‹ Pneumonie Infantile et RadiologieChapitre 8 sur 42 · PS O0 TES · texte numérisé non relu

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à l'école lyonnaise, en la personne de notre maître, M. le Professeur Edm. Weill, qu'il a appartenu de mettre en lumière toute une série de faits importants concernant la pneumonie étudiée au lit du malade et sur l'écran fluorescent. De cette étude entreprise en empruntant aux deux méthodes, maniées avec clairvoyance et jugement, leur mutuel concours si précieux dans des mains sûres, M. Weill est arrivé à retirer nombre d’acquisitions qu’il a définitivement consacrées, et qui ajoutent un grand chapitre à l'histoire de la pneumonie et des affections pulmonaires.

L'étude de la pneumonie de l’adulte et la pathologie générale ont bénéficié largement des recherches de

pédiatrie et, grâce à M. Weill età ses élèves, nos connais-

sances sur la question ont avancé dans une mesure que nous laisserons le soin de juger. Nous nous contente-

rons d'exposer les faits.

Les pneumonies au cours desquelles font longtemps ou toujours défaut les signes stéthoscopiques, les signes physiques d’auscultation, avaient dès longtemps attiré l'attention de M. Edmond Weill. La diversité des modes d'invasion et d'évolution aussi bien chez l'adulte que chez l’enfant facilite les erreurs de diagnostic et exige des moyens d'investigation autres que ceux qui nous ont été légués. C'est chez l'adulte que M. Weill envisage d’abord ces pneumonies sous le nom de paradoxales!.

Sans doute |’ autopsie montre parfois les grosses bron-

ches oblitérées par la fibrine. Mais plus souvent encore

! Edmond Weill, Pneumonies paradoxales {Revue de ee

PR UE 2 elles sont trouvées perméables. Faut-il, avec Stokes, rapporter ces cas à l’immobilité du poumon hépatisé et à sa résistance à l'expansion inspiratoire ? Mais 1l faut alors supposer le poumon densifié tout entier, car pour peu qu'il y ait du tissu perméable non hépatisé, le souffle bronchique doit se produire. Cette interprétation de Stokes ne peut s'appliquer à des cas tels que les neuf cas de Grisolle où il y avait hépatisation limitée à un lobe, et mème à une étendue plus petite du poumon et où, cependant, l’auscultation ne faisait attendre aucun bruit. Un accroissement de densité du parenchyme peut exister à la racine des bronches, une congestion plus ou moins étendue peut y environner la zone hépatisée et augmenter le volume du poumon. Dans les deux occurrences, la béance des voies aériennes y est diminuée ou abolie. Mais si ces causes suffisaient, l’on n’observerait n1 la bronchophonie, ni l’accentuation des vibrations thoraciques que ces pneumonies donnent habituellement, pas plus que s'il s'agissait d’une accumulation temporaire de crachats, : comme l'avait pensé le professeur R. Lépine. Les pneunomies sous une symphyse pleurale qui arrêterait les bruits ne sont point fréquentes. Et Vexplication de Grisolle qui fait intervenir la grande faiblesse des

malades, les empêchant d'inspirer suffisamment, l'immobilité diaphragmatique et costale due à la douleur, ne satisfait pas toujours l'esprit.

En 1901, M. Weill! découvre le défaut d'expansion

1 Edm. Weill, Nouveau signe de pneumonie infantile {Société des Sciences médicales de Lyon, séance du 22 mai 1901,et Lyon Médical,

de la région sous-claviculaire et montre quelle valeur diagnostique est attachée à ce signe parmi ceux précoces de la pneumonie infantile *.

La question reçoit du développement dans la thèse de son élève Gschwend?, et, sans oublier les commentaires de Variot et des pédiatres distingués de l’école parisienne, Chatard y consacre un article dans la Loire médicale*.Il y a trop souvent au début d'une pneunomie infantile défaut de signes pathognomoniques nets. C'est ainsi que l'apparition des signes physiques était notée au septième jour seulement dans les pneumonies alors appelées centrifuges, c'est-à-dire où l'on estimait que le foyer d'hépatisation parti du centre du poumon” envahissait tardivement les portions voisines de la surface pour devenir alors perceptible. Ce retard, parfois cette absence de signes positifs se complique trop souvent aussi de modes d’invasion qui font songer à une fièvre éphémère, à une angine, à une grippe, à un érysipèle, à une scarlatine, voire à une dothiénentérie brusquement surgie, et plus communément encore à une broncho-pneumonie, à une méningite ou à une encéphalite, à une appendicite du fait de la localisation abdominale du point douloureux. Or, dès les premières heures d’une pneumonie infantile, M. Weill note le signe suivant : le petit malade ayant été placé

Edm. Weill, Signes précoces de la pneumonie infantile / Semaine Médicale, 1901, p. 179). ;

? Arnold Gschwend, Du défaut d'expansion de la région sous-claviculaire dans la pneumonie infantile (thèse de Lyon, 1901-1902).

* Chatard, le Signe de Weill {Loire Médicale, 1903, t. XXII, p+ 79-84).

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