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ses opinions déclarées », op. cit. (Guitton), c’est par l'analyse médicale du psychisme et de la vie du philosophe faite parallèlement à l'étude de ses œuvres. Les refus, les partis-pris, dont on parle, ont leur raison véritable dans les habitudes, dans les préjugés, mais aussi dans des chocs psychiques dont l’âme n’est pas arrivée à se débarrasser. Toute proportion gardée, il y a des ressemblances entre ces évictions intellectuelles et les mécanismes hyponoïques et hypobouliques des hystériques. C’est un processus de défense qui élimine de la conscience toutes les causes de souvenirs douloureux. D’ailleurs ces processus de négation irrationnelle, ces refoulements sont une manière de réagir normale et souvent bienfaisante. « Ils impliquent une cicatrisation psychique nécessaire et bienfaisante qu’on doit plutôt se garder de troubler. » (Manuel théorique et pratique de Psychologie médicale de Kretshmer, 478).
Mais, ils n’en sont pas moins des obstacles au libre jeu de l’activité intellectuelle, des limites à la valeur des affirmations qu’ils favorisent. La connaissance qu’on en peut avoir permet d'apprécier cette valeur et de comprendre la direction de la pensée. Suffisante, elle éclairerait toutes les obscurités et toutes les contradictions, elle trancherait les débats avec certitude.
Est-ce possible à l’occasion de Plotin ? Non. Car, nous savons peu de choses sur cet homme secret qui « rougissait d’être en un corps » (1). Porphyre, son
) Vie de Plotin.
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ami, a écrit brièvement sa biographie. Mais Porphyre n’est resté avec Plotin que cinq années, entre la cinquante-huitième et la soixante-troisième année de la vie du philosophe et il n’a consigné ses souvenirs que trente ans après. Suidas nous laisse seulement l’indication du lieu où Plotin est né. Quant aux Ennéades, elles ne sont jamais directement personnelles et le ton des traités vise à une abstraction où la personnalité du maitre n’intervient pas.
Cependant, le court récit de Porphyre mérite un grand crédit pour les traits qu’il rapporte. L’auteur était l’ami et le confident de Plotin et les détails qu’il a entendus de son maître déjà vieillissant sont certainement des événements saillants de cette vie, puisque ils demeuraient dans la mémoire de ce sexagénaire oublieux de lui-même. Chacun mérite d’être accepté et analysé.
Les Ennéades, d’autre part, malgré leur attitude uniquement métaphysique, nous présentent l’œuvre dè sa vie où transparaissent ses défauts, ses expériences et surtout le bonheur qu’il conçoit comme uniquement possible. ;
Nous possédons ainsi des notions sur le tempérament et les circonstances de la vie de Plotin. Nous avons une œuvre dont les erreurs et les qualités vienrent en partie de ces deux sortes de causes. Peut-être sera-t-il possible, grâce à ces voies convergentes, depénétrer jusqu’à la mentalité de Plotin?