NEIGE ET VENT
Heureusement, le temps se maintint au beau, les températures pas trop basses, et si, le soir, le flux occasionna tout autour de nous beaucoup de mouvement et de bruit, aucune pression ne se fit sentir.
Je ne craignais pas que le Roosevelt fût écrasé par l'assaut de la glace; ce qui m’inquiétait, c’était la possibiité qu’il fût soulevé sur l’icefoot, jeté sur le côté, et poussé si avant sur le rivage qu’il nous fût impossible de le remettre à flot plus tard. Ilse pouvait encore qu’à n'importe quel moment une tempête particulièrement violente vint à rompre nos amarres et nous entraînât au milieu du pack mouvant, auquel cas nous n’aurions pas une chance sur cent de pouvoir ramener le navire à Son emplacement actuel.
Le matin du 28, je fus réveillé par une bouffée de vent du sud qui s’engouffra dans ma cabine par le ventilateur établi au-dessus de la porte. Je me rendis aussitôt sur le pont. Il faisait un temps absolument clair ; un vent léger soufflait de tous les coins du ciel à la fois, cherchant évidemment à rassembler ses forces. À 5 heures du matin, il se mit à souffler du midi en tempête.
Bientôt on n’entendit plus rien que les mugissements de ce vent, pendant que le navire se couvrait d’un linceul de neige. À un moment donné un glaçon qui se trouvait à tribord se mit à gémir et à frotter en grinçant contre la coque du navire.
Craignant de le voir se détacher et rompre nos amarres d’arrière, au cas où notre hélice ou notre
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