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NOUS REJOIGNONS CLARK

cuisine savante. Nous les mangeâmes crus, sans même un grain de sel!

Peu de temps avant d’avoir atteint le rivage, nous avions rencontré une piste de traîneau récente, parallèle au rivage et qui se dirigeait vers l’est. Je crus un instant que c'était peut-être un groupe venu du navire à notre recherche; un examen plus attentif ne tarda pas à me désabuser. Je compris que cela ne signifiait rien de tel. On distingue les traces de trois chiens légers attelés à un seul traîneau, suivi de quatre hommes, dont l’allure était lente et les pas irréguliers. Je pensai que ce devait être Marvin et ses hommes.

Aussitôt que nous eûmes pris quelques heures de sommeil, j'expédiai Oatah et Ahngodoblaho dans la direction de l’est, avec mission de suivre la piste et de s’assurer de ce que cela signifiait au juste. [ls revinrent le lendemain... avec Clark et ses trois Esquimaux.

Comme nous, ils avaient été entraînés vers l’est, et avaient abordé sur la côte du Groenland. Les hommes de Clark, tout comme les miens, en proie à l’idée fixe que la dérive les avait poussés vers l’ouest et qu'ils se trouvaient sur le revers de la terre de Grant, avaient voulu à toute force prendre la direction de l’est. Ils tournaient donc le dos au Roosevelt.

Mes deux hommes les avaient rejoints à quelques milles à l’est de notre camp dans ce qui, sans nous, aurait été leur dernier campement. Ils étaient en effet dans un état lamentable. Depuis quelques jours déjà ils n'avaient rien eu à manger que le cuir de leurs bottes de

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