C'est évidemment plus facile à imaginer qu'à faire
tion, ni même da D rcnière Lobilon sQ Fde . ab tout de même favorable pour l'assaillant. D'autre , le bond à faire pour atteindre Cassel et surtout lens — c'est-à-dire les terrains dangereux pour le enseur — est infiniment moindre que ceux de mars et d'avril, infiniment moindre que celui (qui) sur l’Ailette, produirait des conséquences de même ordre. »
Mirage décevant auquel tous les « vrais militaires » se laisseront toujours prendre { Faut-1l qu en la circonstance ce soit Ludendorff qui nous donne l'exemple de la prudence, de l'humanité? Ce si court espace qui sépare l'es. saillant de la mer — Thalassa ! — fascine un guerrier ment ch td pas, voyons à his il
tueux À duo à Miller Breionneux Hansen Sa 1 1 moment où le front était à peine FRE pour ne pie :
drais ce corrolaire : tout chef qui ordonne l'assaut, dans ces conditions, sera rétrogradé et mis à pied.
Assurément, le bond à faire sur l'Ailette est beaucoup : plus grand, mais Ludendorff le fera d’un tel élan, qu'il enjambera du même coup l'Aisne, la Vesle et ne s'arrêtera | qu'à la Marne, grâce à la surprise complète qu'il obtient. Maintenant, que la perte de Château-Thierry n'ait pas réussi à ébranler fut-ce d'un pouce, le moral du pays, ni le moral de Foch, voilà à quoi ne pouvait s'attendre Ludendorff. On comprend son étonnement. Mettons-nous bien en face des choses. L'arrivée des Allemands sur la Marne en la quatrième année de guerre équivalait à une catastrophe. Quel peuple autre que le peuple français aurait résisté à ce coup de tonnerre ! Le général Buat n'a Vrai ment pas l'air de s’apercevoir de ce qu’il y a de miraculeux dans l'attitude gardée par la France en ce moment. Les voilà bien, les impondérables qui déjouent toutes les prévisions ! Et croit-il, dès lors, que la prise d'Amiens aurait, donné à Ludendorff un résultat meilleur ? Même on.
C'était le de Pétain, en cas de malheur. Je ne me pas que la position de Ludendorff, obligé de se diviser pour faire face à deux ennemis, eut été bien brillantes Et comme nous ne serions pas restés inactifs, tandis qu'il concentrait ses efforts sur les Anglo-Franco-Be isolés, il aurait pu se trouver lui-même dans une situati
tube Fr pendant tout cela, le temps passait, qui tra: vaillait pour nous. Vanité incommensurable des stratèges ‘qui ne veulent pas admettre que l'art militaire ne peut vivre que de conventions, et que les conventions n'ont plus cours dans une guerre nationale poussée jusqu à épuisement complet des ressources, contre un peuple vaillant qui a atteint un haut degré de civilisation indus- trielle. Il ne s'agit pas de dire : que Ludendorff n'a-tl fait ceci ? que n'a-t-il fait cela ? Îl aurait fait ceci ou cela qu'il se serait brisé pareillement, du moment que les | alliés devaient finalement posséder le facteur essentiel, décisif : le nombre, symbole réalisé de la puissance réelle qu'aucune stratégie — dans la guerre moderne — ne pourra plus déjouer, à égalité de matériel. Si Ludendorff n'avait obéi à l'irrésistible appel de sa superbe militaire et de sa passion de joueur. il ne se serait pas lancé dans l'offensive de 1918 car 1l aurait vu qu'il courrait inéluetablément à sa perte.
HT
FOCH L'INSOUCIANT
Foch prit le commandement suprême des armées alliées en pleine offensive allemande de mars. On pourrait croire que le Conseil Interallié de Doullens, réuni pour discuter les mesures à prendre en ce grave péril, confia la direction de la guerre au général qui lui apportait le meilleur plan. Il n'en fut rien. L'état des esprits n'était pas à l'examen réfléchi de la situation. Les hommes d'État venus à Doullens, ne demandaient qu'une chose : donner carte blanche à l’homme qui leur inspirerait confiance Civil pour la plupart, ils se faisaient du militaire une imag miraculeuse selon l'antique coutume. Leur choix se bmi- … tait à Pétain et à Foch. Pétain, froid, réfléchi, et ne laissant : rien au hasard, apportait un plan où le pire était prévu, à encore qu'il eût donné tous les ordres pour l'éviter | Foch, grondant et bouillonnant, n'offrait à discuter que sa volonté opiniâtre de résister et son or EE … confiance : © Quand on veut tenir, on tient : ils ne passe-. ront pas ! » Les aphorismes qu'il prodigua n'allaient
au dire des personnages qui étaient présents, ces mots étranges : € La victoire est une poche qu'on bossële à coups de poings », et, joignant le geste à la parole, il cognait le vide avec fureur. J'ai entendu M. Loucheur raconter cette scène émouvante et pittoresque. Le visage | expressif du parlementaire reflétait l'angoisse de cette heure tragique. Au souvenir du geste de Foch, il s'illumuna : € Voilà un chef, dit-il : nous étions tous remontés en l'entendant. En un grand danger les hommes n'obéis.
Pepe IE RL SEX,
sent plus qu ‘au sentiment, le cerveau devient un viscère
inutile : : c'est le cœur qui mène le bal.
J e ne vois pas qu on ait Jamais tracé de Foch un portrait qui soit conforme à la réalité, Quand il est arrivé à la grande gloire, on a composé de lui une image en harmonie
ES SR ES EE Er
généralissime suprême des troupes alliées. Cet emploi de général des généraux qui fut le sien a influencé l'opinion populaire; on n'a plus voulu voir en lui qu'un cerveau, une quintessence de straïège, une sorte de mathéaticien de génie ayant combiné sur la carte la manœuvre stratégique grandiose au bout de laquelle Ludendorff,
tre infailiblement enfermé. Par lui, l'idée ambitieuse que la foule se fait de l'art militaire a été encore rehaussée,
vous laissent dus qu dl y oi: Le ces COUPS bis vant que le guerrier germain eut ‘ fait échec et m'at
avec l'idée que pouvait se faire un peuple intellectuel du
omme une mouche dans une toile d'araignée, devait
Nous ne les suivrons pas sur ce terrain métaphorique. Si Foch a cru jadis à la stratégie, je pense qu'il n'a plus lieu d'y croire aujourd'hui, après la magnifique victoire qu'il a remportée. Je sais bien, les textes sont trompeurs ; combien y at-il d’historiens qui vont rechercher dans les cours de l'École de guerre la doctrine par laquelle : Foch a vaincu! Selon eux, l'événement était écrit d'avance puisque la doctrine existait. Maïs ce qui ne l'était point c'était le front continu, par qui toutes les notions de la guerre napoléonienne devaient s'écrouler comme capucins … de cartes. Je n'ai qu’à évoquer le Foch original et pittoresque qu'imitait avec une exactitude frappante, au dire de ses camarades, certain officier du G. Q. G. pour saisir le grand homme dans son essence intime, dans sa substance réelle. Il est vain de se le figurer comme un froid calculateur, ce robuste et bouillonnart gascon, toujours | sur pied, lancé, même au repos, dans une promenade | autour de la chambre, s'exprimant par décharges véhémentes comme une mitrailleuse tire, criblant l'interlo- | cuteur d'une grêle de phrases courtes, violemment | elliptiques et dirai-je. apocalyptiques. Qui donc, parmi ses officiers, en dehors du général Weygand, a jamais traduit à livre ouvert les propos que le général lance avec une vigueur teintée de jovialité ? Ceux qui ont assisté à ses commentaires sur le terrain vous décriront ses brusques pirouettes, la valse du képi sur le crâne, ses silences subits. ses détentes inattendues, ses gestes mys-. térieux soulignant d’étranges paroles : ils vous peindront la stupeur que des manières d'être aussi paradoxales,
ae
FOCH L'INSOUCIANT
aussi violemment particulières provoquaient sur tous les ; visages et dont bien souvent, dans l'intimité, riaient ses . collaborateurs. Il ressort de tout cela que Foch pense par éclairs, par visions soudaines, en poète qui sent et non à la manière du penseur qui déroule un raisonnement discursif et en franchit un à un, avec prudence, les degrés.
Et si l'on veut serrer de plus près sa psychologie, il faut dire que ces images qui le traversent sont des images musculaires, des schémas d'attaque et de riposte, telles
qu il doit s en peindre dans la substance cérébrale d’un . bon prêt à bondir sur sa proie et qui en un éclair mesure sa distance, voit la place où sa griffe va frapper et sa
mâchoire mordre. Nul peut-être avant lui n'a aussi intégralement réalisé le type de ‘homme de guerre, è lequel me semble être un improvisateur et avant toutes
| choses, un manuel, au sens quon donne aujourd hui ‘ à ce mot quand on : oppose à intellectuel. Chez Foch 1l ne se fait point deux opérations distinctes de l'esprit; la conception et la réalisation, les deux n’en font qu'une : bien plus la conception, c'est-à-dire !l'ébauche préparatoire de l’acte, est commandée impérieusement par l’action. Il est par excellence l’homme du combat en ce sens que sa pussance cérébrale s'éveille et prend toute sa force dès que la nécessité d'agir s'offre à lui. Ce n est pas sous son front, en mots abstraits, que se dessine le plan de victoire, ‘est dans sa main : ses muscles crispés lui dictent irréistiblement le geste qui décrit le thème de la manœuvre : es collaborateurs connaissent bien cette particularité € leur chef et le plus souvent il arrive que le geste éclaire
de ae
hormis ceci : on ne cède pas devant l’ennerni. Il ést à!
Dés lors on he peut attendre d'un tel tempérament qu il soit égai dans la préparation et dans l'aëte ; dès lors : il est superflu de chercher dans une doctrine l'explication de la conduite qu'il tiendra parce que celle-ci dépend par: dessus tout des modalités de la bataille. La valeur d'un tel chef. je la découvre dans son aptitude à oublier la doctrine quand la circonstance le commande. La bataille moderne en effet, quand elle se déroule en front continu échappe aux règles de l'antique stratégie. Vouloir l’ ramener, cest opérer une sorte de transposition dan l'abstrait, transposition dont on sent le danger, car l'évé nement risque de ne plus cadrer avec le thème théorique. En fait, la bataille moderne se réduit au choc de deux. forces brutales qui sé heurtent de front : la mésse plus lourde fait plier l'autre. L'unique parade consist à ne pas se dissoudre sous le choc effrayant : c'est là à la force morale intervient. Tout le génie de Foch consi: à lutter pendant quatre mois contre Ludendorff, av son cœur de patrioté indomptable qui ne veut rien savoir.
peu près certain qu'à de pareils moments il a tout oublié — par bonheur — de cet art militaire dans lequel il tait
nu puissent craindre d être tournés, lui n'en a cure. Térur, b où l'on est, là où l’on peut, rendre coup bout coub,, « tuer du boche » selon son expression favorité, il ne con: naît pas d'autre tactique. L’ennemi crève son front, il. le bouche ; que celui-ci avance de 20, 30, 40 kilomètres ? Et après ? Que la poché creusée soit itirnense, qu'elle absorbe des troupes, qu'elle lui fasse urie situation pré Caire, tant pis : il ne se soucie, ni de raccourcir son front, ni de se reporter en arrière sur des positions meilleures. C'ést le boxeur accroché au flanc de l'ennemi et qui frappe, les dents sérrées, jusqu'à épuisement.
Vous savéz ce qu'il attend obstinément ? Oh ! ce n’est rien de bien subtil. II attend le moment de frapper à son tour, c'est-à-dire d'attaquer. Chose curieuse, on ne le voit pas préparer de savantes manœuvres. L'étude des ordres qu'il a donnés révèlera seulement des mouvements d'effectifs, engagement ét retrait de divisions : c'est une comptabilité bien tenue pour faire face aux formidables dépenses d'hommes qu'exige la situation. Dans tout cela, il n'y a pas l'ombre d'un plan. Toutefois une seule idée stratégique subsiste en lui, ‘à Métoir : : le Nes . du front € st le point de ; Jonetion
idée na point de véritable tondement. C'est une abstrac- 1 tion qui revêt peut-être une certaine valeur quand on l’'examine sous angle théorique, mais, plongée dans ia réalité, elle perd toute sa force. De ces abstractions, le commandement en a créé beaucoup pendant la guerre, par désir d'intellectualiser l’informe matière qu'il avait à brasser, mais chacune d'elles se révélait à son tour tissée | | de nuées. Tenir pour un point vital le lieu du front où : les éléments français joignaient les éléments britanniques, alors que le commandement unique était réalisé, voulez-. 4 vous me dire à quoi cela pouvait correspondre ? Est-ce que nos réserves ne truffaient pas les forces britanniques 7 depuis les attaques d'Avril sur la Lys ? Est-ce que sur le reste du front français, des divisions anglaises ne tenaient | pas le secteur à côté des nôtres ? À ce compte, il n y avait pas un point vital, il y en avait dix, puisque en dix endroits” au moins nos régiments étaient en liaison avec des régiments anglais. Si Ludendorff avait réussi à couper notre ligne en face d'Amiens, le tronçon nord aurait compris | des troupes anglo-franco-belges. La crainte de voir les Britanniques livrés à eux-mêmes en cas de séparation n'existait donc point. Au vrai, ce principe adopté par Foch . ne lui fut qu'un prétexte pour se choisir une ligne de conduite. Incertain du point où l'adversaire allait l'atia- M quer au lendemain des offensives de Mars-Avril, il ris-\ quait de s'émouvoir et de se disperser entre des prévisions contradictoires. Or pour le chef c'est la SPpRQE de ses.
FOCH L'INSOUCIANT
allait-il s'égailler en pétits paquets répartis dans les vers secteurs vulnérables ? Allaitil peser minutieusement le fort et le faible d'un front si vaste ? Mauvaise méthode, de nature à le troubler et à le maintenir en un fâcheux état d'alerte. Je vois Foch hausser l'épaule d'un mouvement brusque et dire : Ludendorff attaquera là parce que c'est là qu'un vrai stratège doit attaquer. : Évoquer le principe du point vital lui évita sans doute le geste de tirer à pile ou face, mais revenait au même en vérité.
Ta
Cette détermination arbitraire. elle est bien dans la . manière de ce chef admirable plus averti par ses réflexes . musculaires que guidé par la méditation. On serait bien | surpris si l’on savait jusqu'où il poussé le mépris de ja | doctrine, lui qui fut un théoricien de l'École. Dans la 1 dernière partie de la guerre, les conseils qu'il donnait au . gouvernement m ont révélé son extraordinaire désinvolture . en face des enseignements de l'expérience. On ne l’a jamais . vu s'intéresser au problème de l'artillerie lourde, ni s’associer à la campagne des canons et des munitions. À l’orée
mandes réunies, voulut préparer l'opinion publique à des reculs que la défensive élastique allait rendre inévitable, À vint du cabinet Clémenceau un désavœu stupéfant, On fiendra sur place, disait là note ministérielle, doné inutile de prévoir aucun recul ! Or quel autre homme que le Chef d'État-Maior général, conseiller militaire du gou-
de 1918, quand Pétain redoutant l'attaque des forces alle:
vernernent, pouvait avoir inspiré à Clémenceau une déaision pareille ? Et le Chef d'État-Major général, vous vous . en souvenez, était alors Foch. Robert de Bauplan qui fut : un des délégués du Matin, lors du fameux Circuit de. l'Est au cours duquel la France comprit le miracle de son aviation, ma raconté une étonnante conversation 1 qu'il eut à l'issue de la triomphale épreuve avec le général Foch, commandant du XX® corps. Sur le plateau de Mal- . zéville, comme le cortège regagnait les voitures, Foch. à le prit familièrement par le bras et lui dit : « Tout ça, voyez-vous, C ‘est du sport, mais pour l'armée, l'avion c'est zéro. » Un tel mot éclaire d’un jour éblouissant la pure mentalité militaire. En dépit des progrès de la science, le chef reste comme aux temps primitifs celui qui a la main prompte, le poing lourd et la fougue aggressive. | Aujourd'hui où il n’est plus besoin qu il se jette dans la mêlée pour entraîner ses troupes, il n'en a pas moins en esprit la passion du corps à corps. Aussi la machine. qui se substitue à l'homme lui est-elle suspecte ; la science “ apphiquée à la bataille a introduit de tels éléments de complication dans l'acte guerrier si simple et si direct qu'elle paralyse en quelque sorte la volonté de vaincre du chef. Que devient le pouvoir de l'entraîneur d'hommes quand entre lui et la troupe s'interpose la machine à écrire et le fil téléphonique, quand par nécessité il est obligé de placer son poste de commandement à quarante kilomètres en arrière du front de bataille ? La troupe échappe totalement à sa main et à son regard et nul général. ne peut se flatter d'avoir assez de prestige pour espér er
En en 1h quand le PORTA arrive au Le est vieux de quatre heures ; la décision qu ‘on
; < général qui prendrait une conscience nette du rôle ur ainsi dire abstrait à quoi le condamne la bataille d me, et qui se rendrait compte de la vanité qu'il y a
loir diriger une lutte aussi gigantesque cesserait de à son pouvoir ; 1] deviendrait plus fataliste qu'un man. Le bonheur singulier de Foch réside en ceci
pendant la bataille des Rd à me le déneisnait entr af en trombe dans les quartiers généraux, la figure tendue, le corps ramassé sur lui-même, gesticulant et vaticinant en mots hachés. À tel général qui lui dit avec angoisse : « Mes troupes plient sous le nombre, il me faut des renforts où je ne réponds plus de rien », il répond en fauchant l'air d'un geste furibond : « Attaquez ». Mais, dit le général. « Attaquez, » répond Foch. Le général veut insister. « Attaquez, attaquez, attaquez, » hurle Foch qui sort e coup de vent et chargé comme une pile électrique d'énergie farouche et d'inconscience agressive, court ailleurs r tremper d'autres énergies, bourrer d'autres volontés défaillantes. Ce mot d'ordre permanent : « Attaquez ! qui est par excellence le sien trahit le profond scepticisme que notre héros réserve à la somme des préceptes militaires qui constitue l’art de la guerre. Il ne l’a jamais mieux montré, ce scepticisme, que dans la campagne dk France où tout son rôle se borne à encaisser les attaques sans se soucier de ce qui en résultera. Ludendorff, à le fin, perdra contenance devant ce sublime entêté, que rien n'est capable d'émouvoir et qui se maintient dans les! situations les plus paradoxales. Qu'un général improvisé, dans un pays levé en masse contre l’envahisseur, emploie ces moyens de guérilla, cela peut à la rigueur se comprend Mais qu’une des lumières de l’École de guerre, théorici éminent, cerveau hardi à qui l'idéologie et le con sont familiers, se refuse radicalement : à voir Les choses l'angle intellectuel pour s’en tenir à € tuer du Boch comme 1] dit, voilà qui est digne d'être admiré.
en à faire : il a beau multiplier les percées profondes aux endroits sensibles, jamais 1l n'obtiendra de son adversaire in repli stratégique. D'autant que son élan est limité, uisqu il est le propre esclave de ses arrières. Du coup, 8 aperçoit que sa position à lui est maintenant risquée. "est le sort de l’assaillant : quiconque déborde l'ennemi prépare à être tourné. Précipitamment, il entreprend nous chasser du cul de sac de l'Aisne où nous sommes demeurés avec une magnifique ne mais d'où ous menaçons ses flancs. C'est l'attaque du 9 juin sur e front Montdidier-Noyon, conjuguée avec une poussée à l’ouest de Soissons. dans le dessein évident de relier les deux poches par une ligne droite qu passerait par mpiègne et Villers-Cotterets. Le temps presse tellement e Premier Quartier-Maître Général ne prend aucune caution. Renonçant à ia surprise, 1l prépare son attaque ciel ouvert, accumulant troupes et matériel avec une âte fébrile, espérant peut-être que nous ne l’attendrons as et que Foch rendu à la sagesse conventionnelle, réara de bon gré l'alignement désiré, lequel au demeurant ccourcirait son front. Les généraux russes l'ont tellement itué à ces manœuvres qu il est excusable d'y compter. seulement Foch ne bouge point et fait front à l'at- , mais le 11 juin il la bloque en contre-attaquant sur igne du Matz. Ludendorff n'insiste pas. Î a pour prin-
cipe de ne plus s'obstiner là où il est na ni va donn | tous ses soins à monter la troisième et la plus formidab > | de ses ruées, dont sortira, espère-t-il, la décision par l'écro lement de notre front. Le secteur est bien choisi, de part }
et d'autre de Reims. En dépit de son désir d’en finir vite, 4 le Premier Quartier-Maître ne pourra mettre moins d'un. mois à régler le détail de |” entreprise. Confiant, il espère ; jusqu'au dernier moment avoir mis de son côté les chances 1 de la surprise. Qu'il réussisse comme en Mars et en Mai. et‘la montagne de Reims, Épernay, Châlons-sur-Marnew sont à lui. Foch aura beau faire, il ne pourra cette fois. rester dans une position aussi aventurée. Tout le front À de l'Est devra être ramené sur la ligne Verdun-Belfort. è On sait que Ludendorff sera cruellement trompé dans É ses espérances. Nous l’attendons sur ie terrain même. qu'il a choisi. La tactique conçue par Pétain, es par Gouraud, a prévu l'évacuation des Monts de Cham pagne. La préparation d'artillerie ennemie tombe dans lé vide et quand les vagues d'assaut surgissent devant k : ligne tenue par des forces puissantes, elles sont brisée par un ouragan de feu. Dès le 16 juillet, Ludendorff suspend l'action de son armée de gauche. L'armée de droite qui a pu traverser la Marne et progresser quelque peu rencontre une vive résistance. Mais tandis qu elle s'épuise en violents efforts, une puissante contre-attaque lancée le 18 juillet enfonce le flanc que l'ennemi nous présente entre l'Aisne et la Marne. La situation est retournée. C'est le commencement du reflux, car les À
de sitôt.
Quand on jette un regard sur la carte d'ensemble des opérations, on croit saisir la pensée qui a présidé . cette campagne de France : c'est un vaste mouvement de flux suivi d'un reflux plus ample encore. Du 21 mars au 17 juillet, la marée allemande monte en grondant. Nos ignes sont submergées. des pans de murs s’écroulent, aucune digue ne résiste, le flot déchaîné ébranle notre système de défense qui est fortement compromis. Et tout à coup la marée ennemie arrive à l'extrême limite de son effort, redescend, d'abord lentement, puis plus vite, plus te encore, évacuant les terres inondées sous la poussee résistible de nos troupes victorieuses. Nulle force au monde ne pourra entraver ce reflux gigantesque, commandé par la loi de la pesanteur. Car le sens de ce double ouvement apparaît clairement à nos yeux. Les préceptes de stratégie fondée sur l'illusion et l’artifice s’effacent pour laisser place à une stratégie nouvelle simplifiée : et plus loyale. Comme la mer et les astres, la bataille est
créa de toutes Dites à son usage, a nn jusqu mA jour bouleverser les lois de la nature et contrebalancer la masse par d'ingénieux expédients. De quel secours peutêtre, dans ces guerres modernes où chaque nation déploi sa puissance réelle ? Il ne s'agit pas de négliger les force morales pour ne considérer que les éléments physiques du problème, mais autre chose est de tabler sur l'ardeu sublime d'un peuple qui veut vivre, autre chose d'att cher une confiance illimitée dans les ressources d'u intelligence rompue aux arguties guerrières. Les for morales participent des forces naturelles, elles sont dan l’âime humaine le reflet de la loi d'attraction. Mais es elle bien une force morale cette foi en la vertu de l’offen sive que l'École de Guerre professait au mépris de réahtés ?
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