ÉPILOGUE, A PROPOS DES ÉLECTIONS
Dans quelques semaines, les élections générales vont s'ouvrir.
Électeurs qui aimez votre pays, qui voulez la France grande et glorieuse entre toutes les nations, riche et prospère à l'intérieur, qui voulez surtout Tordre et la sécurité en Tabsence desquels il n'y a plus ni circulation ni création de richesses, sachez distinguer ceux qui veulent sincèrement le bien général, le bonheur pour tous, même pour leurs ennemis, de ces hommes pétrifiés dans Tégoïsme, étemels souteneurs de tous les privilèges, qui reculent par touslesmoyens possibles rémancipation définitive du peuple, du vrai peuple, de celui qui travaille ^t qui produit.
Rappelez-vous que ces hommes, qui ont tenu si longtemps le pouvoir, n'ont su que provoquer les révolutions dont vos intérêts ont eu tant à souffrir ; car il ne faut pas s'y méprendre, c'est aux gouvernants qui se font renverser et non à ceux qui les renversent que remonte la responsabilité des révolutions. Quand un mattro chasse un serviteur infidèle, ce n'est pas le maître qui est Violent, c'est le serviteur qui est coupable. Le maître, c'est le peuple; les serviteurs, ce sont ceux à qui il délègue l'exercice de sa souveraineté.
Aujourd'hui, vous voyez tous ces hommes, de quelle que part ilsviennentjinonarehistes de toutes les couleurs, se coaliseï: autour d'un drapeau menteur, sur lequel wx seul mot est écrit : oanAB I
C'est un beau moi; c'est une noble devise ; mais pour eux, de quel Ordrt s'agitil? Toujours, Comme au temps de M. de Polignac, comme au temps de M. Guizot, de l'Ordre basé sur la compression. Or, la compression, ne l'oubliez pas, amena inévitablement les explosions.
Ces hommes, — lisez leurs programmer, — ne prononcent même pas le nom de la République, qu'ils veulent renverser. Et comment la renverseront-ils? par unt Révolution;
Et croyez-vous qu'alors tout serait fini? Non : il se préparerait une nouvelle révolution pour rétablir la République, «seule forme de gouvernement compatible avec la dignité d'un peuple qui se sent vivre.
Pensez-vous^qu'au milieu de tous ces changements il y aurait beaucoup d'Ordre dans le pays et de sécurité pour les intérêts de chacun ?
Ne vous contentez donc pas de cette formule banale : jb viux "L'oanaB. Qui done
oserait devant tous, se déclarer ennemi de Tordre? Mais exigez que Ton tous dise par qbels moyens on prétend l'organiser. Or, voici :
* ■'•'".■ L'oRDBE DANS i<E PATS est attaché à la conservation de la forme républicaine et du suffrage universel direct ; au maintien de la Constitution et à son dérdoppemeot dans le sens des intérêts de tous ; au respect de la liberté; au large développement de l'instruction publique, rendde gratuite, accessible à tous et obligatoire pour tous; — il tient encore à raugmentation de la richesse publique par le plus grand essor possible donné à ragritfulture et àTindustrie qui produisent toutes les richesses ; à la moralisâtion et à la régularisation du commerce ; en un mot à roRGANisATioN nu TKAYAii* qui, quoi qu'on vousen dise, estautre chose que les ateliers nationaux de M. Marie.
L'osBRE DANS l'asministration ET DANS LA JusTfGB réclame la simplificatien ^ » rouages dans Tune, et des formalités dans l'autre ; les garanties de cs^acité, dfavancement, de digm'té et d'indépendance pour les fonctionnaires ; la révision* (fes codes; la justice véritablement gratuite; Fabolitionde la contrainte par 'corps et la suppression complète de l'échafaud.
L^ORDRB DANS LES ARiiâEs ne S'obtiendra que par une récMrga&isation démocratl» que qui rendra au soldat la dignitédu citoyen, sauvegardeWr fÉgalilé par l'abolitio» du remplacement et la Liberté par Tabolition de la conscription.
L'oisRE uAm LES PiKAinsBp exige la répartition équitable des charges 4e l'impôt^ et la transformation complète des systèmes ûnanciers créés pour des époques daprivilèges par les privilégiés eux-mêmes. . , '
L'ordre dans Le monde, enfin, ne surgira que du respect des nationalités, de l'affranchissement et de la sainte alliance de tous les peuples. Il ne sera pleinement réalisé que le jour où d'un pôle à l'autre, de l'orient à l'occident, toutes les races embrasées par la sainte fiaoune de la fraternité, uniront leurs voix dans un accord sublime qui porterai jusqu'au pied du trône de Dieu, sefÀ roi de Tunivers,^ ce cri d» rédemption de l'hunamté :