ESPOIRS
du capitaine étaient déjà recouverts d’une solide embâcle qui nous permit de passer sans difficulté. A la fin de l’étape, nous établîmes notre campement sur un vieux floe très étendu, entre deux énormes hummocks.
J'ai beau peiner sans cesse, il m’est impossible, lorsque les conditions sont aussi favorables qu’elles le sont aujourd’hui, de ne pas me laisser aller, tout en marchant, à l’espoir du succès final. Une telle impatience s'empare de moi que j’ai envie de ne pas m’arrêter aux 1gloos, et que je ne pense qu'à brûler les étapes. La nuit, j'ai peine à dormir, en attendant que les chiens soient assez reposés pour pouvoir se remettre en route.
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Par moments, je me demande quel effet cela me fera si quelque obstacle impossible à surmonter, — une nappe d’eau libre, une étendue de glace infranchissable ou une chute de neige énorme — vient m’arrêter maintenant où tout paraît si encourageant. Mon cœur se brisera-t-1l ou bien un engourdissement de tout mon être me fera-t-il perdre le sentiment des choses ?
À partir de la cache n° 2, nous fournissons rapidement quatre étapes successives, par beau temps. Il y a dix ans, j'aurais affirmé qu’elles étaient de quinze milles chacune. Instruit par l’expérience, je me contente aujourd’hui d’espérer qu’elles en atteignent au moins douze. Pendant la seconde étape, nous renconirons pas mal de jeune glace qui risque fort de gêner considérablement le capitaine lorsqu'il retournera se ravitailler à la cache n° 2. Un vent un peu fort, en
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poussant les gros glaçons qui se trouvent de chaque côté, ferait briser cette glace comme verre. Il n’en resterait ça et là que des débris épars.
Dans un de nos campements nous passons Îa nuit la plus désagréable qu’il nous ait encore été donné d'éprouver. Nos personnes, tout ce qui nous entoure dans l’igloo, sont couverts de givre créé par notre haleine qui se solidifie en quittant nos lèvres. II semble impossible de tirer de notre poêle assez de chaleur pour faire bouillir du thé. Dans le thermomètre, que je porte sur moi pour l'empêcher de se briser, une bulle d’air s’est formée à la suite d’une chute que j'ai faite, et j'ai le plus grand mal à y porter remède. Il est à peu près certain, toutefois, que la température est dans les environs de — so°. Pendant ces étapes, plusieurs canaux nous occasionnent beaucoup de pertes de temps. Il faut faire des crochets considérables. Les rapports déposés dans les huttes par Henson et le capitaine indiquent qu'ils ont eu les mêmes difficultés.
25 mars. — Pendant l’étape, nous rencontrons des champs entiers de jeune glace et plusieurs vieux ÿ/0es admirables, surmontés de hummocks pareils à des collines. Le soleil remonte peu à peu; bientôt il décrira un cercle complet. À midi, Je trouve qu’il y a un peu de chaleur dans ses rayons.
Je m'aperçois à regret de la présence, au-dessus de la banquise, de brouillards ou de vapeurs comme il y en avait pendant deux ou trois Jours après que nous nous étions engagés sur la glace. C'est l'indice de