SCÈNE II
VINCENT
Entrez... (Frédéric Swiatobor entre, trenteou plus, beau garçon, élégant, habillé
Entrez... (Frédéric bwiatobor en deux ans ou plus, beau garçon, élégt à la dernière mode.) Ah ! c'est toi !...
(Swiatobor enlève rapidement son manteau qu'il accroche, dépose son chapeau sur une chaise près de la porte, baise la main d'Irène et dit bonjour à Vincent.)
Je vous demande pardon de venir d'aussi bonne heure, je craignais de vous réveiller, madame...
IRÈNE
Quelle idée!... Oh! non, depuis longtemps nous nous racontons, Vico et moi, ce que nous avons rêvé cette nuit.
SWIATOBOR
Une agréable distraction, mon Dieu... Pour ce qui est de mes songes, personne ne veut les écouter.
IRÈNE
Si tous les rêves des hommes étaient aussi intéressants...
SWIATOBOR
Il faudrait les comparer... (A Vincent.) Sais-tu, Vico, que je ne t'apporte pas une bonne nouvelle?
VINCENT
Qu'y a-t-il de nouveau, dis?...
SWIATOBOR
Tu dois rejoindre l'armée.
VINCENT
Vraiment?
SWIATOBOR
L'avis officiel est affiché en ville.
Vincent, à Irène.
Tes vœux, Irénette, sont exaucés... (Irène l'étreint et l'embrasse sur les joues.) Comment vas-tu rester toute seule ici?... Que feras- tu?
swiatobor, ironique.
Là où tu es, Caïus, tu te trouves aussi, Caïa !...
IRÈNE
Ne crains rien pour moi, mon cher Vico !... tout ira bien ; pourvu qu'il entre un tout petit peu d'argent dans mon escarcelle vide, tu verras comme, avec quelques sous, je saurais bien m'arranger et penser à toi...
VINCENT
Je te remercie, tu me tranquillises!... (A Frédéric.) Est-ce que la convocation porte la date à laquelle je dois me présenter !
SWIATOBOR
Mais, tout de suite !
VINCENT
Immédiatement !
SWIATOBOR
Oui, immédiatement !... Du reste, sors et va lire toi-même l'affiche. Il me semble, d'après ce que j'ai compris, que tu dois te présenter sans retard. Je me trompe peut-être...
Vincent, avec énervement.
J'y vais et je verrai de mes propres yeux...
(Il prend en passant son pardessus au portemanteau, son chapeau et sa canne, puis sort sans dire au revoir.)