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REGARD EN ARRIÈRE

Jusqu'à cinq milles environ du promontoire, les conditions furent à peu près les mêmes que dans la baie Markham. Deux rivières nous obligèrent à faire de grands détours. Ensuite nous eûmes trois ou quatre milles de marche très pénible, sur la banquise, enfin un mille peut-être d’icefoot. La pointe du cap était à peu près dans le même état qu’en 1902 : il fallait tous les chiens et nos efforts réunis à tous les trois pour faire avancer chaque traîneau.

Je me retournai, en arrivant à la pointe, pour jeter un dernier regard sur le cap Hécla. Debout sur la digue étroite de l’icefoot, je me rappelai la première fois que j'avais aperçu ce cap de ce même endroit, en avril 1902, et quels avaient été alors mes sentiments. J'avais été autrement loin depuis.

Peu après la pointe, nous rencontrâmes un lac sur l’icefoot. Il fallut transporter la tente et le fourniment à dos d'homme, en suivant le flanc escarpé du talus. On dressa la tente et on prépara le souper; après quoi les deux Esquimaux retournèrent chercher de nouveaux chargements; enfin ils firent un dernier voyage pour chercher les traîneaux qu’ils halèrent le long du bord du lac.

Ce fut une longue et pénible journée. Il fallut encore abattre un chien que cette étape acheva d’épuiser. Dans les rochers, et à l'extrémité du Cap, J'observai plusieurs fossiles, dont jemportai un échantillon.

L'étape suivante, malgré tous nos efforts, ne nous

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mena qu’à View Point. Nous avions à notre gauche l’eau libre et une glace toute désagrégée, à notre droite le lac infranchissable qui recouvrait l’icefoot et les falaises du cap J. Henry. La seule route possible suivait la crête du colossal 1cefoot, doublement accidenté et entrecoupé de crevasses. Quand j'y eus creusé un chemin tortueux à l’aide d’un piolet, tout le monde se mit à pousser, à tirer, à hisser ou à descendre les traîneaux, qu'il fallait par moments décharger et transporter sur notre dos, aux passages les plus difficiles.

Apparurent les pentes neigeuses du rivage, interrompues par des zones de rochers à nu, jusqu’au delà du pic Hamilton; puis la banquise, moins accidentée par ici; enfin la neige du rivage, une rivière et une bande de terre sans neige, où 1l fallut pousser les traîneaux sur des rouleaux en bois, pour arriver à notre campement de View Point, où la tente fut pour la première fois, depuis que nous avions quitté le cap Columbia, dressée sur du gravier sec.

Étape pénible, longue, si l’on considère les heures qu’elle dura, trop courte, hélas, au point de vue de la distance parcourue. Par bonheur, temps splendide.

Le cap Joseph Henry est peut-être le plus satisfaisant, au point de vue de l’esthétique, de tous ces caps septentrionaux. Une haute falaise à pic qui plonge directement dans l’eau profonde, sans rien qui la protège contre les immenses //0es qui lui livrent sans cesse des assauts terribles, le revêt d’un 2cefoot prodigieux

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