‹ Pneumonie Infantile et RadiologieChapitre 12 sur 42 · EE · texte numérisé non relu

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Elle permet de ne pas attendre l'apparition des signes d’auscultation (le plus commun est 1e1 le souffle), qui est plus tardive que ne le dit Broca, et ne se fait pas comme il le dit au troisième jour, mais bien au cinquième (Comby, Desmars) et même après. Dans de telles éventualités, la radioscopie est un moyen de diagnostic supérieur à tous les autres. A signaler que dans un cas sur les deux de Weill, Mouriquand et Gardère! l’évolution s'est continuée jusqu’à l’hépatisation grise. Ce mode de terminaison avait été-signalé par Vulpian et Franz Mayr.

Weill, Mouriquand et Dufourt' étudient aussi un cas de pneumonie à pneumo-bacilles de Friedländer. Dans cette pneumonie la culture du sang donne en bouillon, sur pomme de terre, gélose, des cultures pures de ce microbe, cultures d’un blane laiteux coulant au fond des tubes et rendant visqueux les milieux liquides. La thèse de Brissaud avaït déjà fait ressortir que les localisations pulmonaires du pneumo-bacille ne sont point rares. Parfois 1l imprime au tissu pulmonaire le caractère de ses cultures. Parfois il donne des lésions du : même ordre que celles dues au pneumocoque. Dans le cas des auteurs la radioscopie donna une ombre diffuse peu intense, mal limitée, qui n’était pas accompagnée des signes cliniques de la franche hépatisation :

1 Edm. Weill, G. Mouriquand et Gardère, Note sur la pneumonie dans la rougeole (Société médicale des Hôpitaux de Lyon, séance du 18 mars 1913; Lyon Médical, 1913, t. I, p. 868).

? Edm. Weill, Mouriquand, Dufourt et Blanc-Perducet, Pneumonie à pneumo-bacilles de Friedländer. Considérations cliniques et radioscopiques (Société médicale des Hôpitaux de Lyon, séance du 6 janvier 1914; Lyon Médical, 1914, t. 1, p. 133),

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matité et obscurité du murmure. On notait les signes bruyants, souffle et râles, qui se produisent dans la zone engouée. Il est intéressant d'observer que par la suite l'enfant fit dans l’espace de deux ans trois récidives, la première du côté de la pneumonie primitive, les deux autres du côté opposé, c’est-à-dire à droite. La radioscopie ne fut pas faite lors de la première et de la troisième récidive, mais seulement lors de la seconde etelle montra une transparence pulmonaire parfaite, pas même d'ombre ébauchée.

Weill, Mouriquand et Dufourt, dans un cas de pneumococcie infantile avec méningite sans localisation! mettent en parallèle les sujets lésés par le pneumocoque ou par l’Eberth chez lesquels ces germes épargnent l’organe pour lequel à l'ordinaire ils ont une affinité maxima. Ils envahissent alors très souvent les méninges. Toutefois (Backer, Netter), il y a toujours au début une localisation pulmonaire insuffisante pour être diagnostiquée cliniquement ou à l’écran, mais qui n’en existe pas moins, et la lésion méningée n’est primitive qu’en apparence, Quant aux symptômes méningés, conformément à l'opinion de Nobecourt et Voigin, ils indiquent toujours une lésion des méninges, fût-elle très légère. Il n'y a pas de symptômes méningés résultant de troubles fonctionnels sans lésions. Lesexamens nécessaires sont iei l'ensemencement du liquide céphalo-rachidien et l’inocu-

{ Edm. Weill, Mouriquand et Dufourt, Pneumococcie infantile avec méningite sans localisation pulmonaire (Société médicale des Hôpitaux de Lyon, séance du 7 avril 1914; Lyon Médical, 1914, I, p. 888. à

lation à des animaux récepteurs. A ce sujet même,

le professeur Weill émet l'opinion que la radiographie

instantanée permettra peut-être de fixer la lésion sur

l'écran dans des cas analogues, et dans beaucoup de

ceux où, soit cliniquement avérée, soit seulement soupçonnée, elle était indiscernable aux rayons.

A la veille de la grave époque que nous vivons, Weill et Gardère‘ entamaient l'étude des figures radioscopiques données par des pneumopathies autres que la pneumonie, et pouvant prêter au diagnostic avec celle-ci. C’est ainsi qu'ils recherchaïent la valeur séméiologique de l'ombre radioscopique en bande transversale de la région moyenne du poumon. IL s'agit d'une bande suspendue, horizontale ou légèrement oblique, allant du médiastin à la paroi costale. Dans un cas de ce genre l'autopsie montra une transformation fibro- caséeuse du lobe moyen du poumon droit. Des processus pneumoniques d'ordre tuberculeux aboutissant à ces coulées parascissuraires si fréquentes le long des interiobes dans la tuberculose de l'enfant donneraient la même image. Une réaction pleurale interlobaire, non d’origine tuberculeuse, serait susceptible de la donner aussi, mais il est probable que la pure sclérose, expression ou résidu d’une inflammation causée par un autre microbe que le bacille de Koch ne donnerait pas l’image d’une bande, à moins de modifier la position de l’ampoule, de façon à faire

1 E, Weill et Gardère, Valeur séméiologique de l'ombre radioscopique en bande transversale de la région moyenne du poumon (communication à la Société médicale des Hôpitaux de Lyon, séance du 31 mars 1914; Lyon Médical, 1914, t. I, p. 831-833).

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passer le rayon d'incidence normal par l’axe même de l’espace interlobaire (Béclère, Presse médicale, 1902, Barjon).

Le 26 mai 1914, M. le professeur E. Weil], en collaboration avec M. le professeur Cluzet et MM. Mouriquand et Dufourt communiquaient à la Société médicale des Hôpitaux de Lyon une note sur la pneumonie expérimentale du chien et sa radiologie‘. Les auteurs insistent sur la nécessité de l’expérimentation pour établir les lois qui régissent la traduction des lésions à l'écran, et la figure sous laquelle ces lésions se traduisent. L'étude de l’évolution d’un bloc pneumonique jugée aux rayons X apporte d’ailleurs de précieux renseignements sur la genèse, la formation, la date d'apparition, la topographie, l'évolution du bloc hépatisé. Le chien est résistant au pneumocoque, susceptible par suite de faire une localisation pulmonaire, pourvu que la culture pure du microbe lui soit injectée par la trachée, et Gamaléia, Tchistovitch, Lamar, Auer et Melzer s'étaient adressés à cet animal. S'il succombait, ou si on le sacrifiait, on trouvait à l'autopsie une hépatisation avec grain fibrineux Auer et Melzer, par des inoculations de streptocoques, avaient obtenu des lésions d’hépatisation pseudo-confluentes rappelant celles de la broncho-pneumonie pseudo-lobaire. Le professeur E. Weil et ses collaborateurs radiographient le chien avant l'injection, puis le deuxième jour après celle-ci. Ce jour-là ils observent un foyer

1 E. Weill, Cluzet, Mouriquand et Dufourt, Pneumonie expérimentale du chien, note de radiologie (Société médicale des Hôpitaux de Lyon, séance du 26 mai 1914; Lyon Médical, 1914, 1, p. 1286).

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opaque au tiers inférieur de l'hémithorax gauche. Confinant au diaphragme, ce foyer de la base gauche a sa limite supérieure partant de l’ombre cardiaque et orientée en bas et en dehors. Troisième radiographie quatre jours après l'injection : mêmes résultats. Quatrième radiographie dix jours après : la base est redevenue claire. L’hémoculture est positive le deuxième jour. La défervescence a lieu le septième jour en lysis, coïncidant avec une amélioration rapide.

Le 7 mars 1914, les deux collaborateurs &e M. le professeur Weill, MM. G. Mouriquand et A. Dufourt, avaient publié sous son inspiration dans.le Progrès médical leurs vues communes sur le chimisme humoral de la pneumonie’. La crise pneumonique serait préparée par une formation d'anticorps, et due à ceuxci. L'hypothèse de Kiemperer et Roeder est que ces anticorps doivent acquérir une concentration el une valeur suffisante. Celle-c1 est atteinte, à un jour différent, selon les malades, en général au septième ou huitième jour. L'effet est produit d'un seul coup ; les anticorps neutralisent les toxines. Sous leur influence ou autrement, phénomène encore peu aisé à interpréter, la fibrine se liquéfie : la phagocytose peut commencer. Darby, du Rockefeller Institute, avait écrit de même : « Le sérum acquiert au moment de la crise des propriétés particulières qui incubent pendant toute la période d'état et se révèlent de façon brusqueau moment de la défervescence ». Les recherches de Washburn, Strouse, Seligmann, Klopstock, dans le sérum recueilli

1 G. Mouriquand et À. Dufourt, le Chimisme humoral de la ne monie {Progrès Médical, 7 mars 1914, p. 169).

SRE au moment de celle-ci n’ont pas confirmé cette interprétalion, et la question est encore à l'étude.

Tel était l’édifice entrepris à la veille de la guerre par l’école lyonnaise dans la personne de M. le professeur Weill. Tel était l'ensemble des études interrompues. Aux travaux de M. Edm. Weill et de ses élèves, 1l faut rattacher un certain nombre de travaux dus à l’activité de l’école de Lyon et concernant soit la pneumonie, soit la radiologie du thorax. Ce son l'étude clinique de MM. Pic et Bonnamour sur les formes de diversité inattendue des septicémies pneu-: mococciques !, les recherches de MM. Paul Courmont et Paul Durand, déjà signalées sur la présence du pneumocoque dans le sang, la communication de MM. Mouisset et Gaté sur les ombres négatives données par la radioscopie du poumon?, celles du professeur Cluzet sur la radiographie instantanée du thorax et l'interprétation des images pulmonaires fournies par la radiographie instantanée”, celle de M. Barjon, médecin des Hôpitaux, sur l'interprétation des images radiologiques pulmonaires {, Ce ne sont pas les réseaux

1 Pic et Bonnamour, Formes cliniques de septicémies pneumococciques {Bulletin Société médicale des Hôpitaux de Lyon, 1907; Lyon Médical, 1907, 1, p. 643-647).

? Mouisset et Gaté, Radioscopie du poumon. Ombre négative (Société médicale des Hôpitaux de Lyon, séance du 29 février 1912; Lyon Médical, 1912, p. 564). ,

3 Cluzet, la Radiographie instantanée du thorax (Société médicale des Hôpitaux de Lyon, séance du 17 janvier 1911; Lyon Médical, grrr, t. 1, p. 574). — Sur l'interprétation des images pulmonaires fournie par la radiographie instantanée (Société médicale des Hôpitaux, séance du 7 février 1911; Lyon Médical, 1911, t. Il, p. 853).

# F. Barjon, Sur l'interprétation des images radiologiques pulmo-

an bronchiques, dit cette importante communication, cé sont les réseaux vasculaires qui donnent l’opacité en radioscopie. Bien mieux que la bronche, à contenu surtout aérique, l'artère pulmonaire avec son contenu sanguin, sa circulation active, rapide, retient les rayons. C’est l’artère et les veines pulmonaires qui forment en grande partie, pour ne pas dire exclusivement, l’image du hile normal du poumon. Un processus inflammatoire purement bronchique ne donne aucune image tant qu'il est limité aux bronches. Il faut que l'élément vasculaire du parenchyme intervienne pour qu'il y ait image ou ébauche d'image. Selon le professeur Cluzet, les parois des bronches-ne sont pas. toujours transparentes, et certains éléments dans ces parois, les cartilages peut-être notamment, donnent -des ombres sur les radiographies instantanées à poses courtes. La direction et l’orientation des vaisseaux et des bronches par rapport à la plaque joue un grand rôle ; les parties vues longitudinalement donnant une opacité sous forme de couronnes ou de taches, opacité plus forte que lorsqu'elles sont vues transversalement et obliquement.

Dans le Progrès médical du 13 juillet 1912, M. G. Mouriquand met à la portée des cliniciens un excellent moyen de diagnostiquer au lit du malade, l'apparition d’un épanchement, en particulier d'un épanchement métapneumonique. Le diagnostic d’avec une rechute de la pneumonie peut être délicat surtout s’il s’est agi

naires (processus bronchiques et processus vasculaires (communication à la Société médicale des Hôpitaux de Lyon, séance du 24 janvier 1911, Lyon Médical, 16 avril 19171).

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