‹ Plutarque a menti 1923Chapitre 53 sur 59 · LA CONTRE-OFFENSIVE · texte numérisé non relu

LA CONTRE-OFFENSIVE

réserves » est en opposition directe avec les nécessités d'une offensive prolongée et s'accorde mieux avec la défensive renouvelée, créée par Pétain, lors de l'offensive allemande du 16 juillet 1918.

* La campagne de France nous montre Ludendorff ; jetant chaque fois dans la fournaise de nouvelles divisions fraîches. Malgré la disproportion des forces en présence, c'est lui qui s use le plus rapidement. Les trois cents Spartiates de Léonidas, grâce à l’étroitesse des Thermopyles, auraient tenu longtemps devant ia grande armée des Perses. si la trahison n'avait eu raison d'eux. Un front ortifié rappelle toujours plus ou moins les Thermopyles. D'autre part, une défensive échelonnée en profondeur “enlève à l’assaillant le moyen de détruire par un choc jolent et d'un seul coup les forces ennemies : au conaire, comme il est bien obligé de faire bloc pour forcer . passage. c'est hu qui s'offre en masse aux coups de dversaire retiré sur sa deuxième position. Quiconque ittend les attaques possibles, à l'abri de sa ligne, est plus ju moins dans la position du chasseur guettant le passage gibier. Plus on ira. d'ailleurs. plus on pertectionnera les oyens d'observation, ce qui rendra la surprise difficile. n na pas assez remarqué que dans la dernière guerre dispositif de défense a été influencé par les erreurs du ut. Longtemps on a cru à la nécessité de tenir sur la emuère position et d'y accumuler les défenses matés et les troupes. Si bien que l'agresseur avait des \ances de désorganiser la défense ennemie, dès le prechoc. Plus tard, on a compris qu'il fallait faire le

contraire. Il n'y a plus d'offensives possibles si le système ; défensif est établh de telle sorte que la position principale | se trouve toujours à quelques kilomètres en arrière, hors de portée de la préparation, c'est-à-dire si l'ennemi est . assuré de trouver devant lui la masse intacte dés défen… } seurs au moment où il arrive lui-même à la limite de son effort. Qu'on le veuille ou non, la science qui accroït. de jour en jour la puissance des moyens matériels travaille pour la défensive. Devenir agresseur sera une tâche | de plus en plus ardue. Songez que quiconque se lance en. avant perd au fur et à mesure qu il avance la por de ses moyens et s’affaiblit puisqu'il s'éloigne de ses bases. Âu contraire le défenseur se rapproche des siennes. De tels arguments sont irréfutables. Toute armée qui s'installe en front continu a intérêt à laisser agir l'esprit | offensif de l'ennemi et à se tenir sur la défensive pour k attendre l'occasion favorable du retour en avant. C'est, ce que n’admettent point les théoriciens de l'offensi J'ai raconté dans G. Q. G. secteur 1, comment ave l'attaque de mars 1918, un général de haut renom me proposa d'esquisser une campagne de presse pour. obliger Pétain à engager une offensive préventive qui eut. désorganisé celle de l’assaillant. Des milliers d'officiers de carrière partageaient son avis. Il suffit de voir de haut ; la bataille de France pour saisir la folie de cette croyance. En effet, les quatre mois d'initiative de Ludendo ont prouvé que l'offensive, même portée à son nt e

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Fi où il venait d'en Lao à avec le général ts üglas Haïg apprit qué son front des Flatdres a

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avait été attaqué, défoncé et tout “fut remis en ques. ï tion. »

Cependant, quel espoir pouvait-on fondés sur une offensive prononcée là même où l'ennemi était précise | ment en forces et alors qu'il disposait encore de tant de réserves ? J'admets que le général Foch, désireux de ne pas laisser l'ennemi si près d'Amiens ait voulu l'en. écarter. Îl ne pouvait toutefois espérer que des amélio- 1 rations partielles, car nous étions loin de posséder une 1 méthode offensive de la valeur de celle de Ludendorff.

D'autre part, Foch surpris par l'attaque des Flandres . du 16 avril, fait remonter dans ce secteur des réserves si importantes que Pétain s'inquiète et lui signale le danger. de s’hypnotiser sur l'extrême gauche de notre ligne. Foch n'écoute pas ces conseils, car il craint pour Calais. Ces deux faits révèlent une perspective un peu courte « de l'événement et comme une vue erronée des 1 ltés que l'ennemi prépare.

En effet, loin de s’acharner à vouloir gagner la mer à tout prix — j'ai dit plus haut pourquoi — Ludendorff se disposait, dans le plus grand secret, à tomber pour la troisième fois — son facteur principal étant la surprise

— sur un front dégarni et mal surveillé : le chemin des Dames, pilier central de notre système de défense, dont la chute pouvait amener la rupture complète du dispositif en son milieu et ouvrir la route de Panis. |

Que faisait Foch pendant ce temps ? Écoutons Madelin « Dès le 12 mai, répondant aux désirs de plusieurs grands, chefs, il pressait Pétain de faire préparer par le Groupe

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: 240 les mines de Prueu ne cessait lui-même de voir les grands chefs, de les entretenir de ses projets ; et ses

où tient toute la bensée du générai en chef à cette heure critique. Cette pensée est toute offensive. I] l'avait déjà

ttaques à monter, il ajoutait : «c'est pol que notre offen- Sive ne peut viser un objectif limité par nous-mêmes et faible portée : — qu'après avoir arrêté l'ennemi dans les Flandres, en Picardie ou sur la Somme, si nous l'attauons, c'est pour le battre, le désorganiser le plus possible : que la bataille engagée par nous dans ce but doit être de plus rapidement poussée LE PLUS LOIN POSSIBLE, avec la dernière énergie, — qu'elle ne peut simplement viser à : curer une amélioration de la situation actuelle (celle-ci en fait facile à défendre, c'est une simple affaire d'orgaa ations solides et répétées) ; : fournir des objectifs faciles onserver ; ; ne pas exiger un développement de front ffensif. Tous ces avantages résulteront, naturellement, dune bataille à portée peu étendue, vivement poussée ur cela, à l'inverse par conséquent d'une bataille qu'on ête soi-même, ce qui est le contraire de l'attaque, de pont d'offensive qui doit animer toute l'armée !. »

On ne peut s'empêcher de remarquer le caractère sybillm de phraséologie.

des résultats considérables on se contente TR 1

tions. Remarquez que nous sommes dans la deu moitié ee mai et les Américains sont loin d' être à

la soudure avec les Américains, nm l’idée nu l'usure des réserves ennemies ne le Pré0CpHBenE

avant l'aide américaine : un peu, par une noble H loi de héros ; beaucoup, parce que les Her Ho

cendie, une âpre bataille avançant pas à pas, que uprecht eut soutenue car 1l avait des forces sérieuses,

re face À tout. Qu'aurait fait le général Foch si, tandis lai

al poussait son offensive en Picardie ou sur la Somme,

fut bloqué, alors qu'on espérait au moins la prise de la ville. J'ai entendu à cette époque les officiers de liaison … . du G. 0. G. et ceux de l'état-major Humbert se lamenter . sur la façon malhabile dont nos braves troupes attaquaient, Li sur leur timitidé à progresser, sur leur fâcheux esprit de coude à coude qui allait à l'encontre du libre procédé … d'infiltration mis en honneur par l'Allemand dans l'offen- … sive. Elles apprirent d'ailleurs, très vite, à manœuvrer.

Ainsi, à cette date du 20 mai, nous voyons un sursaut de l'offensivite risquer de compromettre la victoire. Mais, grâce à Dieu, le Destin veillait. Les préparatifs . d'offensive que le général Foch poussaient avec une hâte fébrile n'étaient pas encore arrivés à terme que le 27 mai . l'ennemi attaquait sur le front du Chemin des Dames. . Encore une fois, Ludendorff nous devançant, se lançait dans l'aventure. Nous étions réduits par la force des choses | à demeurer sur la position défensive, si favorable à nos | armes et que nous voulions, de gaîté de cœur, abandonner. 10

L'attaque allemande du 27 mai fut triomphale si l'on | se place au point de vue du terrain conquis. Mais parce que la surprise avait été complète nous n avions presque | pas de troupes devant l'ennemi pour l'arrêter. Quant à | nos réserves, elles étaient trop loin. en avant d'Amiens | et dans les Flandres, pour arriver aussi nombreuses qu'il l'aurait fallu. Si bien que cette offensive qui aurait dû nous valoir une usure considérable, selon les projets de F Ludendorff, ne fut pas payée trop cher. Nos troupes se” bornèrent à résister héroïiquement à droite et à gauche.

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