OUYERTURE DU MUSÉE DE SÈVRES
POTERIE MÉRIDIONALE. — M. CHAMPFLEURY. — LE CHAST DES POTIERS, PAR M. AUGUSTE FOURÉS.
Puisque l'hiver nous ménage cette année de douces surprises, profitons d'une de ces belles matinées, qui sont toujours l'automne et qui ne sont pas encore le printemps, pour aller visiter non plus dans Sèvres même, mais à l'entrée du parc de Saint-Gloud, sur la route de Versailles, la nouvelle manufacture de porcelaine, inaugurée dernièrement en présence de M. le Président de la République. Tous les journaux ont raconté les détails de cette cérémonie, et il est déjà bien tard pour y revenir. M. Gambetta y fut présenté officiellement au maréchal par M. Waddington, en sa qualité de président de la Commission du budget. On rappelait à ce propos un vers de Voltaire à François de Neufchâteau :
Et j'aime en vous mon héritier ; mais d'abord il n"est pas toujours vrai qu'on aime
sou héritier, et puis le maréchal n'est pas bavard et ne ferait pas de ces plaisanteries risquées. C'est de la pure impertinence de chroniqueur.
Parlons céramique. Le nouveau musée est organisé par M. Cliampfleury, dont on connaît les aptitudes (au point qu'on oublie en lui le romancier pour ne plus voir que l'amateur de faïences et autres produits de même nature) ; — le nouveau musée, dis-je, présente cet avantage sur l'ancien (celui de la vieille manufacture désormais abandonnée), que rien n'y est entassé ; tout s'y trouve à une place commode, bien en relief, séparé des autres pièces. L'aménagement est parfait; il dénote un esprit d'ordre et de méthode qui ne nous a point étonné, nous en particulier, qui avons fait autrefois un petit apprentissage de notions céramiques sous la direction et dans les mains du même maître, — du célèbre et spirituel auteur du Violon de fa/ience. Nous aidions en ce temps-là à placer les assiettes sur les étagères où cet esprit analytique et précis, qui préludait alors à une rare et intéressante collection privée, réunissait les matériaux dont il a tiré plus tard son beau livre : Histoire des faïences fatriotiques sons la RévohUion. Ce sont des souvenirs qui nous seront toujours chers et précieux.
A un point de vue philosophique et justifié par les documents, Thisloirc de la céramique est aussi celle de l'humanité, aussi loin que l'on peut remonter dans les âges anciens et chez les diffé-