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six pieds de haut. L’étrave, létambot et l'arbre porte-hélice sont également en chêne massif. L’étrave a une longueur de sept à dix pieds, pour recevoir les chocs quand le navire attaque la banquise. La charpente, elle aussi, est en chêne; les membrures sont presque juxtaposées et se composent chacune de trois épaisseurs de bois reliées par des chevilles pour en augmenter la résistance. Le bordage est double, en pitchpin à l’intérieur et en chêne à l'extérieur.

Les flancs ont de cinquante à soixante-cinq centimètres d'épaisseur. Pour éviter qu’ils ne soient défoncés, malgré leur force de résistance, ils sont renforcés par des bans épais, plus rapprochés que d'habitude; un peu au-dessous de la flottaison une rangée inférieure de bans épais forme avec des tiges d'acier, des pièces de bois transversales et des étais appuyés aux flancs et aux petits fonds des drosses solides, espacées à des intervalles de quatre pieds sur toute la longueur du navire.

En installant sur le pont le personnel de l’expédition, dans des logements de construction légère, ce qui est la meilleure disposition à tous les points de vue, on a pu augmenter le nombre de ces drosses dans des proportions inconnues jusqu”’1ci. L'intérieur de l’avant, qui est au navire ce qu'était le ceste au gladiateur ancien, est bourré de fer et de bois autant qu’il en peut contenir.

L’arrière, comme l'avant, est blindé de ïer et l’étambot, qui est le talon d'Achille du navire arctique,

LE VAPEUR ARCTIQUE : « ROOSEVELT

est d’une construction extrêmement massive. Le gouvernail est disposé de manière à ce que l’on puisse facilement le hisser sur le pont s’il en est besoin pour l’abriter contre la glace. L’hélice. qui est exceptionnellement solide, peut fonctionner à volonté avec deux ailerons ou avec quatre. Sur le pont sont installés des appareils puissants tels que des cabestans à vapeur, manivelles, etc. qui permettent de touer le navire s’il se trouve dans une position dangereuse ou de le renflouer s’il échoue.

L'idée maîtresse du plan du navire est d’abord que toute la puissance, la force, le poids, la capacité se trouvent au-dessous du grand pont et que tout ce qui est au-dessus — roufs, bastingages, mâture, voiles, gréement, canots et équipement — soit aussi léger que possible, afin de pouvoir loger plus de charbon dans la cale et, en second heu, de ne pas dépenser un seul dollar en aménagements ou en ornements, mais de tout consacrer à ajouter à la puissance et à l'efficacité du bâtiment.

La quille du Roosevelt fut posée le 15 octobre 1904 dans les chantiers de MM. Mekay et Dix à Bucksport, dans le Maine, et le lancement eut lieu le 23 mars

Comme le navire commençait à glisser sur les étais, M°*° Peary brisa contre l’armature en acier de la quille un bloc de glace contenant une bouteille de champagne et le baptisa du nom de Roosevelt.

L'installation des machines fut commencée deux

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{| | jours plus tard à Portland, dans le Maine, et à peu prés terminée en moins de deux mois.

[| dl Les dimensions officielles du navire sont les sui- {ll (l vantes : longueur, 184 pieds; largeur, 35 pieds et demi; profondeur, 16,2 pieds; tonnage brut, 614 tonnes; déplacement maximum avec chargement complet, envi-

UE HE viron I 500 tonnes.

La quille, la carlingue principale, l’étrave et l’étambot ainsi que les membrures, le plat-bord et le gabord

| k sont en chêne blanc. Les bans, les carlingues secon- | | daires, les emboîtures du pont, le plafond et le bordage | intérieur en pitchpin. Le bordage extérieur est en HET! chêne blanc, le plancher du pont en pin de l'Orégon.

Le plafond et le bordé extérieur en chêne blanc sont boulonnés sur les bords, depuis l’étrave jusqu’à l’arrière et du plat-bord au gabord. Les attaches consistent en chevilles en fer galvanisé traversant de part en part les deux bordages et les membrures, et sont rivées sur des rondelles à l’intérieur du plafond.

Les particularités spéciales du navire sont les suivantes

Comme coupe, une étrave particulièrement élancée en avant en forme de coin; plancher plat relevé brusquement sur les bords, ce qui a pour effet d'empêcher que la glace ait prise sur les flancs; bande arrondie et arrière évasé pour protéger l’hélice du contact de la glace, étambot très incliné.

Comme construction, le système particulier d’attaches noté ci-dessus; disposition inusitée et massive

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LE VAPEUR ARCTIQUE : « ROOSEVELT

des bans, grande résistance aux pressions communiquées aux flancs du navire par les étais; emploi de tiges d'acier munies d’un pas de vis pour consolider les attaches; développement des bans de l’entrepont sur la flottaison; plafond s'étendant sans interruption depuis la carlingue secondaire jusqu'aux emboîtures du grand pont; remplissage presque massif de l’avant dans la partie qui reçoit le choc de la glace; renforcement inusité de l’étambot pour éviter qu’il soit tordu par la glace; emploi d’un gouvernail qui peut se hisser sur le pont pour être mis à l’abri en cas de danger de contact avec la glace; blindage de l’étrave et de l’avant au moyen d’épaisses plaques d’acier; protection du bordé extérieur par un doublage de bois dur de quatre centimètres et demi d'épaisseur.

Comme gréement : mâts d’une seule pièce; beaupré très court, pouvant se rentrer lorsque le bâtiment navigue au milieu de glaçons d’une hauteur considé-

rable; gréement en goélette à trois mâts avec grandes voiles d’étai. Le Roosevelt comporte quatorze voiles, grandes et petites comprises, la surface de sa voilure est un peu moindre que celle d’une goélette à trois mâts ordinaire de mêmes dimensions.

Comme machines : une machine Compound de

construction massive; arbre de couche en acier forgé, tout particulièrement solide, d’un diamètre d’un peu

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