
Encéphale. — Après incision de la dure-mère, il s'écoule peu de liquide ; les granulations de Pacchioni apparaissent très nombreuses et très developpées.
La base du cerveau est complètement indemne de lésions.
Sur la face externe de l'hémisphère droit les vaisseaux sont dilatés d’une façon uniforme. A la partie antéro-supérieure, au niveau du lobe frontal, ils sont entourés d’une gaine œdémato-purulente au voisinage de laquelle on trouve des granulations miliaires; de plus il existe çà et là des tubercules plus volumineux jaunâtres.
En arrière, au niveau du lobe occipital, on ne trouve pas de pus, mais de grosses suffusions hémorragiques.
Seul le lobe temporal est à peu près respecté. La scissure de Sylvius est comblée par un exsudat œdémato-purulent.
A la face interne du même hémisphère les lésions sont les mêmes et de même intensité ; les vaisseaux ont chacun leur gaine envahie par le pus. On trouve de plus trois tubercules jaunes, gros comme un grain de chènevis au niveau du lobule paracentral.
L’hémisphère gauche présente sur ses deux faces les mêmes altérations pathologiques que le droit; les vaisseaux sont entourés d’une gaine æœdémato-purulente ; il existe également des granulations miliaires disséminées. Seules les suffusions hémorragiques sont moins marquées que du côté opposé.
La partie moyenne du vermis supérieur du cervelet est le siège d’un gros amas purulent Jaune verdâtre, à la périphérie duquel existent
des granulations d'âge divers. Sur le lobe droit du cervelet on voit un tubercule de la RE d’une petite noisette, crétacé et sans doute ancien.
Les pédoncules, la protubérance, le bulbe sont sains.
La moelle est absolument normale, il n’y a pas de granulations, aucun exsudat, pas de suffusions hémorragiques.
Le poumon droit est creusé à son sommet d’une caverne du volume d’une amande ; il est congestionné dans toute son étendue, et farci de granulations grises.
Le poumon gauche est ramolli au sommet ; il est également infiltré de granulations grises.
Le cœur est normal ; il y a sur le feuillet viscéral du péricarde, sur les faces antérieure et postérieure du cœur, des plaques de péricardite sèche, Il n’y a pas d’épanchement.
Le foie estgros, onctueux, mais non cirrhotique.
La rate est normale.
Les reins sont congestionnés, facilement décortiquables ; leur substance corticale présente par places des granulations grises.
Les capsules surrénales, les testicules, les plèvres, le péritoine sont absolument sains.
Recherches de laboratoire. — Sept ponctions lombaires ont été faites à ce malade pendant l’évolution de sa méningite.
ie Ponction lombaire. — 9 août 1905. Quatrième jour de la maladie.
Position : assise.
Quantité : 15 centimètres cubes.
Ecoulement : en jet pendant toute la ponction. Couleur : incolore, eau de roche.
Limpidité : parfaite.
Fibrine : pas de coagulum appréciable à l’œil nu au bout de 24 heures.
A: n’a pu être recherché, la quantité de liquide mis à notre disposition ayant été trop faible.
Cytologie. — 1° Numération.
N'a pu être faite : les éléments blancs étant agglutinés, réunis en amas au moment où l’on nous a remis le liquide, 16 heures après la
ponction.
2° Pourcentage.
Lymphocytes . . . eee 1059 Grands éléments nude SAP c 8,9 Doknueléaires to EEE LL 75
Tous les éléments sont très altérés et en voie de destruction.
Recherche du bacille de Koch. — Positive. On a vu un seul bacille extracellulaire, mais 1l était très net.
> Ponction lombaire. — 11 août 1905. Sixième jour de la maladie. Position : assise.
Ecoulement : goutte à goutte. Couleur : ons eau de roche.
Fibrine : coagulum léger.
Cytologie. — 1° Numération.
Globules rouges : 37 par mmc.
Eléments blancs : 125 par mme Nombre total des élèments blancs : 8.750.000. 20 Pourcentage.
Lymphocytes : . OA PILE RTE Grands éléments le OR A EEE À Polautléarres Mn SR RER RSS RU Eee S
Nombreuses altérations cellulaires, portant sur tous les élérnents. Recherche du bacille de Koch. — Positive. On a trouvé deux bacilles de Koch sur une préparation.
3° Ponction lombaire. — 14 août 1905. Neuvième jour de la maladie.
Position : assise.
Quantité : 15 centimètres cubes.
Ecoulement : goutte à goutte.
Couleur : incolore, eau de roche. ÿ Limpidité : parfaite. he ue gros coagulum au bout de 2h heures.
ro — 1° Numération.
Globules rouges : o par mme.
Eléments blancs : 500 par mme.
® Nombre total des éléments blancs : 35.000.000. Globules blancs larges et étalés. Assez nombreux débris cellulaires. 2° Pourcentage.
Lymphocyte MR RCA ET ER ans LEE Grands éléments innelheet ED ERA RU 5:56 Polynucléaires D OUR NN RRE EURE EE
Toutes les cellules sont abimées, et difficilement reconnaissables.
Recherche du bacille de Koch, N'a pas été faite.
4e Ponction lombaire. — 17 août 1905. Douzième jour de la maladie.
Position : assise.
Quantité : 15 centimètre cubes.
Ecoulement : goutte à goutte.
Couleur : incolore.
Limpidité : légèrement trouble, s’éclaircit après centrifugation.
Fibrine : coagulum assez important au bout de 24 heures.
Cylologie. — 1° Numération.
Globules rouges : 37 par mmc.
Eléments blancs : 637 par mme.
Nombre total des éléments blancs : 44.590.000. 20 Pourcentage.
PU DRDOCNES EUR AR M EP nl CRE, Grands éléments uninucléés. . . . . . 8 BOIVDUCIERI TES MN Ne EUR. EC A QE fon ir
Les éléments sont moins altérés qu'aux précédentes ponctions, ils sont tous facilement reconnus. Il n’y a pas de grands mononucléaires en plasmolyse.
Recherche du bacille de Koch. — Positive. On a vu un seul bacille, mais très net sur une préparation.
5e Ponction lombaire. — 19 août 1905. Quatorzième jour de la maladie. 4
Position : assise. Ecoulement : en jet d’abord, puis en gouttes rapides. Couleur : blanchâtre, eau de roche après centrifugation. Limpidité : trouble, opalescent, présente quelques grumeaux. Fibrine : faible quantité, léger coagulum.
Cytologie. — 1° Numération.
Globules rouges : 30 par mmc.
Eléments blancs : 950 par mme.
Nombre total des éléments blancs : 66.500.000. 20 Pourcentage.
Lymphocytes. : 1 7,8 Grands éléments innciéss RU rer 00 Pobnucleaires en RE", Mie. Le 86,6 Eosinophiles. 0,3
Recherche du bacille de Koch. — Positive, mais longue et pénible
On finit par voir un bacille très net, mais grêle et granuleux après deux heures 1/2 de recherches sur deux préparations. 6° Ponction lombaire. — 22 août 1905. Dix-septième jour de la maladie. | :
Position : assise.
Quantité : 8 centimètres cubes.
Ecoulement : en Jet.
Couleur : blanchâtre, eau de roche après centrifugation. Limpidité : trouble, opalescent.
Fibrine : le coagulum n’a pas été recherché.
Cytologie. — 1° Numération.
Globules rouges : o par mme.
Eléments blancs : 714 par mme.
Nombre total des éléments blancs : 49.980.000.
20 Pourcentage.
HYnhoBy tes PES AR RDA TEE 6,8 Grands éléments. uninucléés 8,0 Polynucléaires 20e NSP RER ST ARE SIC
Cellules toutes bien conservées. Pas de mononucléaires en plasmolyse.
Recherche du bacille de Koch. — Positive.
On a vu après un examen très court, de quelques minutes, deux longs bacilles.
7° Ponction lombaire. — 24 août 1905. Dix-neuvième jour de la maladie.
Position : assise.
Quantité : 8 centimètres cubes.
Ecoulement : en gouttes rapides.
Couleur : opalescent, eau de roche après centrifugation. Limpidité : légèrement trouble.
Fibrine : abondant coagulum au bout de 24 heures. A:— 0,49.
Cytologie. — 1° Numération.
Globules rouges : 108 par mmc.
Eléments blancs : 4oo par mmc.
Nombre total des éléments blancs : 28.000.000. Les globules blancs sont larges, étalés, en voie de destruction, On remarque d’assez nombreux débris.
20 Pourcentage.
LR TE NS A TERMINER RO EEE 5,4 Grands éléments uninucléés. . . . . . l,6 Polynucléaires .
Les altérations cellulaires commencent à réapparaître ; pourtant
elles ne sont pas assez marquées pour que les éléments ne soient pas reconnaissables.
Recherche du bacille de Koch. — Positive.
Après un très court examen, on voit un paquet de 7 à 8 bacilles.
Inoculations. — Deux cobayes ont été inoculés dans le péritoine le 9 août 1902, quatrième jour de la maladie, avec le liquide céphalo-rachidien de ce malade ; l’un avec 5cc. de liquide centrifugé pendant 2 heures à la turbine à eau ; l’autre avec le culot de centrifugation de ce. liquide.
Sacrifiés tous les deux le 12 septembre 1905, le cobaye n° 1 (liquide centrifugé) n'avait pas de tuberculose ; le cobaye n° 2 (culot) présentait une tuberculose expérimentale généralisée et très avancée.
Observation VIII. — Méningite luberculeuse. Forme classique. Forme anatomique surtout purulente. Tuberculose pleuro-pulmonaire primitive. Lymphocytose prédominante.— C..,35 ans, maçon, entre le 12 août 1905, salle Lasègue, lit no 2, dans le service de M. Widal. Il vient d'un service de chirurgie.
Les renseignements que l’on nous fournit sur lui sont les suivants. Opéré il y a quelques mois pour une fistule anale, le malade est sorti de l’hôpital à peu près guéri. Le 17 juillet 1905 il est revenu à Cochin, sa fistule s'étant ouverte de nouveau on l’a opéré une deuxième fois. Il semblait devoir guérir quand le 1°" août sa température s’est mise à monter, en même temps il a commencé à se plaindre de la tête, et à vomir.
Depuis plusieurs jours il est agité, délirant, et on a du garnir son lit de planches.
Actuellement il est dans le coma. Il n’a aucune paralysie, ses pupilles sont égales. Sa nuque est raide, et le signe de Kernigest manifeste. Il n’y a pas de raie méningitique. Le pouls bat 75 fois par minute il est régulier, non intermittent ; la température est presque normale à 37°8.
L'examen du poumon droit révèle l'existence au sommet d’une tuberculose à la deuxième période. La percussion de l’hémithorax gauche montre sur toute Ja hauteur la présence d’une matité absolue : l’espace de Traube est mat, le cœur légèrement dévié vers la droite paraît sain, on n'entend aucun souffle de lésion orificielle.
Le ventre est creusé en bateau, dur, un peu douloureux.
Les urines sont perdues, la vessie est vide.
Le 13 août mort dans le coma à 10 heures du matin.
Ramond 9
Autopsie. — 14 août. 24 heures après la mort.
Encéphale. — Le cerveau ne paraît pas œdématié, pourtant il s'écoule après ouverture de la dure-mère une assez grande quantité de liquide céphalo-rachidien.
A la base existe du pus verdâtre au niveau du chiasma des nerfs optiques.
La face interne des deux hémisphères est respectée, mais sur leur face externe existent de nombreuses lésions.
Sur l’hémisphère gauche tous les vaisseaux sont entourés, principalement au niveau de la scissure de Sylvius et de la partie supérieure des lobes frontal et pariétal, d’un exsudat discret, blanchâtre, autour duquel on trouve de fines granulations miliaires.
Dans la région du pli courbe existe une plaque de suffusion hémorragique qui atteint les dimensions d’une pièce de 50 centimes.
Sur l'hémisphère droit, même topographie et même nature des lésions qui sont plus marquées et plus diffuses encore que du côté opposé. Les suffusions hémorragiques en particulier, de la dimension d’une pièce de 50 centimes, se rencontrent en trois endroits : au niveau des parties moyennes des lobes frontal, pariétal et occipital.
Les pédoncules, la protubérance, le bulbe, le cervelet sont absolument sains.
Sur la moelle : aucun exsudat, pas de granulations, quelques plaques calcaires pie-mériennes.
Les ventricules latéraux sont dilatés ; les substances cérébrale et . médullaire ne présentent pas d’altérations macroscopiquement visibles.
Au sommet du Poumon droit on constate la présence de tubercules nombreux en voie de ramollissement ; il existe une infiltration généralisée de granulations miliaires.
Le Poumon gauche est ratatiné, carnifié, réduit à un moignon atélectasié, rétracté contre son hile ; il est entouré d’une plèvre très épaissie et nage dans un liquide séro-fibrineux d'une abondance de 4 à 5 bitres.‘
Le Cœur est sain ; 1l n’y a pas de péricardite.
Le Foie est dur, petit, irrégulier, clouté ; il est atteint de cirrhose atrophique typique.
La Rate estvolumineuse, entourée de fausses membranes scléreuses.
Les Reins sont congestionnés ; se laissent aisément décortiquer ; leur parenchyme est le siège de granulations grises.
Les Capsules surrénales sont de dimensions normales, mais parsemées de fines granulations uniliaires.
Pas de tuberculose génitale ou péritonéale.
Recherches de laboratoire. — Une seule ponction lombaire a été pratiquée chez cet homme.
Ponction lombaire. — 12 août 1905. Douzième jour de la maladie.
Position : assise.
Quantité : 10 centimètres cubes.
Ecoulement : en jet très puissant.
Couleur : incolore, eau de roche.
Limpidité : parfaite.
Fibrine : coagulum important.
Nombre total des éléments blancs : 19.600.000.
20 Pourcentage.
Lymphocytes. . . . TE ee + NRA Dr:
Grands éléments An uelces Tee SLT rare 4.
DOM IEALTOS CPE VD me ei Lee eu Lee 98
Presque tous les éléments sont en voie de destruction.
Recherche du bacille de Koch. — Positive ; on a vu un amas formé de sept bacilles de Koch.
Inoculations. — Deux cobayes reçoivent dans le péritoine : le premier cinq centimètres cubes de liquide céphalo-rachidien centrifugé pendant deux heures à la turbine à eau, le second le culot de centrifugation de ce liquide.
Sacrifiés l’un et l’autre au bout d’un mois, le cobaye n° r (liquide centrifugé) est manifestement atteint de tuberculose expérimentale ; le cobaye n° 2 (culot) est absolument sain.
ObservationIiX. — Méningite tuberculeuse. Forme comateuse. Tuberculose ostéo-articulaire et tubercule cérébral primitifs. Forme anatomique purulente et congestive. Lymphocytose prédominante. — G.., 4o ans, cordonnier, est amené à l'hôpital Cochin, le 11 août 1905 et reçu. salle Strauss, lit n° 7, dans le service de M. Chauffard.
Les seuls renseignements qu’on puisse obtenir sont les suivants : il est dans le coma depuis la veille, mais il souffrait de la tête et se sentait mal entrain depuis une huitaine de Jours.
donnent l'intelligence, est complètement abolie, la sensibilité très émoussée. La respiration est stertoreuse, "mais sans Cheyne-stokes ni pauses. L’ auscultation, rendue difficile par les or naons rachi diennes (cyphose lombo-dorsale à grande courbure, scoliose lombaire à concavité gauche), ne permet d'entendre aucun bruit adventice pulmonaire. Il n’y 2 rien au cœur.
Le malade ne vomit pas ; il n’a pas eu de Rs depuis son entrée ; son ventre est rétracté, creusé en bateau.
Le sondage de la vessie permet de retirer 200 centimètres cubes d’une urine forte en couleur, limpide, ne contenant ni albumine, ni sucre.
Le membre supérieur droit est frappé de paralysie flasque, pas de contracture, la nuque n’est pas raide. Il est imposible de rechercher le Kernig, le malade ayant une ankylose de la hanche gauche, due sans doute à une ancienne coxalgie.
Les pupilles sont égales, plus dilatées qu'à l’état normal.
La température très élevée atteint 4o°5 ; le pouls dur, régulier, bat 120 fois par minute.
Le 12 août 1905. — Le malade meurt à 7 heures du matin.
Autopsie. — 13 août 1905. 28 heures après la mort.
Encéphale. Base du cerveau : néant.
Hémisphère droit. — Suffusions hémorragiques diffuses, et non disposées par plaques, sur toute la face externe. A la face interne on ne constate qu’un peu d’œdème à la partie supérieure.
Sur la face interne de l’hémisphère gauche on trouve une dépression dans laquelle s’est enchâtonné un tubercule cérébral caséeux de la grosseur d’un pois, facilement énucléable.
Sur la face externe, il ya, outre des suffusions hémorragiques moins marquées que sur l'hémisphère droit, des traînées blanchâtres légèrement caséeuses, longeant les vaisseaux.
Le cervelet, les pédoncules, le bulbe, la protubérance sont sains.
Il n’y a aucune altération de la moelle ou de ses enveloppes.
Les substances cérébrale et médullaire u’offrent à l’œil nu aucune altération visible.
Les poumons présentent seulement des lésions très développées d’emphysème pulmonaire.
Il n’y a rien au cœur.
La foie est légèrement cardiaque.
La rate, les reins, les capsules surrénales sont sains.
Il n’y a pas de tuberculose intestinale ou péritonéale.
On ne trouve nulle part d’abcès froid, pas de carie vertébrale.
Recherches de laboratoire. — On a pratiqué chez ce malade une seule ponction lombaire.
Ponction lombaire. — 11 août 1905. ? jour de la maladie.
Position : assise. , ; Quantité : 15 centimètres cubes.
Ecoulement : en jet.
Couleur : légèrement ambré
Limpidité : parfaite.
ET MÉNINGITE 1 UBERCULEUSE 135
Fibrine : n’a pu être recherchée par suite de la brisure du tube contenant le liquide. , A: n’a pu être évalué pour les mêmes raisons, Cytologie. — 19 Numération.
Globules rouges : 91 par mme.
Globules blancs : 20 par mme.
Nombre total des éléments blancs : 1.400.000.
2° Pourcentage.
VE phocytes =," EL 2700010: Grands éléments titre = A Me MT 2,6.
BOPATCRA RES NE TE OURS UNE Le 1,6.
Grosses altérations cellulaires.
Recherche du bacille de Koch. — Négative,meslgré un examen attentif et complet.
La recherche des autres microbes est également négative.
Inoculations. — Les inoculations n’ont pas été faites. Le liquide ayant été égaré. ,
Observation X. — Méningite Pabererleuse Forme épileptique. Forme anatomique purulente en plaques. Tuberculose pulmonaire primitive. — Polynucléose prédominante. — L..., Hélène, 32 ans, repasseuse entre à l'hôpital Cochin le 7 septembre 1905, salle Delpeucb, lit n° 10, dans le service de M. Chauffard.
Depuis 2 ans, elle a commencé à tousser et à maigrir, elle n’a jamais eu d’hémoptysie. L'an dernier, en décembre 1904, elle a été opérée d’appendicite à Cochin, où elle est restée en traitement pendant 2 mois. Depuis sa sortie de l’hôpital elle n'a plus travaillé ; son amaigrissement s’est accentué tous les jours ; les quintes de toux sont devenues plus fréquentes, provoquant souvent des vomissements alimentaires. Elle entre aujourd'hui à l'hôpital parce qu’elle se sent très fatiguée, à bout de forces. Ses antécédents héréditaires sont excellents ; son mari est bien portant : elle a une fille de 13 ans en parfaite santé. C’est une femme très amaigrie, d'aspect presque cachectique. Elle est en proie à une dyspnée vive, dont l’auscultation pulmonaire donne l’explication, en révélant l'existence d'une infiltration tuberculeuse diffuse des 2 poumons. Il n’y a rien au cœur. Les urines sont foncées, rares, mais non albumineuses ; elles ne renferment pas de sucre. L'appétit est nul ; le ventre est retracté mais pas douloureux. Il n'existe aucun phénomène nerveux. su
Il n’y a pas de température. Le pouls est légèrement accéléré : à 86.
Dans l’après-midi du 7, la malade vomit Doc après une
quinte de toux.
Le 8 septembre elle se plaint de souffrir violemment de la tête; la douleur diffuse est plus marquée au niveau de la région auriculaire droite.
Aucun phénomène général.
Le 9 septembre. — La céphalée a disparu, mais les douleurs d'oreille sont plus violentes.
Dans la soirée un écoulement purulent se fait par le conduit auditif externe droit.
Le 10 septembre. — Mème état, la température s'élève, elle atteint le soir 39°.
Le 11, la céphalée réapparaît : la suppuration de l’oreille est toujours abondante.
Pendant la nuit la malade est prise d’une crise épileptiforme généralisée : après un cri initial, la perte de connaissance est absolue, les membres supérieurs et inférieurs sont atteints de contractions d’abord toniques, puis cloniques, la face est violacée et grimaçante. La crise dure une dizaine de minutes, une période de stertor lui succède.
Le 12 septembre 1905. — La malade a, vers 9 heures du matin, une crise semblable à celle de la nuit précédente. Après un cri initial, ses membres, d'abord atteints de convülsions toniques de courte durée, sont agités de mouvements cloniques prédominant nettement du côté gauche. Non seulement les membres sont pris, mais la face l’est également, la bouche est fortement déviée vers la gauche, les yeux regardent également ce côté du corps. Pendant toute la crise, dont la durée est de cinq minutes environ, les dents grincent, et une écume sanglante mouille les lèvres ; la figure est violacée, les pupilles sont très dilatées, insensibles à la lumière. A la fin de l'accès la respiration redevient stertoreuse, et la malade reste dans une sorte de torpeur intellectuelle ; elle ne paraît pas comprendre les questions qu’on lui pose. Elle ne semble pas avoir de paralysie du côté gauche.
Les urines sont perdues pendant les crises. La température est le matin de 37°8, le soir de 3604;
Dans la nuit du 12 au 13 sept crises convulsives se succèdent à intervalles irréguliers.
Le 13 septembre. — Les accès convulsifs sont subintrants et! l’état général est des plus mauvais. La température reste toujours basse à 370, mais le pouls est très rapide, très faible, incomptable. L’oreille droite suppure toujours abondamment.
Pendant toute la journée les convulsions n’ont pas cessé, ou quelques minutes seulement.
Le 14 septembre 1905. — Bien que la température atteigne 38°8, l’état semble meilleur. Les crises qui ont duré encore toute la nuit
précédente ont cessé, mais il persiste des contractures des petits muscles faciaux du côté gauche et des muscles du cou du même côté ; la tête est tournée vers la gauche, et ne peut être redressée. Il existe par instants du mâchonnement. L'intelligence semble un peu revenue ; et, malgré de longues périodes d'absence complète de l’entendement, on peut obtenir quelques réponses de la malade,
Le pouls très rapide bat 152 fois par minute : il est plus ample et plus facilement perceptible que la veille.
Le soir : il n’y a aucun nouveau phénomène. La fièvre est revenue à 37°; le pouls reste rapide, régulier.
Le 15 septembre. — Mort à 7 heures du matin.
Autopsie. — 16 septembre. 26 heures après la mort.
Encéphale. — Sur l'hémisphère droitexiste, le long des vaisseaux, au niveau des première et deuxième pariétales, une plaque de méningite purulente, au-dessous de laquelle on trouve la substance cérébrale ramollie. Le ramollissement, jeune encore, est rouge ; il dépasse en profondeur l'étendue de la couche grise de l’écorce.
On voit autour de cette plaque, principalement à sa partie supérieure, quelques granulations jaunes isolées.
À la partie interne de l’hémisphère, sur le lobule quadrilatère, on remarque également deux ou trois granulations jaunes.
Sur l'hémisphère gauche il n’y a comme lésions que quelques plaques hémorragiques distribuées le long des vaisseaux et non diffuses en nappe.
La base du cerveau n’est le siège d'aucune production pathologique.
Le cervelet, l’isthme de l'encéphale sont normaux.
Sur la dure-mère qui recouvre le rocher du côté droit existe un tubercule crétacé, gros comme un pois, en voie de résorption. A ce niveau on ne trouve aucune fissure, pas de carie, pouvant expliquer la propagation aux méninges d’une lésion de l’oreille moyenne.
La moelle est absolument saine.
Le poumon droit est creusé à son sommet de trois cavernes volumineuses ; le reste de son parenchyme est farci de granulations miliaires. Il existe un peu de pleurésie sèche récente à la base.
Le poumon gauche présente des lésions analogues, mais moins avancées ; il n’y a qu'une seule caverne au sommet. Pas de pleurésie à la base ; mais la même infiltration granulique diffuse.
Le Cœur et le Péricarde sont normaux.
Le Foie faiblement hypertrophié, est un peu muscade.
La Rate a son volume, sa consistance, son aspect normaux.
Les Reins et les Capsules surrénales, le Péritoine et l'Intestin ne sont le siège d’aucune lésion.
Recherches de laboratoire. — On a pratiqué chez cette malade une seule ponction lombaire.
Ponction lombaire. — 13 septembre 1905. Sixième jour de la malade.
Position : assise, Ecoulement : en jet. Couleur : incolore, eau de roche.
Fibrine. A : n’ont pu être recherchés, le liquide ayant été employé en totalité pour les inoculations.
Cytologie. — 1° Numération.
Globules rouges : 18 par mme.
Globules blancs : 16 par mmc.
Nombre total des éléments blancs : 1.120.000. 20 Pourcentage.
Lymphocytes te rss MR Et T0 Grands éléments uninucléés. . . . . . 6 Polyauciéairés net LAUSPANTES TRS 60
Altérations cellulaires accentuées mais moins marquées que dans la plupart des cas de méningite.
Recherche du bacille de Koch. — Positive. On trouve des bacilles ,en grande quantité par amas, de 10, 20 ou 30. Sur la préparation on a compté une centaine de bacilles environ.
Inoculations. — Trois cobayes ont été inoculés dans le péritoine avec le liquide céphalo-rachidien de cette malade.
Le cobaye n° 1 qui avait reçu 2 ce. de liquide nature a été sacrifié au bout d’un mois et trouvé tuberculeux.
Les deux autres injectés l’un avec 2 cc. 1/2 de liquide filtré à la bougie Berkefeld, l’autre avec 2 ce. 1/2 de liquide filtré de la même façon puis portés pendant 55 minutes à 45°, sacrifiés le même pour que le témoin étaient absolument sains, indemnes de la moindre lésion de tuberculose expérimentale.
Observation XI. — Méningite tuberculeuse : forme classique. Tuberculose primitive inconnue. Formule cytologique variable. — Ba... Julienne, 16 ans, cartonnière, entre à l’hôpital Cochin le 31 août 1909, salle Delpeuch, lit n° 2, dans le service de M. Chauffard.
Elle a toute sa connaissance et fournit elle-même, sur l’histoire de sa maladie, les renseignements suivants : souffrant déjà depuis plusieurs mois de la tête, elle a vu sa céphalée augmenter d'intensité depuis 5 jours ; en même temps apparaissaient des douleurs violentes
dans la nuque, le dos et les reins. Elle n’a jamais eu de vomissements ni de constipation. Son médecin ayant prescrit de grands bains chauds, elle vient à l'hôpital, ne pouvant les prendre chez elle. Ses antécédents héréditaires sont excellents ; elle a eu la rougeole à 4 ans ; pas d’autre maladie. Actuellement, outre la céphalée, le symptôme dominant est la contracture des muscles de la nuque et du tronc ; la malade est absolument soudée et les moindres mouvements qu’on lui fait faire dans sonlit lui arrachent des cris. Le signe de Kernig existe dans toute sa pureté.
Il n’y a aucun autre symptômeméningé, que ceux que nous venons d'énumérer : pas de photophobie, aucun signe du côté des pupilles.
L'auscultation des poumons et du cœur révèle la parfaite intégrité de ces organes. Le ventre n’est ni ballonné, ni retracté en bateau.
Les urines ne contiennent ni sucre, ni albumine. La température est à 39°2 ; le pouls régulier à 64 par minute.
. Le rer septembre 1905. — L'état est sensiblement le même. La connaissance est toujours bien conservée, le signe de Kernig garde la même netteté, on trouve la vraie méningitique.
La température est à 38,8. Le pouls bien frappé régulier bat à 64.
Dans l'après-midi : premier vomissement alimentaire.
Le 2 seplembre 1 905. — Les symptômes persistent les mêmes que les jours précédents ; mais l’abattement progresse, et la malade n’est plus aussi présente.
* Les urines normales comme qualité, atteignent r litre 1/2.
La fièvre est à 38° ; il y a 60 pulsations régulières par minute.
Dans la soirée, la malade se plaint de voir double, et dit que sa vue diminue par instants. Elle s’agite toutes les heures davantage ; et le délire devenant de plus en plus violent, on l'isole dans une chambre.
Le 3 septembre. — Le délire n’a pas cessé. On note du côté des yeux de nouveaux symptômes : la diplopie, et par moments l’amblyopie, sont des troubles dont la malade se plaint pendant les périodes de lucidité relative. On constate que le moteur oculaire externe de l’œil gauche est paralysé, et qu'ilexiste par instants du nystagmus. Les pupilles sont presque insensibles : iln’y a pas de photophobie.
L'’amaigrissement s’accentue.
La température est à 3806, le pouls atteint 68.
Le septembre. —Unétat destupeuret de prostration a succédé à l’agitation des jours précédents. Les mêmes troubles oculaires persistent. I y ade temps en temps des secousses musculaires dans les membres.
La fièvre atteint 3802, le pouls bat 72 fois par minute, il est bien frappé, non intermittent.
Le 9 septembre. — Aucun phénomène nouveau n’est venu changer le tableau clinique présenté par cette malade. Depuis plusieurs jours elle est dans un état de torpeur voisin du coma.
Sa température oscille autour de 38°. Son pouls, toujours régulier, s’est peu à peu élevé de 60 à r00 pulsations par minute.
Aujourd’hui cette femme est complètement absente, en proie à une dyspnée violente, stertoreuse, avec battement des ailes du nez. L’auscultation pulmonaire n’explique pas cette oppression, il ya 42 inspirations par minute.,
Les lèvres sont sèches, fuligineuses.
Le pouls est monté à 120 par minute; la fièvre est toujours de 380.
Le 10 septembre. — Le malade meurt à 6heures du soir, sans avoir présenté de nouveau symptôme.
Autopsie. — A été refusée par la famille.
Recherches de laboratoire. — On a fait à cette malade trois ponctions lombaires.
re Ponction RS — 6 septembre 1906. Douzième jour de la maladie.
Position : assise.
Quantité : 8 centimètres cubes.
Ecoulement : en Jet.
Couleur : eau de roche.
Limpidité : parfaite.
Fibrine : coagulum fibrineux très faible.
Cytologqie. — 1° Numération. | - N'a pu être faite, le liquide nous ayant été donné plus de 12 heu-
res après la ponction.
2° Pourcentage.
Lymphocytes . . . ST TO SIE ER TOR 07 Polnucléairest, eee OR Re
Eléments très altérés, en voie de destruction. Recherche du bacille de Koch. — Positive.
On à vu après examen succcssif de trois préparations un seul bacille de Koch, court et trapu, mais très net. 2€ Ponction lombaire. — 7 septembre 1905. Treizième jour de la maladie.
Position : assise.
Quantité : 10 centimètres cubes.
Ecoulement : goutte à goutte.
Couleur : blanchâtre, eau de roche après centrifugation. Limpidité : légèrement trouble.
Fibrine : coagulum fibrineux peu marqué.
Cytologqie. — 1° Numération.
Globules rouges : 157 par mme.
Globules blancs : 714 par mme.
Nombre total des éléments blancs : 49.980.000. 2° Pourcentage.