‹ Plutarque a menti 1923Chapitre 18 sur 59 · RE · texte numérisé non relu

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mises, à ce moment de la campagne. Êt que dire de ce : Haut Commandement qui place perpétuellement le Chef d'une Armée de 180.006 hommes, dans l'alternative de déplacer une telle masse dans deux directions opposées | Vue fausse des événements, mépris persévérant de la réa- Eté, inexpérience dans l'art de manœuvrer les tsoupes, voilà ce que révèlent les ordres du G. Q. G. Si Lanrezac eut été un chef hésitant après une pareille instruction, il fut demeuré sur place, entre la Basse-Sambre et la Meuse, attendant de nouveaux ordres précis du général Joffre. Grâce à Dieu, sa conviction étant faite, il négligea complètement l'éventualité d'un retour sur la rive droite de la Meuse et continua à pousser le gros de ses forces sur sa gauche. Bien lui en prit. Du 18 au 20 août, tout l'espoir fondé sur les attaques d'Alsace et de Lorraine -s'écroulait. La [IT et la II® Armées refluaient en désordre et nous évacuiens de nouveau Mulhouse. Les diversions espérées pour couper coûrt à la marche de l'aile droite allemande avortant, comme il était aisé de le prévoir, celle-ci restait, plus menaçante encore, devant nos forces inférieures en nombre : et 1l fallait maintenant en toute hâte dégarnir notre droite pour parer au danger que Lanrezac signalait depuis le 12.

Mais le G. Q. G. qui venait de recueillir les fruits d'une offensive inconsidérée sur sa droite, ne songeait qu'à se lancer dans une offensive nouvelle par son centre et sa gauche.

| Le nouveau champ de bataille assigné à la V® Armée était le pays des grandes houillères, Le Borinage. Le

général Lanrezac le compare à un dédale d'habitations, d'usines et de vergers clos de murs Îl n'eut pas ie temps de passer à l'offensive : le 21 août au soir, l'ennemi attaquait. |i n'est pas besoin d'être un grand stratège pour comprendre que le plan XVII aux trois quarts démoli n'est plus bon qu à être jeté au panier. Que signifie cette poursuite chimérique d'offensive inaintenant qu'ii est avéré que des forces allemandes considérables, formant ‘aile droite ennemie, tendent à déborder notre gauche ? La situation est entièrement nouvelle, il faut remanier notre dispositif en conséquence. Notre attaque n'obtiendra que des succès partiels. Vouloir foncer à tout prix, c'est risquer de faire écraser nos troupes en détail : chose plus grave, c'est prêter le flanc au débordement de notre aile gauche Le général Joffre s’est enterré, 1] n'a plus quà se dégager le plus vite possible, pour se rétablir au Sud dans une position meilleure qui lui permettrait de passer au bon moment à la contre-cffensive. La retraite est nécessaire : il doit la commencer tout de suite, moyennant quoi, il perdra peu de monde et se ménagera les meilleures chances de succès. Le 20 août, le 21 au plus tard, un chet clairvoyant aurait pris cette décision. Mais, visiblement, le G. Q. G. se cramponne à cette idée d'offensive à laquelle 11 attribue une vertu miraculeuse. Le résultat, ce sera la bataille des Ardennes où le magnifique héroisme de nos troupes se dépensera en vain, au prix de pertes effroyables : ce sera la bataille de Charleroi qui aurait été, sans le général Lanrezac, le tombeau de la gauche française, et si le général French n'avait démontré à son

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