‹ Plus près du pôleChapitre 109 sur 232 · FORÊT DE GLAÇONS · texte numérisé non relu

FORÊT DE GLAÇONS

lorsque nous étions entourés d’un troupeau de morses ivres de fureur ou qu’il avait fallu recevoir de pied ferme l'assaut d’un ours blessé.

Au cours de cette étape, de la suivante et d’une partie d’une autre encore, il nous fallut faire des efforts inouïs pour avancer pas à pas à travers cette interminable forêt de glaçons. Nous glissions sans cesse, et ces chutes répétées n’allaient pas sans nous infliger plus d’une meurtrissure douloureuse. J’eus lieu de regretter plus d’une fois la maigreur de mes jambes, et en arrivant au camp, ce n'est pas une exagération de dire que les mâchoires me faisaient mal à force de serrer les dents, lorsqu'il avait fallu faire un effort plus violent que les autres.

L'étape qui suivit celle où nous avions enfin franchi la limite de cette zone de séracs nous amena en vue des montagnes du Groenland, dont les cimes neigeuses surgirent à l'horizon à la grande satisfaction de mes hommes. L’un d’eux avait bien dit pendant que nous étions encore au nord du Grand Lac, qu'il apercevait du haut d’un monticule des nuages annonçant la proximité de la terre. Pour moi, je ne voyais rien du tout, et comme d’autre part ses camarades n’en étaient pas bien sûrs, je n’y avais pas trop fait attention. À présent il n’y avait plus à en douter, et, pour comble de bonheur, l’état de la glace devenait de plus en plus favorable. Nous ne rencontrions que peu de canaux; encore étaient-ils étroits et faciles à traverser. Au bout d’un certain temps, ils finirent même par dis-

s = w. — ee.

ER Se Sue demie

i, RER

Page 1