PLUTAROUE SN
cette période en témoignent ; Gallieni s'agite et bout à] d'impatience ; le G. Q. G. se fait tirer l'oreille, rend mal aux sollicitations pressantes, répond à côté ou en retard. Et tous s'en étonnent et chacun d'expliquer selon la position qu'il a prise : pour les uns, mauvaise volonté, incompréhension, rivalité de Chefs: pour les autres, sang-froid magnifique, calme et prudence. Je réponds : déménagement. Explication qui justifie de la part du G. Q. G. une certaine mollesse dans ses réactions et ce je ne sais quoi de ( pas à la page » qu on remarque dans son attitude. Explication qui ne crée aucune responsabilité grave et laisse intact l'honneur de l’État-Maïor. Si cependant Barrès s'était trompé de date, je nen serais pas autrement humilié Îl faut s attendre à tout quand on se mêle d écrire l’histoire !,
Pendant que Gallieni attend la réponse du G. Q G. . à sa demande de faire marcher l'Armée Maunoury par la rive nord de la Marne, ni son activité ne reste en suspens, ni son esprit ne cesse de s'appliquer au problème ?. Il fait commencer à la VI® Armée les mouvements préparatoires à la manœuvre indiquée et donne ses instruc-
l. Et, de fait, Barrès s'est trompé. Le G. Q. G: déménagea en réalité le 1% septembre à 14 h. 30. Mais qui ne voit que les conséquences en demeurent les mêmes. À cette date. tout au moins le ren- W seignement du capitaine Lepic et celui du capitaine Fagalde n'avaient ! aucune chance d'être aperçus. |
2 Remarquons, en outre, que malgré l'idée qu'il a d'un bouleversement total des plans Gallieni poursuit avec tenacité et activité la mise en état de défense de Paris.
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tions à Maunoury. D'autre part, il se convainc qu'il ne suffit pas d'agir uniquement dans le flanc de Von Kluck avec Îles seules troupes mises à sa disposition, maïs que l'Armée française tout entière doit en même temps attaquer l'ensemble des forces ennemies. L'occasion cherchée de livrer la bataille générale dans des conditions favorables, la voilà qui s'offre à nous : 1l faut la saisir sans perdre un instant. Cet homme est transporté d'enthousiasme, devant l'image de la victoire qui se dresse dans son imagination. Îl voudrait de sa main arrêter l'Armée française en retraite et la lancer en avant. Mais, Joffre commande, et il n'a pas encore répondu. Plein d'inquiétude, Galieni s'interroge : Joffre acceptera-t-il > En attendant, 1l tâche de gagner French à sa conviction. La malechance s'en mêle : French, d'abord convaincu, se ressaisit et annonce qu'il va continuer son repli derrière la Seine. La journée du 4 septembre commence sur cette mauvaise nouvelle, L'idée de combattre en ce moment devait d'autant plus sourire à French qu'il avait lui-même, deux jours avant, annoncé au Ministre de la Guerre quil étsît prêt à prendre l'offensive sur la Marne, pour des raisons tout autres, d'ailleurs, que celles qu'invoquera Gallieni. M. Le Goffic cite cette phrase de la lettre dans laquelle Joffre, le 2 septembre, déclinait l’offre de French : « Je ne crois pas possible d'envisager actuellement une manœuvre d'ensemble sur la Marne avec la totalité de nos forces... » | Quelle preuve plus nette peut-on avoir que le 2 septembre Le G Q. G. n'a pas encore saisi, s'il s'en est même avisé,
le bouleversement que la conversion de Von Kluck va
apporter à tous les plans ! À cette date, cn 1
nous Voyons le Gouverneur de Paris frémuir d espérance |
dans l'attente d'une confirmation du renseignement sen- - |
sationnel.
La réponse de Joffre a pour résultat de faire acrélérer 1
sa marche à French au point, dit encore M. Le Goffhc,
qu'il ouvrira « entre d'Esperey et lui un vide où va se jeter tout de suite Kluck », Îl est évident que cette faute \
de French est provoquée par la réponse du G Q, G.
Voyant que l'ordre est touiours à
dans son idée de retraite, aboutissent au résultat désiré.
Mais un fait n'en est pas moins évident, c'est que el 3
G. Q. G. ne s'est avisé de modifier la situation que
lorsqu' 1 en a été saisi par Gallheni. Le 4 septembre, | 1
il n'a pas encore fait connaître sa décision. On frémit à l'idée qu'un général moins entier que Gallieni, bus
soucieux de hiérarchie, plus timoré, se fut borné à \ de timides suggestions M. Le Goffic qui possède law foi du charbonnier semble choqué de la conduite du
Gouverneur de Paris. Il donne à Joffre le mérite de la M
la retraite, le général | anglais perd.courage et ne songe qu'à se dérober Et voilà | une erreur qu tourne à bien, puisqu'il est prouvé que 1 Von Kluck ne s enhardit définitivement qu en présence \ du vide créé par French où il espère bien se glisser pour déborder notre V® Armée. Les deux actions contradictoires qu se déroulent ; l'une, celie de Gallieni, tâchant de faire | Jaïllir la iumière ; l'autre, celle du G. Q. G. enfoncé À