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dégarni et que l’eau noire clapotait contre le bordage.

En un espace de temps incroyablement court la glace disparut dans l’obscurité épaisse; l’eau noire sembla s'étendre indéfiniment, reflétant l’image de chaque étoile. Il n’y avait rien à craindre pour l’instant ; mais où les choses menaçaient de se gâter, c'était quand la glace allait revenir à la renverse de la marée, et qu’il n’y aurait rien entre le navire et elle pour en arrêter l’élan ou en amortir le choc.

Les Esquimaux couraient de tous côtés dans la plus srande surexcitation. Ils remontaient de l’entrepont leurs enfants et leurs bagages. Ne me souciant pas, en cas de complications sérieuses, d’avoir dans les jambes un tas de femmes et d’enfants, je fis allumer le poële dans la grande hutte construite sur le rivage et j'y expédiai tout le monde avec Îles lits de couchage et les vêtements. J'envoyai également à terre un des matelots et un Esquimau qui tous deux s’étaient portés malades quelques jours auparavant.

Ces dispositions prises, je fis une tournée d’inspection générale, cherchant à prévoir les dangers qui nous menagçaient et indiquant ce qu'il fallait faire pour parer autant que possible à toutes les éventualités. On renforça les hommes de quart et tout le reste de l’équi-

age se coucha tout habillé. Le lendemain, matelots, officiers et Esquimaux s’occupèrent activement de rattacher au rivage, par toutes les amarres dont on disposait, l'avant, le milieu et l'arrière du Roosevelt, ainsi

que le sommet de ses mâts.

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