‹ Pneumonie Infantile et RadiologieChapitre 41 sur 42 · PNEUMONIES AVEC AUTOPSIES · texte numérisé non relu

PNEUMONIES AVEC AUTOPSIES

OBSERVATION 1 Pneumonie du lobe supérieur droit.

P..., Joséphine, treize mois, entrée le 23 avril 1913, décédée le 15 mai 1913.

Père cordonnier, a eu une pleurésie il y a deux ans. Un petit frère est mort à quatorze mois de méningite.

L'enfant est née à terme, nourrie au sein par la mère jusqu'à onze mois. De onze à treize mois, allaitement mixte : lait de vache et sein. En janvier 1913, séjour de six semaines à la Charité pour coqueluche avec complicatons pulmonaires. Sort guérie. Depuis, elle avait gardé une à deux quintes par jour.

21 avril. — Fièvre. Les quintes sont plus fréquentes et augmentent d'intensité. Oppression, agitation, insomnies et plaintes. Le 22 avril, vomissements.

23 avril. — On ne constate pas de quintes, et seulement une toux peu fréquente. Absence du syndrome bronchopreumonique : ni jeu des ailes du nez, ni tirage, ni type inverse, ni toux moniliforme, |

39°9 et 3904.

Au thorax, à droite, souffle et râles, à un travers de doigt au-dessous et en dehors'de la pointe de l’omoplate sur la ligne axillaire postérieure. Rien ailleurs. IH nurie”: disque moyen.

24 avril. — Radioscopie. — Triangle isocèle de la pointe moyenne du poumon droit. Sommet effilé se rapprochant du hile,

27 avril. — Courbe thermique irrégulière, Le 25 avril au matin, il y avait 39°6. Le 26 avril au matin, 39 degrés ; le soir, 37°5. Ce matin, la température est remontée à 38°8.

Radioscopie. — Même image que le 24, le sommet est toutefois moins effilé, plus distant du hile. On dirait que le triangle s’est écorné.

30 avril. — La température est irrégulière. Remontée à nouveau à 39°5 le 28, elle fléchit à 38 degrés le 29,au matin, pour remonter le soir à 39°8. Aujourd'hui, chute thermique se maintenant toute la Journée et faisant songer à une défervescence. 37°5 et 37 degrés.

Le souffle est toujours perçu au même endroit, au-dessous et en dehors de la pointe de l’omoplate, à trois travers de doigt de la colonne. Il est moins intense. Les râles sont perçus dans la même zone que le souffle, mais aussi audessous de lui en se dirigeant vers la base.

4 mai. — Après trois jours d’apyrexie, la température remonte : 39 degrés ce soir.

Le souffle à caractères tubaireés a augmenté d’étendue. On le trouve maintenant dans toute la fosse sous-épineuse. La zone du souffle est entourée par de nombreux râles respiratoires. Rien ailleurs.

Refuse de s’alimenter.

> mai.— Radioscopie.— L'opacité a abandonné la partie moyenne du poumon et coiffe maintenant le sommet. Le triangle a disparu.

11 mai. — La température, après être montée par oscillations jusqu'à 4o degrés le 8 mai au soir, est redescendue

= 377 — à 38°1 le 9 mai au matin, puis remontée progressivement au-dessus de 39 degrés.

59 respirations. Les signes stéthoscopiques occupent toute la partie inférieure du poumon droit. Pas de foyer dans le reste du poumon, non plus qu'à gauche.

Vomissements. Etat précaire.

15 mai. — Meurt dans l'après-midi, avec une légère cyanose des lèvres et des extrémités, sans convulsions. S'était remise à tousser.

Autopsie. — À la partie inférieure du lobe supérieur, foyer d'hépatisation brune, non parvenue au stade d’hépatisation grise, surmonté d’une zone d’engouement envahissant la plus grande partie de ce lobe, moins le sommet. Le foyer d'hépatisation donne, au toucher, des limites et une sensation d'ensemble qui sont la démonstration de sa forme triangulaire en projeetion radioscopique.

L'immersion du poumon dans le formol rend plus difficile la vérification de cette forme par la vue.

Etat congectif des portions supérieures du lobe inférieur dans le voisinage de la zone d’hépatisation.

Rien à gauche. Aucune tuberculose pulmonaire ou ganglionnaire.

La substance corticale des reins est, en beaucoup de points, d’un blanc opaque uniforme. Le parenchyme hépatique est semé d’ilots blanc jaunâtre. Traînées blanc grisâtre à la surface du myocarde, au niveau de la paroi ventriculaire gauche, s’atténuant peu à peu dans la profon- - deur, à la surface des coupes.

OBSERVATION 2 Pneumonie double.

M..., Alphonsine, trois ans, entrée le 31 décembre 1914, décédée le 3 janvier 1919.

Mère morte tuberculeuse à trente ans, 1l y a deux ans. Deux frères et sœurs en bonne santé.

CR%x M, B.-P. €5

La malade est la dernière. Elevée au sein maternel. Séjour crèche Saint-Ferdinand, à dix-huit mois pour la coqueluche.

Malade depuis le 28 décembre. Toux. Vomissement alimentaire.

2 janvier. — La température, de 38°6 à l'entrée, monte ce matin à 41°6.

L'enfant est pâle, agitée. Quelques râles fins dans le tiers moyen du poumon gauche.

Radioscopie.— Ombre diffuse à la partie moyenne du poumon gauche, distincte du diaphragme, évoquant la forme d'un vaste triangle à sommet d’ailleurs écorné, presque voisin du hile, 3

3 janvier. — Mort dans un état hyperesthésique, sans convulsions, T. 41°8.

Autopsie. — Suppuration de l'oreille moyenne droite.

Centres nerveux présentent un piqueté’ hémorragiqte assez clairsemé.

La plus grande étendue du poumon gauche est envahie par une hépatisation dense, homogène, granuleuse qui épargne seulement le sommet. Il s'agit d'une hépatisation tirant sur le brun, mais non d'une hépatisation grise. Cette hépatisation a donné une ombre radioscopique.

Tout le lobe inférieur du poumon droit est hépatisé. Cette hépatisation, moins dense, n'a pas donné d'ombre.

Ni tubercules dans les poumons, ni tubercules dans les ganglions. : °

Au toucher, la zone d'hépatisation du poumon gauche a perdu sa forme triangulaire.

OBsERvATION 3

Pneumonie du lobe supérieur gauche.

W.., Marie, treize ans et demi, entrée le 13 avril 1916, décédée le 17 avril 1916.

Mère morte tuberculeuse à trente-neuf ans. Quatre frères ou sœurs morts de méningite en bas âge.

Personnellement, rougeole et coqueluche en bas âge. Pneumonie à cinq ans. Début de l'affection actuelle le le 19 avril. Grand frisson et vomissement alimentaire.

10 avril. — Point de côté, fièvre, délire. Le r1 avril a souffert des jointures.

13 avril. — 405. Vomit et délire.

14 avril. — Râles crépitants, sans soufle, dans tout le üers supérieur du poumon gauche et dans l’aisselle gauche. Rien à droite, sauf des râles sonores.

.15 avril. — Radioscopie. — Opacité uniforme, recouvrant tout le poumon gauche, moins l’extrême sommet qui, en arrière, apparaît clair. Rien à droite.

La température tend à dépasser 41 degrés.

17 avril. — Mort au huitième jour, dans l’oppression et la cyanose progressives.

Autopsie. — 1° Hépatisation brune ayant envahi tout le lobe supérieur gauche donnant l'image d’une pneumonie en casque. Quelques vésicules à l'extrême sommet restées emphysémateuses.

La densification des parties basses du lobe supérieur est un peu moindre. $

Les plèvres sont épaissies et adhérentes dans toute l'étendue du lobe supérieur et d'une assez grande partie du lobe inférieur. Pas d’hépatisation grise.

2° Engouement de la moitié supérieure du lobe supérieur droit. Il s’agit d’un tissu noirâtre congestionné, d'une friabilité pulvérulente. Les doigts y plongent. À cet engouement ne correspondaient que des râles sonores, et pas d'ombre.

De ce côté aussi, dans l'étendue du lobe supérieur, les plèvres sont épaissies et adhérentes. Pas un tubercule, ni dans les poumons, ni dans les ganglions.

Rien à signaler aux autres organes et au cerveau.

Conclusion à tirer. — L'ombre n'existait que du côté de l'hépatisation complète en voie d'extension. Les adhérences ne sont pas susceptibles de donner une ombre.

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