M] D I)ON ES
lorsque ces ombres se forment ou se dissipent, le triangle continue à transparaitre au sein de la nappe el tranche par sa teinte plus foncée sur le reste de la zone sombre. Voici à l’appui deux observations de ce genre
Triangle transparaissant au sein des ombres additionnelles.
G..., Marie, cinq ans et demi, entrée le 4 mai 1909, sortie le 26 mai 1909.
Rougeole à deux ans. Coqueluche peu de temps après la rougeole. Toussait quelquefois.
29 avril. — Frissons, vomissements et douleur abdominale...
A l'entrée (4 mai). — Oppression. 56 R. à la minute.
Défaut d'expansion sous-claviculaire droite très prononcé.
Submatité de la fosse sous-claviculaire droite, quelques râles après la toux. En arrière, diminution de la sonorité dans les fosses sus- et sous-épineuses. Dans toute cette zone, souffle tubaire aux deux temps à prédominance expiratoire avec râles assez rares. Rien d’anormal dans le reste des poumons. On détermine un peu de douleur par la palpation du flanc droit. Température : 40°8.
6 mai. — ARadiosconie. — Opacité couvrant toute l’étendue du lobe supérieur droit. Sa limite inférieure est un peu concave en bas. Dans ce champ opaque, on distingue une ombre plus foncée affectant surtout, en position antérieure, la forme d’un triangle à base axillo-sus-elaviculaire, La : forme est rectangulaire, l'angle droit se trouvant au côté interne du triangle. Le sommet arrive à l'union des deux tiers externes et du tiers interne du poumon. En arrière, le sommet du triangle est écorné.
Du côté supérieur et inférieur du triangle se détachent des ombres additionnelles moins foncées qui envahissent
toute l'étendue du lobe supérieur, y compris l'extrême sommet.
On est au huitième jour de la maladie. Il s'agit, soit d'un triangle initial encore apparent au sein des ombres additionnelles qui en émanent, soit d’un triangle de retour qui se révèle au sein de ces ombres.
La température, qui était de 4o dégrés les 4 et 5 mai, tend à descendre. Aujourd’hui, 38°4,.
7 mai, au soir. — Défervescence, 3606,
Triangle transparaissant au sein des ombres additionnelles.
M..., Clémence, cinq ans et demi, entrée le 23 juin 1909, sortie le 22 juillet 1909.
Rien à noter dans les antécédents.
L’affection actuelle a débuté le 22 juin par des maux de tête violents et une forte fièvre, sans vomissements.
23 juin (jour de l'entrée). — Oppression. Accélération des mouvements respiratoires sans tirage, ni Jeu des ailes du nez.
Défaut d'expansion dans la clavicule droite.
Au sommet droit, submatité. Souffle expiratoire persistant au stéthoscope, sans râles. Souffle de propagation au sommet gauche. 40°2 de fièvre,
25 juin. — Le soir, défervescence de 39°4 à 36°6 (qua trième jour).
BRadioscopie. — Vaste triangle du sommet droit en position axillo-sus-claviculaire transparaissant nettement au sein d'ombres additionnelles qui, ajoutées au triangle, coiffent le poumon droit (pseudo-casque).
28 juin. — Persistance de l'ombre radioscopique, mais moins étendu. Le triangle transparaît toujours, mais plus faiblement. au sien des ombres additionnelles,
Lorsque le premier examen radioscopique, même précocement pratiqué, montre le sommet coiffé par une opacité diffuse ; lorsque, par conséquent, les ombres secondaires ont tendance à se montrer et à s'étendre rapidement, l'affection revêt un plus grand caractère de gravité, qui la rend comparable à celle de l’adulte. La diffusion des ombres, même lorsqu'elle est normale en date et en étendue, s'accompagne toujours d’une accentuation et d’une plus lointaine propagation des signes pulmonaires, du souffle notamment.
Alors que, dans la pneumonie du sommet chez l’enfant le triangle existe toujours préalablement à l’opacité diffuse, son retour ne s'observe pas dans tous les cas, même observés un temps suffisant. - De
De ce qui précède, il ressort que la pneumonie chez l'enfant revêt une topographie segmentaire et non lobaire. On en recevra confirmation par l’étude des pneumonies de la partie moyenne et de la base. La limitation exacte par une scissure paraît exceptionnelle.
S1 la radioscopie sert à préciser le niveau du sommet où siège la pneumonie, elle fait connaître aussi, parfois, que c’est le sommet qui est atteint; nous en avons vu la raison dans la mobilité relative des signes d’engouement et dans les hasards de l’auscultation. Elle peut faire connaître aussi dans quel poumon siège la pneumonie. La propagation des signes d’un sommet à l’autre à travers la colonne est une fréquente cause d'erreur, En voici une autre : la pneumonie du sommet peut être muette et l'oreille s’égare sur un foyer d'engouement, symétrique ou non au véritable foyer de pneumonie et siégeant dans l’autre poumon.
Nos quelques observations de pneumonies du sommet gauche ne nous ont pas apporté la preuve que celle-ci fût particulièrement plus grave. Nous y avons simplement noté des troubles thermiques au moment de la défervescence {fausses crises avec exacerbation précritique, défervescences ralenties et graduelles, hypothermie tenace après la défervescence). Ajoutons que la pneumonie du sommet chez l'enfant ne nous a pas semblé s'accompagner plus spécialement de méningisme, ni particulièrement susceptible de donner lieu à l'erreur cérébrale.
OBSERVATION 1 Triangle axillaire qauche.
S..., Marcelle, cinq ans, entrée le 8 mars 1904, sortie le 13 avril 1904.
Prématurée. Pas d'antécédents pulmonaires.
Malade depuis le 6 mars. Ce jour-là, l'enfant tousse, vomit et se plaint de son ventre. :
Le 8 mars (jours de l'entrée). — Enfant miséreuse, ché tive. Impétigo de la face et du cuir chevelu. Coryza.
L'examen des poumons révèle un foyer de matité dans la fosse sus-épineuse droite avec, à ce niveau, quelques râles crépitants et un souffle limité. Rien ailleurs.
Le ro mars (cinquième jour de la maladie), la fièvre s'élève à 40°8. L'examen des poumons révèle, ce matin, de la matité dans la fosse sous-claviculaire et la fosse sus- et sous-épineuse gauche. À ce niveau, râles crépitants d'assez gros calibre et souffle. Diminution de l'expansion sousclaviculaire gauche.
Vésicules d’herpès sur la lèvre inférieure.
Radioscopie. — Rien dans l'étendue du poumon droit,
ET
rien, notamment, au niveau du foyer noté le 8 mars et qui, depuis, a disparu.
Opacité du poumon gauche, visible surtout en avant. Elle épargne le sommet où le souffle et les râles viennent d'être notés. Elle épargne aussi l'extrême base. Elle envahit toute la largeur du poumon. Sa forme est triangulaire, le sommet arrondi confinant au hile.
12 mars. — Depuis le 10, rémission progressive de la température s’accusant le soir, la rémission est d'un degré chaque fois. |
14 mars (neuvième Jour de la maladie). — Fausse défervescence le 12 mars au soir, exacerbation précritique le 13 mars. Aujourd'hui, défervescence accompagnée des symptômes habituels de la crise.
OBSERVATION 2 ss he Pneumonie du sommet droit.
F..., Jeanne-Marcelle, dix ans, entrée le 6 avril 1904 sortie le 4 mai 1904.
Pas d’antécédents pulmonaires.
Malade depuis le 31 mars. Ce jour-là, l'enfant s'est plaint d'un point de côté très violent l’empéchant de respirer. Ce point a duré deux jours. Vomissements et diarrhée.
6 avril (jour de l'entrée). — Enfant pâle, pommettes plaquées de rouge. |
Douleur spontanée et à la pression dans tout le côté droit du thorax, s étendant à la partie droite de l'abdomen, et même jusqu à la cuisse droite où pression des masses musculaires est douloureuse.
L'examen des poumons révèle de lg matité au sommet droit en avant et en arrière. Elle s'accompagne de bouffées, de râles fins après la toux et de souffle, Ces signes s’observent jusque dans la partie moyenne du poumon où ils sont moins accusés que dans la fosse sus-épineuse,
LATE ee
Expansion sous-claviculaire diminuée à droite, Défervescence, :
7 avril (septième jour).— Æadioscopie. — Obscurité dans tout le haut du poumon droit, coiffant le sommet. Elle
descend plus bas en arrière qu'en avant.
Pneumonie au sommet droit.
G..., Félicité, deux ans, entrée le 5 décembre 1904, sortie le 29 décembre 1904.
Nourrie au sein jusqu'à huit mois (mercenaire). Premières dents à sepl mois, a marché à onze mois. Jamais malade jusqu’à présent. Début de l'aflection actuelle le 2 décembre. Fièvre et toux.
5 décembre (jour de l'entrée). — 39 degrés le soir.
Respiration superficielle à 60.
Au poumon, diminution de sonorité dans la fosse susépineuse droite, diminution du murmure. Quelques râles sous-crépitants après la toux.
Diminution de l'expansion sous-claviculaire droite.
Radioscopie négative.
6 décembre. — 38 degrés le matin, 39 degrés le soir.
11 décembre, — Après plusieurs jours où la fièvre n'était plus que modérée, avoisinant 38 degrés, défervescence (dixième jour).
Signes beaucoup plus nets d’ hépatisation, souffle inspiratoire, râles sous-crépitants. Ces signes sont encore reconnaissables le 15.
21 décembre. — Il ne persiste, depuis Le 15, qu'un | peu de rudesse respiratoire au sommet droit.
Radioscopie. — Aujourd'hui, petite zone sombre à la