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Un vol. gr. in-18, iliez Charpenlic-r

M. EDMOND DE GONr.OURT l'il

n'est piquant dans cette fange) du livre do M. de Goncourt. Aussi ne nous y arrêterons-nous pas longtemps.

A la prétention affichée et signalée plus haut d'avoir écrit une étude scientifique, appuyée sur les rapports de deux médecins qu'il nomme, M. de Goncourt ajoute celle d'avoir obéi à « un sentiment de curiosité intellectuelle et de commisération pour les misères humaines ».

Dans tous les cas, c'est un sentiment de curiosité malsaine, et qui rend la lecture de son livre absolument impossible à haute voix. On n'y retrouve pas non plus ce sentiment de pitié que l'auteur prétend avoir eu pour les misères dont il parle. Il n'a fait, comme il le dit, qu'un livre de curiosité, — de cette curiosité dont il se pare, et qui est un des tics de l'école morbide à laquelle il appartient, — un dernier vestige de ce petit clan romantique de la rue du Doyenné où l'on affectait de lire le dimanche les œuvres du m^arquis de Sade. On croyait s'y élever ainsi fort au-dessus de l'humanité.

Les deux frères de Goncourt (dont l'aîné est seul survivant) sont des dassiqx'.es dans leur genre ; ils le sont de toute cette génération qui les a précédés et qu'ils ont prise tout de suite au sérieux en entrant dcins la littérature. Ils sortent de leur élément quand ils signent des romans de barrière, tels que la Fille Élisa. Ils ont voulu encore une fois mentir à leur nature, et ils eu

sont punis. Le Tintamarre les a châtiés l'autre semaine par une ignoble parodie.

Leur tempérament d'écrivain n'allait pas jusqu'à la passion. Ils ont donné un jour une Vie de Marie-Antoinette, qui les fit passer pour plus royalistes qu'ils n'étaient, jusqu'au moment où la princesse Mathilde les prit en grande amitié, leur envoj-a des cadeaux, comme elle faisait à tous ses amis, et les convia souvent à Saint-Gratien.

Sainte-Beuve aussi les aimait tendrement à cause de leur gentillesse et de leurs prévenances ; mais il renonça, en 1869, à un article qu'il préparait sur l'un de leurs livres, Madame Gervaisaù, parce qu'un mot, échappé au plus jeune sur les observations quïl leur avait faites à propos de ce livre, lui avait été répété. Il aurait écrit, à l'occasion de ce roman, où l'on retrouvait le procédé habituel et les défauts des Concourt, une grande étude dans laquelle il aurait embrassé tout le roman moderne, — ce genre libre, mais qui pourtant a ses règles qui doivent être au moins celles du bon sens et de Thonnêteté.

M. Edmond de Goncourt, en publiant la Fille Elisa^ qu'il a signé seul, a traité un peu trop la société comme ce philosophe qui tenait certains propos devant des femmes à qui il avait dit que leur honnêteté leur permettait de tout entendre. « Vous nous traitez un peu trop en honnêtes femmes » , lui dirent-elles à un moment en lui imposant silence.

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