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SUR LA GRANDE BANQUISE

probablement à la renverse de la marée, les crevasses se referment bruyamment. Notre joe reçoit deux fortes secousses, puis reste immobile, fortement enserré de toutes parts.

Le matin, la banquise se remet en mouvement.

L'igloo de Henson, qui se trouve plus près que le mien de la digue de pression, s’écroule. Ses hommes en construisent un autre, plus au centre du flo, ets y installent. C’est le moment des grandes marées d’avril. Avec le vent qu’il fait, il est probable que le « Fleuve Hudson » s’est rouvert. Mais à l'heure qu’il est, Marvin et peut-être Clark doivent l'avoir déjà franchi. On peut espérer qu’ils sont en marche sur la grande banquise pour nous rejoindre avec des ravitaillements. Je compte que cette tempête dissipera les brouillards et nous procurera une nouvelle série de beaux jours, qui nous permettront enfin d'accomplir quelque chose d’utile.

Les dix jours d’immobilité forcée du groupe Henson, les sept jours pendant lesquels J'avais été arrêté moi-même, malgré le beau temps, constituaient une perte irréparable. Sans cela, nous aurions déjà dépassé la latitude extrême atteinte par le duc des Abruzzes. Toutefois, même ainsi, j'étais plus avancé de deux degrés que quatre ans avant, lorsqu’à pareille époque je quittai le cap Hécla.

Le vent et la neige persistent pendant toute la nuit du 6 et la matinée du 7. Puis le soleil se montre. Il ne tombe plus de neige, mais le vent n’a pas diminué de

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