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VERS LE ROOSEVELT

et lui communique, en toute saison de l’année, un aspect des plus impressionnants.

Au camp de View Point, je dis à Egingwah de prendre les devants, le lendemain matin, et de gagner le Roosevelt. Il devait remettre au capitaine une lettre lui recommandant d'envoyer des hommes et des chiens à ma rencontre. Ooblooyah et moi, après avoir déposé notre traîneau et la moitié de notre paquetage dans la cache, nous devions le suivre plus lentement. Des cinq chiens qui nous restaient, un seul était encore capable de travailler. Il y en avait un qui ne valait absolument rien.

La piste d’Egingwah, que nous suivimes deux heures plus tard, nous fut extrêmement utile pour franchir les crevasses et les étangs. Sur une distance de trois milles, peut-être, après avoir quitté le camp, nous rencontrâmes un tel labyrinthe, une telle quantité d'obstacles que je commençais à craindre qu’il ne nous fallûät quatre jours pour arriver au navire. Plus loin la marche se fit plus facile : nous pûmes avancer assez rapidement, et à peu près en ligne droite, jusqu’au cap Richardson. La glace était pourrie près du cap; il fallut rester dans la baie. Finalement, après avoir franchi à gué plusieurs étangs avec de l’eau jusqu’à mi-cuisses, nous plantâmes la tente sur un f{oe élevé, à un mille environ à l’ouest de l’extrémité occidentale de l’île Williams. Temps toujours beau. Vers huit heures du soir, nous entendîmes des cris auxquels nous répondîmes. Un peu avant onze heures, Marvin arriva avec

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Ahwegingwah, Teddylingwah et Sigloo. Il me dit que le Roosevelt s'était dégagé, le 4 juillet, de son quartier d'hiver auprès du cap Sheridan; qu’il avait doublé le cap Union en se fauflant par un chenal étroit pour être enfin projeté violemment contre l’icefoot un peu au sud du cap. Pour l'instant, il était mouillé à Shelter River en vue des réparations nécessaires.

Marvin n'avait pas pu s’avancer vers le nord au delà du cap Hécla par suite de la désagrégation de la banquise. Il s’était donc dirigé vers l’ouest et avait effectué une ligne de sondages fort utiles le long de la côte de la Terre de Grant, jusqu'aux environs du cap F. Martin.

Le capitame Bartlett avait, selon mes instructions, dressé la carte du fond du canal Robesson. Marvin et ses Esquimaux étaient venus m'’attendre au cap Sheridan. À l’arrivée d’'Egingwah, ils étaient partis par voie de terre à notre rencontre.

Entre ma tente et le rivage, en face de l’île Williams, la glace se composait de f{oes à hummocks séparés par des nappes d’eau profondes. On munit le traîneau de deux flotteurs qui le transformèrent en radeau et on poussa presque tout droit vers le rivage, sans se préoccuper d'aucune nappe d’eau dont la profondeur n’atteignait pas au moins trois pieds.

En arrivant près du rivage, la marée haute nous opposa une large nappe d’eau libre, aussi impossible à franchir qu’à tourner. Nous servant de glaçons détachés comme de bacs, nous réussîmes à gagner le

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