ER DIALOGUE
: s futurs : les étapes tragiques a ete pour moi, sinon quatre années de ma vie dont j'ai encore | e goût vif et amer sur les lèvres et le rythme dans mon sang ? Vais-je comme les autres la défigurer en la drapant d'oripeaux symboliques, la figer dans l'allégorie, alors que je la sens palpiter vivante et vraie devant moi ? On ne connaît vraiment que ce quon a jaugé des yeux et de la main. Que sont pour moi César, Napoléon, la gloire de Rome, les jours de la Révolution ? Des rêves, suggérés par la lecture des livres. Mais la réalité d'un temps que el histoire retiendra à coup sûr, il m'appartient d'en déf- nir le volume exact, la véritablé substance. Des hommes pareils à ceux que Plutarque a donnés en exemple ont accompli des actions éclatantes, et je ne m'approcherai point pour connaître leur secret : Qu'y at-il au fond de ce qu'on est convenu d'appeler le génie ? | Pourquoi, tout à coup, un âge médiocre, sans grandeur et sans renommée, se pare-t-il de la plus brillante a ? Des hommes, qui hier paraissaient destinés à l'oubli, sont acquis, aujourd'hui, à l'immortalité Une vertu nouvelle s'est-elle répandue en eux, un magicien les a-t-4l achés de sa baguette ? Ceux qui entrent au Panthéon e l'Histoire sont-ils vraiment dignes d'être regardés omme les plus hauts exemplaires de l'humanité ? Ou ut cela n'est-il que mirage, chimères forgées par l’imagination des hommes, illusions propagées, entretenues ar la créduhté ? N'y a-t-il au fond de tout cela que la 240 créature chétive et bornée ?