RÉSUMÉ
On comprend que je pourrais écrire plusieurs volumes sans avoir épuisé» les ma« tières abordées dans ce court écrit; mais mon but n*est pas ici de résoudre le grand problème financier dans toutes ses parties. J'ai voulu seulement montrer la possibilité des solutions et provoquer les réflexions de tous sur les iniquités du système actuel. Je résume toute ma pensée en quelques mots.
La répartition actuelle des impôts est contraire à Fégalité et â la justice ; en ce qui toucbe la plupart des contributions indirectes, elle est monstrueuse ; il faut qu'elle soit changée.
Il faut d'autre part que l'Etat soit largement pourvu de ressources pour entretenir tous4es services publics, à la bonne tenue desquels tous les citoyens sont intéressés.
Mais l'Etat doit prendre de Targent où il y en a , et ne pas prélever ses recettes sur la. vie même des citoyens; et c'est ce qu'il fait toutes les rois qu'il frappe d'un impôt les objets de consommation de première nécessiCé, les aliments, les vêtements tijusqu'à l'air que l'on respire.
L'Etat trouvera ses ressources :
4» Dans l'organisation du crédit. Des hommes qui ont étudié à fond la matièrt vont jusqu'à penser que, tout en réduisant beaucoup le taux de l'intérêt, les droits de change et de commission , etcT , c'est-à-dire en mettant le crédit à la portée de tous et notamment des cultivateurs que l'usure dévore aujourd'hui , les recettes qui proviendraient de cette source suffiraient à l'alimentation du budget. Sans partager cette croyance on peut affirmer néanmoins que le bénéfice des banques nationales dépasserait 4 ft milliard ;
^ Dans l'organisation unitaire des assurances, comprenant les risques de tous genres , et présentant aux assurés, avec une économie notable dans les primes, la sîécurité là plus entière. Les valeurs assurables de la France sont évaluées à 278 milliards. Mettons 250. Une prime de ^ pour mille donnerait 250 millions. La moyenne annuelle des sinistres de tous genres n'atteint pas en France la moitié de cette somme ;
Z^ Dans le revenu des chemins de fer, des canaux , des postes , en un mot de l'industrie générale des transpocts que l'administration publique peut seule purger de toutes les exactions commises par les compagnies particulières, et dans l'exploitation dos mines. - . * .
Dans le cas, très-admissible, où les deux premiers chapitres donneraient des ressources suffisantes, l'Etat réduirait les tarifs de transports de manière à couvrir seulement les frais d'exploitation.
40 Enfin, dans le cas , peu probable, où l'ensemble de toutes les recettes précédentes ne suffiraient pas , on aurait recours à l'impôt progressif sur le revenu , auquel on nedemapderait que le complément nécessaire pour équilibrer les dépenses.
IJe suis convaincu quQ dans cette voie seulement, on trouvera la justice, la vérité et la richesse pour l'État, richesse qui sera bénie de tous, parce qu'elle sera employée au bénéfice de tous, et qu'elle n'aura provoqué ni larmes ni imprécations ; car en échanse de chaque paiement, le contribuable aura retiré une satisfaction, un avantage équivalent ou supérieur à la somme qu'il aura dépensée.
En présence de ce qui se passe aujourd'hui, de pareils résultats doivent sembler' chimériques, impossibles ; mais avant de se prononcer, que le lecteur veuille bien revoir une à u^ et en y réfléchissaat les différentes propositions émisés dans le cours de cet écrit. Il se convaincra quela grande dilliculté ne gît pas dans leur réalisation, mais dans la résistance aveugle, mspirée par la routine à ceux qui, prenant l'asirenir pour un abîme, sont saisis de terreur à la seule idée de faire un pas en avant. Il faut pourtant bien qu'ils se décident à laisser passer l'humanité, car la grande voix de Dieu lui crie sans relâche ; marcqe ! mabchb ! et rien ne peut arrêter le mouvement providentiel qui l'emporte vers l'accomplissement de ses destinées.