DU. NET A
d'ensemble dans la troisième édition de son Précis !.
M. Mollard avait signalé que le triangle se retrouvait chez l’adulte. À la séance de la Société médicale des Hôpitaux du 16 mai 1911, M. Pauly? rapporte une observation confirmative.
Cependant, à la lueur des données radioscopiques, M. le professeur Edm. Weill et ses élèves élargissent leur œuvre et, de plus en plus, sont élucidés des problèmes qui touchent à la question. A la séance de la Société médicale des Hôpitaux de Lyon du 5 mars 1 912, MM. Weill et A. Dufourt * étudient la stomatite herpétique à pneumocoqnes, l’herpès pneunomique. Parrot, dans la Gazette hebdomadaire de Médecine et Chirurgie, année 1871, avait noté la fréquente coexistence épidémique de la fièvre herpétique et de la pneumonie. Rochou*, dans des vésicules d’herpès au pourtour de l'anus, avait trouvé du pneumocoque et avait observé, chez le même malade, une pneumonie subséquente du sommet gauche; le malade succomba. MM. Weill et Dufourt trouvent également du pneumocoque à l’état
pur dans les vésicules buccales ou péribuccales au cours de la pneumonie et ils envisagent l’herpès pneumonique comme une localisation muqueuse ou cutanée
1 Edm. Weill, Précis de médecine infantile. Précis de la colleclion Testut-Doin.
2? Pauly, Communicalion à la Société médicale des hôpitaux de Lyon, séance du,16 mai 1911 (Lyon Médical, 1911, t. Il, p. 601-603).
3 Edm. Weill et À. Dufourt, l'Herpès pneumonique (Communication à la Société médicale des Hôpitaux de Lyon, séance du 5 mars 1912, Lyon Médical, 1912, t. 1, p. 617).
# Rochou, Journal de Clinique et de Thérapeutique infantiles, 15 octobre 1896.
de la pneumococcie, qui, selon qu'elle est précoce ou lardive, précède, au moins (en apparence) ou suit l’atteinte pulmonaire. Certaines stomatites herpétiques, d’ailleurs, doivent être considérées comme l'équivalent d’une pneumonie. Elles relèvent d'une pneumococcie locale s’accompagnant de phénomènes généraux et d'une réaction thermique comparable à l’ensemble donné par une localisation pulmonaire de la pneumococcie, Telle pneumonie « abortive » en est une localisation sur le poumon au même tre que l'herpès sur les téguments ou les muqueuses. Les auteurs distinguent, d’ailleurs, dans les herpès fébriles ceux à dispositif zostérien engendrés probablement par une irritation radiculaire due aux toxines microbiennes, et ceux privés du dispositif. Ces derniers peuvent être engendrés par la localisation cutanée d’un microbe, et, dans la pneumococcie, par la localisation cutanée du pneumocoque.
À la séance de la Société médicale des Hôpitanx : de Lyon du 12 novembre 1912, communication de MM. Edm. Weill et Gardère sur le diagnostic de la pneumonie et de la broncho pneumonie pseudolobaire!. La broncho-pneumonie à noyaux disséminés, la bronchite capillaire ont des symptômes et des. lésions assez opposés à ceux de la pneumonie pour que le diagnostic en soit possible sans le concours radioscopique. Mais dans les broncho-pneumonies pseudo- |
! Edm. Weill et Gardère, À propos du diagnostic de la pneumonie et de la broncho-pneumonie pseudo-lobaire (communication à la Société médicale des Hôpitaux de Lyon, séance du 12 novembre 1912 ; Lyon Médical, 1912, t. Il, p. 877).
lobaires, les lésions, tout en affectant le type lobulaire, rappellent, par leur confluence, un foyer d’hépatisation segmentaire d'un seul tenant. Les signes de percussion et d’auscultation, par leurs caractères, par leur fixité, les symptômes fonctionnels (oppression, cyanose) se rapprochent de ceux d'une pneumonie franche. La courbe thermique, moins chargée d’oscillations, est comparable à une courbe de pneumonie franche à type intermittent. Ni le mode de début, moins brusque, ni l'évolution, plus prolongée, ni la coexistence de bronchite, ni l'expectoration, qui chez l'enfant s’observe peu ou pas, ni enfin les rémissions de la courbe thermique ne sont des moyens de diagnostic nets et de grande valeur. Chez les jeunes enfants la question se complique, d'une part de ce que certaines broncho-pneumonies pseudo-lobaires évoluent rapidement et donnent la mort au bout de quelques jours dans la somnolence et les convulsions comme s'il s'agissait d’une pneumonie à forme cérébrale, d’autre part de l'existence aussi chez eux de certaines pneumonies authentiques à durée normale, évoluant en plusieurs étapes dont chacune est séparée de la suivante par une rémission thermique parfois passagère. Ces pneumonies répondent à des foyers s'étendant peu à peu, de façon à occuper une grande étendue de poumon. Les auteurs montrent tout le parti qu'ils ont tiré de la radioscopie dans un cas de broncho-pneumonie à pneumocoques pseudo-lobaire, de diagnostic difficile survenu au décours d’une rougeole. L’écran le permit en révélant une transparence des deux poumons; à l’autopsie : broncho-pneumonie pseudo-lobaire de deux
LAVE EE lobes d’un même poumon. Cette transparence est fournie par les îlots d’emphysème qui, au cas de broncho-pneumonie, subsistent toujours au milieu des
îlots hépatisés les plus agminés. Cette hépatisation
lobulaire diffère d’ailleurs aussi de celle de la pneumonie par des caractères biochimiques et microscopiques. Nous verrons les raisons pour lesquelles 1l peut se faire que l'examen des poumons au cours de l'autopsie n'arrive pas à trancher le différend : la radioscopie, alors, reste le seul recours. :
M. le professeur Weill et M. G. Mouriquand s’attachent ensuite à la question de la pneumonie de la première enfance, jugée avec le concours de laradiologie !. Alors que Valleix, confondant chez le nourrisson là pneumonie et la broncho-pneumonie, affirmait que celui-ci présentait fréquemment la première, nombre d’autres, à la suite de Parrot, réagissaient inversement et niaient que l'enfant du premier âge püt avoir une pneumonie. Comby et d'Espine avaient combattu celte opinion trop générale, excessive, en se basant sur la seule clinique, mais ils n’avaint pas été unanimement suivis. Grâce à la radioscopie, Weill et Mouriquand démontrent que la pneumonie du nourrisson est beaucoup plus fréquente qu'on ne l’a prétendu. Les rayonsX, en effet, montrent toujours le foyer d'hépaüsation lorsqu'il existe, ce que l’auscultation ou la percussion sont loin de faire. Le nombre de cas véri-
! Edm. Weill et G. Mouriquand, Recherches de radiologie clinique sur la pneumonie du nourrisson (communication à la Société médicale des hôpitaux de Lyon, séance du 3 décembre 1912; Lyon Médical, 1919, t, Il, p. 1018).
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fiés authentiques par Weill et Mouriquand (52 cas, 19 d'avant l'ère radioscopique contre 33 d'après celle-ci) dépasse de beaucoup celui de la plupart des auteurs, et cette fréquence peut soutenir la comparaison avec la pneumonie de la deuxième enfance. Suit un exposé très complet des recherches de radiologie clinique. L'on y note que pour des raisons diverses les signes physiques peuvent manquer, même lorsque est apparu le foyer primitif triangulaire d’hépatisation à base superficielle corticale répondant à l’aisselle; chez plusieurs bébés une opacité totale du sommet s'est montrée d'emblée, sans que le triangle de retour ait apparu. Bien entendu, la radioscopie fait avec une quasi-certitude le diagnostic entre la broncho-pneumonie et la pneumonie du nourrisson : dans la broncho-pneumonie, jamais d'ombre sur l'écran, et seule une tuberculose aiguë du sommet de type broncho- -Preumonique RE -Jobaire confluent, donnerait lieu à discussion.
Dans le Paris médical du 7 décembre 1912 MM. Edm. Weill et G. Mouriquand'!, passant en revue leurs travaux, estiment que l'étude radiologique attentive de la pneumonie infantile permet de différencier dans son évolution : 4) une phase où la localisation pulmonaire est encore nulle dans ses manifestations anatomiques et cliniques; b) une phase où cette localisation est minime, plus ou moins ébauchée, mais n’allant pas jusqu'à l'hépatisation; c) une phase où
1 Edm. Weill et G. Mouriquand, la Pneumonie infantile jugée par la radiologie {Paris Médical,,7 décembre 1912):
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l'hépatisation se réalisant, s'annonce par une image à l'écran, La maladie peut s'arrêter à l’un de ces trois stades. Lorsqu'elle s'arrête au premier, elle mérite plutôt que le nom de pneumonie celui de « pneumococcie ». Lorsqu'elle va jusqu'à l’hépatisation, les signes généraux précèdent habituellement l'image pulmonaire, qui survit à ceux-c1. |
Cette opposition entre les formes où le pneumocoque, agent causal de la maladie, ne se localise point au poumon, et celles où il s'y localise, est précisément envisagée dans la communication de MM.Edm. Weill, G.Mouriquand et A. Dufourt, à la Société médicaledes Hôpitaux de Lyon sur les « pneumonies et pneumocoë= cémies infantiles !». Pour les auteurs, la présence du pneumocoque dans le sang est un fait constant ou du moins excessivement fréquent au cours de la pneumonie, mais cette présence n'existe que durant un laps de temps très court. Plus la prise de sang est voisine du frisson et de l’ascension thermique, plus même elle se rapproche de la période prémonitoire qu’on retrouve dans l'observation attentive des cas de pneumonie, plus le transport du pneumocoque dans le sang circulant a chance d’être démontré. D'ailleurs, comme le dit Lesieur, une hémoculture négative n'infirme pas cette présence du pneumocoque. L'inoculation à l'aninimal n'est-elle pas d’ailleurs parfois positive alors que l’hémoculture ne donne rien? Les auteurs sur
1 Edm. Weill, G. Mouriquand et À. Dufourt, Pneumonies et pneumococcémies infantiles (communication à la Société médicale des hôpitaux de Lyon, séance du »5 février 1913; Lyon Médical, 1915, t. 1, p. 529).
huit cas ont eu cinq résultats positifs, Cotoni, chez trente-cinq pneumoniques avérés, n'en à eu que dix, mais 1l ne s'était pas servi de sérum de lapin, milieu de choix. Sur les cinq résultats positifs de Weill, Mouriquand et Dufourt, un cas mortel (enfant de cinq mois). Le pneumocoque peut aussi apparaître dans le sang tardivement, après le huitième jour, à l'inverse de sa présence dans les premiers jours de l'affection, présence presque constante, et qui serait plus souvent vérifiée si les malades venaient plus tôt; cette invasion tardive acquiert une signification pronostique grave, non fatale cependant. La quantité du pneumocoque, ‘sa virulence pour la souris, déterminée 1er par l’injection à l'animal, non point du sang du malade, mais de l'hémoculture elle-même, ne sont que des indices de valeur relative. D'une façon générale les auteurs estiment avec Lemierre qu'une hémoculture positive à une période avancée de la maladie doit faire réserver le pronostic ou attirer l'attention du côté des complications, et ces conclusions sont applicables à l'enfant comme à l'adulte et au vieillard. Les observations de Paul Courmont et Paul Durand! chez des adultes ou des vieillards pneumoniques au cours de l'hiver 1913 confirment dans ce sens; il semble d’ailleurs que certaines épidémies donnent davantage d’hémocultures positives à la période
d'état ou à la dernière période de la maladie.
.1 Paul Courmont et Paul Durand, Signification de la présence el du nombre des pneumocoques dans le sang au cours des pneumonies (communication à la Société médicale des Hôpitaux de Lyon, séance du 25 février 1913; Lyon Médical, 1913, p. 520),