‹ Plus près du pôleChapitre 95 sur 232 · Ë LE · texte numérisé non relu

Ë LE

it

‘a | té U (l {3 Î je ' f , |

force; 1l soulève en tourbillon la neige qui couvre la banquise.

C'est à cette date que Nansen atteignit son point extrême. Sans ce maudit « Grand Lac » j'aurais déjà battu le record, au lieu de me trouver moins avancé que lui et réduit de nouveau à l’immobilité. Le vent et le drift” ne semblent pas vouloir cesser. Il faut pourtant bien qu’ils s’arrêtent tôt ou tard, mais c’est furieusement long.

Toute la nuit, le vent fit entendre sa musique infernale autour de ma hutte et entre les « dents » effilées de la digue de pression auprès de laquelle nous sommes campés. À part les jambes, où j’ai toujours froid quand je ne marche pas, et encore! j'avais si chaud, douillettement couché dans ma hutte, que rien ne venait distraire ma pensée, me faire oublier cet insupportable retard. Il me semblait être là depuis un mois.

Vers le soir, le vent, qui avait soufflé d’abord d’un point un peu au sud de l’ouest magnétique, vira tout à coup plus au sud. Le drift se fit moins épais, comme si la plus grande partie de la neige eût enfin trouvé un leu de repos définitif. Il me sembla aussi que le vent n'avait plus autant de force que le matin.

Nous n’avions observé aucun mouvement de la glace depuis le matin du 6. Cela pouvait s'expliquer de deux manières différentes : ou bien le pack avait rencontré un obstacle du côté de l’est et les Jloes anciens étaient trop compacts pour qu’il pût se tasser davantage, ou

Page 1