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rience, un navire commode et spacieux, m’avaient permis d'éviter presque complètement le fâcheux encombrement des ponts. Tout au plus l’œil était-il choqué par la présence indispensable du charbon, dont il est toujours nécessaire de caser une partie sur le pont au début d’un pareil voyage.
On eut bientôt fait de ranger les quelques colis qui, au dernier moment, avaient été déposés au hasard, un peu partout. Des cabines spéciales avaient été aménagées sur le pont pour l’usage des membres de l'expédition et assuraient à ceux-ci tout l’espace nécessaire.
Quant à l'émotion du départ, 1l faut bien avouer qu’elle ne se manifestait ouvertement chez aucun de mes compagnons. Pour ma part, J'avais fait trop souvent le voyage pour y attacher plus d'importance qu’à la traversée de l'Atlantique.
On voit donc que les conditions dans lesquelles s’effectuait notre départ étaient des plus favorables. Jetons maintenant un coup d’œil sur le personnel de l'expédition, auquel, pendant un temps considérable, le navire le Roosevelt allait servir de quartier général au milieu des glaces de la mer Polaire.
Voici d’abord le capitaine, Robert À. Bartlett, passé maître en fait de navigation arctique; trente ans d'âge; Bartlett appartient à la troisième génération de cette famille intrépide de marins et de pêcheurs terreneuviens dont tous les membres, à peu d’exceptions près, ont joué un rôle dans les explorations polaires.