LA CONTRE-OFFENSIVE
‘ennemi n FAURE en rien provoqué la décision. À partir de ce momeni Ludendorff se démoralise visiblement.
D ébant l'épée enchantée de son adversaire, il a l'impres- “sion quil se heurte à une puissance invisible contre quoi ses coups porteront en vain. Cette force magique, C ‘est d'une part le moral de la France et la volonté de Foch, autre part cest l'absurde front continu auquel il ne eut se soustraire.
Quand on regarde de près cette lutte gigantesque de 918, on comprend aisément que l'imagination populaire, aux 6 fpoaues de foi et de naiveté, ait souvent placé auprès guerriers le fantôme lumineux d'un génie protecteur | guide leurs coups et annihile ceux de l'ennemi.
: brise net ; broyé, pantelant, il s'arrête le 2° jour. sn tre gauche, il franchit la Marne et pousse vers Épernay
Marne une puissante Contre Aa en surprise qui ds és, la ligne sur un large espace. Coup formidable, coup inattendu dont Ludendorff reste ébranlé, démorali é, grossy, comme disent les boxeurs. :
C'est la première vague du reflux. Je me souviens qu'à cette époque un ofhcier du 3° bureau du G. Q. G. qui, en dépit de ses préjugés professionnels, témoignait d'une vive intelligence, me fit toucher du doigt la valeur de la riposte. Le moment et le point d'application de l'attaque est si bien choisi, me dit-il, que la rupture d'équilibre est consommée maintenant. Toute l'œuvre de Ludendorff se retourne contre lui. Nous avons repris l’ascendant alo qu'il est parvenu à l'extrême limite de ses efforts, qu “il é épuisé et à bout de son moral : il ne pourra plus nous | 4 ravir. Nous allons profiter de la fragilité de ces poche s gonflées hors du rempart fortifié de l'ennemi. Et un autre officier dit ce mot pittoresque : « Nous allons rentrer . l'édredon, nous trouverons bientôt le sommier. | sommier, c'était la ligne Hindenburg, qui restait le pont noir.
Mais derrière ces magnifiques propos de cachait une réalité qu'il ne me disait point, une réal qui démentait singulièrement ces aphorismes. Il ne disait point que le général Foch avait donné l'ordre d'attaquer entre l'Aisne et la Marne le 12 juillet, impatient qu'il était de devancer l'ennemi dont il savait par ses agents d renseignements l'offensive imminente. Ce n'est donc.
tin, des 2 1: FD nous el b 11 ou L 12 on grande attaque à l’aide de chars d assaut, partant
; s imagine point que hote HA os arrêtée, itraire Ludendorff eut fait reposer sur elle la diver-
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compter que Ludendorff aurait profité de son offensive pour lancer le même jour une contre-attaque entre Aisne et Marne. Qui sait si nos soldats n'eussent pas été défavorablement impressionnés ?
Au contraire, parce que l'attaque préventive du 12 juillet é ne put avoir lieu et que Ludendorff put partir à l'assaut sans être troublé entre Aisne et Marne, il crut quil n avait plus rien à craindre de ce côté ; sa surveillance se » relâcha, la vigilance de ses troupes s’endormit, et quand le 18 juillet nous mimes à exécution notre dessein, la surprise de l'ennemi fut terrible et sa résistance nulle.
Avec la meilleure intention du monde on ne peut pas w ne pas voir que la prévision et la volonté fochiennes pen- 1 dant trois mois et demi marchent à contre-sens du large 4 schéma de flux et de reflux qui se dégage si nettement | 1 de la bataille de France, quand on l’examine du dehors, | avec un peu de recul. Cette tragédie si bien réglée, si bien distribuée, composée de deux parties égales, l’une toute 4 de sang-froid, l’autre de fougue impétueuse, ce renversement subit d'une situation d'attente maintenue avec … une rare maitrise, à travers d'effroyables secousses, quand on y regarde de près, en scrutant les intentions et les \ ordres du commandement, apparaît singulièrement trouble " et contuse. Tous les matériaux sont bien là, mais c'est le destin qui les a mis en ordre. La chaîne des faits s'établit M un peu malgré la volonté du chef. Au lendemain du 30mars « alors que Foch se prépare à attaquer. l’ennemi le devanc dans les Flandres à la fin de mai. alors que l'offensiv générale de l'armée française va sonner, Ludendorff s
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1e sur le heu des Dames : au milieu de juillet, tandis que nous préparons hâtivement la contre-attaque entre : ‘Aisne et Marne, l'Allemand déclanche sur le front, des deux côtés de Reims, le suprême assaut. Trois fois notre outre-offensive prématurée est ajournée et Ludendorff ‘4 se trouve seul engagé dans l'engrenage de l'inutile offensive, sans que nous lui fournissions l’occasion d'une diversion utile à ses desseins : nous ménagerons nos unités par cela même, si bien que la soudure avec les Américains » pourra se réaliser à l'heure voulue. Mais que Foch ait ru pouvoir se passer de l'aide américaine, n'est-ce pas uil n'avait pas pris conscience du problème des forces, uil escomptait l'expédient stratégique, le trompe-l'œil de la manœuvre pour remplacer la masse ? Grave persisance dans de vieilles erreurs ! Enfn, dernier avantage ces retards non voulus, nous laisserons l'ennemi gasiller ses réserves, nous le laisserons étendre démesurément ses poches hors de son rempart fortifié. Croyez-vous quil eut été favorable à notre grand retour offensif de réduire chaque poche creusée par l'ennemi, au fur et à iesure qu 1l les créait ? Qui ne voit au contraire que notre ition d attente l'engageait à à accroitre imprudemment sa vulnérabilité, en lui donnant à croire que nous n'avions pas la force de réagir. La seule contre-attaque qui se justifie est celle du 11 juin, car elle tendait, en bloquant l'ennemi, à l'empêcher d’aveugler une poche, si utile à nos desseins. Tout l’art de cette immense bataille consistait
retour offensif ne pouvait se faire en riposte Le allemande, c’ést compréhensible. Il fallait attendre moment où l’ennérni se briserait, avant de lé refoule L'offensive du 15 juillet réalisant seule ces éonditi l'heure avait sonné : d'autant plus que les troupes améri- | câinés vénaiént de nous apporter uné supériorité d’effec tifs qui allait grandir formidablement. re Ceux qui s’appuyént sur ce séhémä pour çanter | vertus de l’offensivé, sans y ajouter les cor:cttifs indispi nsables et sans méttre en valeur le ÿ£canisme de flux ét dé reflux, prouvent que tout es demeuré confus dans leur esprit. [l y a là une iminense éaqüivoque, dont on ne saurai trop dire le danger. Madelin, éssayant de justifier l'offen: sive malheureuse dé Nivelle. 4 éérit : «un plan stratégique pr prête toujours à une critiqué : s'il est vaste, il est tout dé ss réputé chimérique et il est tenu pour tél jusqu'e moment où il se réalise. Si Foch eut, en jutllet 1918, ré à ses lieutenants : qu attaquant en Picardie, il allait én tro mois reconduire les Allemands à la Meuse, ôn l'e ût probablement taxé d extravagance. à ke Qu'y a-t-1l de commun entré cette offensive 4 16 à | menée contrée un rempart fortifié, où un enhémm: én for: nous attendait à coup sûr, et la vaste contre-offensive Foch eur uñ ennémi arrivé au bout de ses efforts, dé talisé ét qui est installé derrière une ligne de fortuné
tte La leçon de la guerre, la voilà, il n y en à pas d autre.
L'attaque du 14 juillet, suivie de la contre-attaque du 18, rompit le faisceau d'idées cohérentes sur quoi s'appuyait Ludendorff au cours de son action offensive. è Îl avait, en effet, besoin de croire à trois postulats pour ajouter foi à l'excellence de son entreprise et, pain la continuer :
19 Il ln semblait Lite que sa méthode d' attaque devait réussir à chaque coup.
2° Que notre pouvoir offensif diminuait et notre faiblesse numérique augmentait à chacun de ses coups. …
39 Que Foch, comme conséquence, serait contraint de raccourcir son front, c'est-à-dire reporter sa ligne plus au sud, ce qui laisserait ouverte la route de Paris.
Or le choc vigoureux du 18 juillet venait de lui db. trer que ces trois postulats n'étaient plus que des illusions. Quatre mois de sacrifices sanglants n'aboutissaient à rien. Les Français, reprenant du poil de la bête, semblaient plus agressifs que jamais ; l'apport américain leur donnait une supériorité d'effectifs qui ne ferait que grandir
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. Au vrai, il ne se sent plus en sûreté, hors de Hindenbourg : : il est, par devers lui, secrètement |
pidité aussi — car il ne veut pas mente son nus effectuera ces replis avec lenteur, après d'â âpres
Hisicre avec succés.
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nouvelle de la guerre nationale. ; ji
Foch, au contraire, s adapte étroitement à la . t Foch s'adapte intégralement au concept de la her pioitire qui marche toutes forces ess Ra
n'ont eu pour résultats que de la A ci sa: ; et de reculer la décision. À quoi se résume la €
vicioneuse de F och ? À des centaines de compartiels où triomphe la science tactique des chets
ti ‘petites unités Le bataillon est le vrai vainqueur de
mense bataille Capitaines et commandants avec urs troupes, combattent, comme au temps de Montiuc, ‘déploient une ingémiosité merveilleuse à prendre dv rsaire en défaut, à imaginer des surprises, à ut
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14 novembre et qui réthes chi le but stratégique 7 couper la ligne de retraite ennemie auraït réussi, car,