‹ Plus blanc que neigeChapitre 6 sur 32 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

(Vincent entre.)

Ah ! te voilà, et l'inondation?

Vincent, excité et comme hors de lui-même, La crue monte...

RUDOMSKA

Et le fossé de Joachim sert-il à quelque chose?

VINCENT

Il n'y a pas de doute, ce fossé absorbe le tropplein. J'en viens...

RUDOMSKA

Alors, il est à élargir davantage.

VINCENT

C'est ce que j'ai ordonné... Le sol y est ferme, c'est une côte, il n'y a donc pas à craindre que le trou s'élargisse.

HÉLÈNE

Pourrais- je aller voir.

VINCENT

Je t'y emmènerais volontiers... mais dans un moment, car il vient de recommencer à pleuvoir.

RUDOMSKA

Ah ! mais, il faut sans perdre un instant envoyer quelqu'un avec des cordes et une paire de chevaux au-devant de M. Olelkowich. Qui sait ce qui pourra lui arriver?...

VINCENT

J'y ai précisément songé, et je suis revenu avec l'intention de vous soumettre une proposition, ne sachant pas si vous l'approuveriez. Je pense que Joachim et le garçon meunier devraient tous deux aller à cheval à sa rencontre. Ils connaissent l'un et l'autre parfaitement les eaux, les chemins, les lits des deux rivières et la contrée...

RUDOMSKA

N'as-tu pas de crainte pour la digue en l'absence de Joachim?

VINCENT

Maintenant, il n'y a plus rien à craindre. Tout a été prévu et exécuté à merveille. Et si l'écluse venait à être arrachée... Joachim, même présent, ne pourrait rien faire...

RUDOMSKA

Ne parle pas ainsi... Dieu nous protège d'un tel malheur !...

VINCENT

Du reste, il reviendra bientôt... Dans une heure au plus.

RUDOMSKA

Alors, transmets-lui mon ordre, car il n'aime que ce qui est fait dans les formes, dis-lui que madame la maîtresse lui a ordonné de prendre les deux chevaux de fatigue bais, le garçon meunier, des cordes, de solides perches et qu'il se mette immédiatement en route. Dis-lui encore qu'il peut, s'il le veut, emmener en plus un journalier.

Le mieux serait d'emmener le garçon du moulin...

RUDOMSKA

Dieu, pourvu qu'ils se mettent en route le plus vite possible. (Vincent fait un pas vers la porte.) Mais, écoute encore, toi, tu dois rester à proximité de la digue et du moulin et veiller sur la digue et sur la crue... si parfois quelque chose...

Vincent, fermant précipitamment la porte derrière lui.

Bien entendu ! bien entendu !

Hélène, derrière lui.

Avec une telle pluie...

Vincent, derrière la porte.

Je prends mon imperméable...

Page 1